5G : la mairie écologiste de Bordeaux veut un moratoire sur la technologie

antenne 5G © Shutterstock.com
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Le nouveau maire de la capitale girondine, Pierre Hurmic, ne dit pas « non » à la technologie, mais il souhaite la tenue d'un débat public à son sujet avant une éventuelle commercialisation.

Les vacances d'été se terminent tranquillement, et voilà que le sujet de la 5G pointe le bout de son nez. Et c'est bien normal, puisque l'actualité des réseaux mobiles sera grandement occupée par les enchères, qui reprendront entre le 20 et le 30 septembre pour les opérateurs, avec une commercialisation possible des premières offres 5G attendue pour la fin de l'année 2020, peut-être dès cet automne. Mais à Bordeaux, on souhaite prendre son temps.

Bordeaux, ex-terrain expérimental des opérateurs

Fraîchement élu, le nouveau maire EELV de Bordeaux Pierre Hurmic, qui a mis fin à des décennies de règne de la droite dans la belle endormie, montre qu'il est prêt à rapidement mettre en place ses promesses de campagne. Instaurer un moratoire sur les antennes 5G en était une, et il souhaite faire d'elle une réalité.

« On ne dit pas "non" à la 5G », explique l'adjointe au maire de Bordeaux en charge du Numérique, Delphine Jamet, à nos confrères de France 3 Nouvelle-Aquitaine. « Nous voulons juste ralentir cette course et envisager ses conséquences avant de s'y engouffrer ». La Ville veut ainsi un moratoire sur la technologie et organiser un débat public sur cette dernière à la rentrée.

Bordeaux et Mérignac (dont le maire socialiste et président de la Métropole, Alain Anziani, soutiendrait aussi l'idée d'un moratoire) sont des lieux stratégiques du développement de la 5G, où l'opérateur Bouygues Telecom a mené durant deux ans des expérimentations notamment dans la bande de fréquences 26 GHz , dite « millimétrique », fréquence qui offre les plus hauts débits.

La mairie attend avec impatience le rapport de l'ANSES sur les risques sanitaires potentiels liés à la technologie

« Il y a trop d'impacts différents », poursuit Delphine Jamet. « Nous ne pouvons pas nous jeter là-dedans sans regarder les tenants et aboutissants de tout. Nous ne pouvons pas nous précipiter en matière de politique publique ». L'adjointe en charge du Numérique de la municipalité de Bordeaux n'est évidemment pas sans savoir que l'Agence nationale de sécuritaire (ANSES) doit publier un rapport sur les risques sanitaires éventuels liés à la 5G, attendu pour le premier trimestre 2021. Et les craintes de conséquences sur la santé des habitants, relayées cet été par l'UFC-Que Choisir , jouent contre la technologie, tant qu'il ne sera pas scientifiquement prouvé que son impact sera nul sur la population.

Et l'utilité supposée de la 5G, vantée notamment par le régulateur, l'ARCEP, pour les domaines de la santé ou des transports, ne convainc pas l'élue bordelaise. « Voir sa série Netflix en HD en un instant, sans délai de chargement, ou avoir un frigo qui nous dit quand on n'a plus de fromage, c'est bien. Mais est-ce vraiment nécessaire ? » se demande-t-elle, réduisant tout de même la technologie de cinquième génération à ses plus simples propriétés.

La 5G, une « technologie de riches » pour la madame Numérique de Bordeaux

Delphine Jamet pointe aussi du doigt l'impact qu'aura la 5G sur « l'extraction des terres rares nécessaires pour construire les nouveaux téléphones compatibles », expliquant que pousser le consommateur à s'équiper d'un nouveau mobile « n'est pas dans l'intérêt général », évoquant une « technologie de riches ».

Le problème, c'est que si la mairie de Bordeaux souhaite ralentir l'influence et la progression prochaines de la 5G sur le territoire, et que l'ARCEP peut y être favorable, elle n'a juridiquement pas le pouvoir de faire obstacle au développement de la technologie. La collectivité Bordeaux Métropole est ainsi prête à en découdre, sur le terrain juridique, voyant arriver la gronde de certains opérateurs télécoms, qui n'accepteront peut-être pas le deal.

« S’il faut aller au contentieux parce que les opérateurs nous attaquent, nous le ferons et nous mettrons en avant le principe de précaution, inscrit dans la Constitution, car il revient au maire de protéger sa population » prévient l'adjointe en charge du Numérique.

Les Verts pourraient décider de s'accorder sur une position commune dans les villes françaises dont ils ont désormais la gestion. Reste à savoir ce que décideront la justice et les opérateurs.

Source : France 3

Modifié le 21/08/2020 à 14h12
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