Bouygues Telecom lance son réseau dédié à l'Internet des objets

Thomas Pontiroli
26 mars 2015 à 16h22
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Bouygues Telecom ajoute une corde à son arc en ouvrant, dès le mois de juin, un réseau très bas débit en France reposant sur la technologie LoRa. Elle complétera son offre de machine to machine.

En test depuis un an à Grenoble, le réseau très bas débit de Bouygues Telecom va se développer en France. Très bas débit, car il s'adresse à l'Internet des objets, un terrain occupé depuis 2009 par Sigfox - depuis, la start-up française a attiré Intel et d'autres grands noms à son capital, et a levé 100 millions d'euros en 2014. L'atout de la filiale du groupe de BTP est de s'appuyer sur une technologie censée être plus performante.


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Gestion du trafic, gestion de l'éclairage public, gestion des ordures ménagères... feront partie des usages. Crédit : Fotolia.,


LoRa, c'est son nom, a été mise au point par un partenaire de longue date de Bouygues : le grenoblois Cycleo. Franck Moine, directeur du département machine to machine (M2M) chez l'opérateur, nous explique que LoRa est nativement bidirectionnelle, ce qui permet d'émettre mais aussi de recevoir des données (sur une bande de fréquences comprises entre 863 et 870 MHz) - ce que Sigfox propose aussi depuis février 2014.

De premiers clients dans l'industrie

Le débit montant moyen varie de 300 o/s à 50 ko/s, ce qui est largement suffisant pour des objets. À titre d'exemple, un compteur connecté émet seulement 50 octets lors d'un « relevé ». « Avec la technologie de Sigfox, il faut cinq messages pour envoyer la même information, alors que LoRa n'en réclame qu'un », compare Franck Moine, qui vante aussi un temps de latence de 1 seconde, contre 30 secondes chez Sigfox.

Déjà présent dans l'industrie avec ses cartes SIM pour les machines, c'est aussi par l'industrie que Bouygues Telecom fait son entrée dans l'Internet des objets. La principale différence d'ailleurs entre « M2M » et « IoT » repose sur l'utilisation d'une carte SIM pour le premier et d'une clé de chiffrement (AES-128) pour le second, alors que l'Internet des objets concerne aussi le grand public. Franck Moine reconnaît enfin un effet de mode.

Dans 500 villes d'ici la fin de l'année

Les premiers clients de l'opérateur sont de grands industriels, comme des filiales du groupe Bouygues, à l'image de l'entreprise de travaux publics Colas. D'ici la fin de l'année, 500 villes françaises devraient être couvertes et à terme, tout le territoire. Bouygues Telecom s'appuiera pour cela sur son maillage territorial de 15 000 sites, déjà exploités pour ses réseaux GSM. Les communes concernées sont Paris, Marseille, Lyon, Lille, Nice, Rennes, Nantes, Montpellier ou encore Angers. Plusieurs milliers d'antennes seront ainsi nécessaires.

Les applications visées sont multiples. Bouygues Telecom évoque, pêle-mêle, les parkings intelligents, la gestion du trafic et de l'éclairage public, la détection d'incendies, la gestion de l'eau potable, le calcul de stock dans les silos, les véhicules et même les animaux, le paiement sans contact, le suivi des vignes, la traçabilité du pâturage, la détection d'intrusion, le suivi sportif ou la gestion des ordures ménagères.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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