Apple avec les bloqueurs de pub d'iOS 9 : une stratégie en question

17 septembre 2015 à 16h58
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L'arrivée d'iOS 9 inaugure une nouvelle API baptisée Content Blocking, qui permet aux développeurs de ne pas afficher certains types de contenus. Cela ouvre de nouvelles perspectives en termes de vitesse d'affichage des pages, mais inquiète également les éditeurs.

Depuis l'arrivée d'iOS 9, de nombreux médias évoquent les fameux bloqueurs de publicité associés au nouveau système mobile d'Apple. Il est tout d'abord bon de rappeler que Content Blocking est juste une brique de développement, qui autorise bien des choses : jamais Apple n'a intégré à son OS un bloqueur de publicité.

En réalité, cette interface de programmation est, d'après la marque à la pomme, conçue pour permettre aux développeurs de proposer des plug-ins tiers sur son navigateur Safari, afin d'accélérer l'affichage des pages Web en sacrifiant certains contenus. Cela peut être des images, des vidéos, des scripts, des cookies et bien sûr des publicités.

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En laissant cette porte ouverte aux développeurs, Apple vient, sans le dire, taquiner Google sur sa principale source de revenus qu'est la publicité. D'après IDC, 15% des smartphones vendus dans le monde en 2014 fonctionnent sous iOS. Probablement pas assez pour faire peur à Google, qui garde largement la main avec son Android. En revanche, l'effet de contagion aux ordinateurs de bureau est à prendre en compte, et ceux qui ne connaissent pas ce type de logiciels pourraient bien le découvrir avec leur arrivée sur iOS.

Mais là n'est sans doute pas le principal intérêt d'Apple dans cette histoire. En autorisant les bloqueurs de publicité, la firme frappe les éditeurs au porte-monnaie dans un but précis : les convaincre que le modèle économique qu'elle propose avec News est plus pérenne que celui qui existe depuis des années.

Pour rappel, News est un écosystème (disponible aux Etats-Unis pour le moment) dans lequel Apple propose aux éditeurs de presse de diffuser leurs articles, à la façon d'Instant Articles chez Facebook. L'intérêt pour la marque à la pomme est le même que celui de la société de Zuckerberg : conserver les utilisateurs dans son giron, se rendre indispensable et, au passage, récupérer 30% des revenus si la monétisation publicitaire est confiée à Apple.

Cette stratégie sera sans doute contrariée par Eyeo, éditeur d'AdBlock Plus, qui vient de lancer son navigateur pour iOS, ou encore par des acteurs comme Shine, qui se propose d'éliminer la publicité au niveau des opérateurs. Dès lors, la présence de publicité sur mobile risque fort de se faire de plus en plus discrète, avec ou sans Apple.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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