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Saisie par le président du Sénat, l'instance a publié un rapport dans lequel elle appelle à maîtriser l'impact carbone de la technologie mobile de cinquième génération.

Officiellement disponible auprès des consommateurs depuis un gros mois, la 5G entend petit à petit s'imposer comme une technologie incontournable, chez les particuliers et les professionnels. Et si les contestations sont nombreuses, les études liées à l'impact carbone du réseau mobile ne sont pas légion. Dans son rapport publié le 19 décembre, le Haut conseil pour le climat (HCC) relaie une étude titrée Déploiement de la 5G en France : Quel impact sur la consommation d'énergie et l'empreinte carbone ?, réalisée par l'institut de recherche Citizing et Virtus Management. Cette dernière l'amène à livrer plusieurs recommandations qui entourent une affirmation : la technologie entraînera bien une hausse de la consommation d'énergie primaire du secteur numérique sur ces dix prochaines années.

L'empreinte carbone du numérique va inexorablement augmenter, avec ou sans 5G

Chaque année, l'empreinte carbone du numérique français pèse 15 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt éqCO2), ce qui représente 2% de l'empreinte totale du pays (749 Mt éqCO2). Les trois-quarts de l'empreinte carbone du numérique sont dus à la fabrication des terminaux, des réseaux et des centres de données. Le dernier quart, lui, est lié à son utilisation.

Inexorablement, le déploiement de la 5G entraînera des émissions supplémentaires. Elles peuvent être directes, du fait de la construction et de la mise en place des infrastructures ; ou indirectes, avec la mise à dispositions des nouvelles infrastructures et l'utilisation des terminaux et services 5G.

5G ou pas, l'empreinte carbone des usages numériques en France augmentera sur la prochaine décennie, autour de 15% nette entre 2020 et 2030. C'est ce qu'affirme l'étude de Citizing. Mais cette hausse sera de +20 à +55% selon les modalités de déploiement de la 5G, indique l'institut. Les émissions de gaz à effet de serre projetées pour 2030 grimperont jusqu'à 6,7 Mt éqCO2 de plus en France. Une plus grande utilisation d'électricité en France contribuera à cette croissance des émissions.

À ce titre, le Haut conseil pour le climat veut impliquer les industriels et les entreprises du secteur du numérique, et mandater le régulateur des télécoms, l'ARCEP, pour proposer des engagements dans le cahier des charges d'utilisation des fréquences 5G.

L’empreinte carbone du numérique selon plusieurs variantes de déploiement et non-déploiement de la 5G
L’empreinte carbone du numérique selon plusieurs variantes de déploiement et non-déploiement de la 5G

Le Haut conseil regrette l'absence d'études avant le déploiement de la 5G

Parmi les recommandations faites par le Haut conseil, celle d'éclaircir les enjeux climatiques en amont du déploiement de certaines technologies comme la 5G, arrive en première position. L'instance consultative préconise, pour le futur, d'évaluer les nouvelles technologies avant même de décider de leur déploiement. « Une telle évaluation aurait dû avoir lieu pour la 5G avant de décider d'attribuer les fréquences nécessaires », indique le HCC. Le Haut conseil veut attirer l'attention sur le futur déploiement dans la 5G de la bande 26 GHz, qui fait partie des bandes millimétriques et risque d'interférer avec les satellites d'exploration et les analyses météorologiques.

Les opérateurs sont aussi ciblés par l'instance française. L'ARCEP pourrait, selon elle, proposer des engagements volontaires sur les prochaines bandes de fréquences 5G, de façon à imposer aux acteurs du secteur de maîtriser leur empreinte carbone.

L'instance recommande aussi d'agir sur les émissions importées, liées au numérique par l'offre d'équipements. Par cela, elle souhaite notamment que l'information du consommateur de la loi Agec (sur la durabilité et la réparabilité) soit renforcée à l'aide d'un affichage environnemental sur les produits électroniques mis en vente.

Le HCC veut aussi associer les usagers, et notamment les particuliers, à ses recommandations, pour les sensibiliser à limiter le gaspillage ou l'utilisation d'énergie associée aux services numériques. Aux autorités à présent de se saisir de certaines de ces recommandations et de l'étude présentée, pour s'arrêter sur de bons compromis.