Projet Nightingale : la collecte de données médicales par Google passe mal

Alexandre Boero Contributeur
14 novembre 2019 à 08h01
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santé conenctée
© Shutterstock.com

L'association du mastodonte américain au puissant réseau d'établissements de soins et hôpitaux catholiques Ascension fait des étincelles et chatouille élus et régulateurs, qui n'auront pas tarder à déclencher une enquête.

À l'instar des autres géants du numérique, Google s'intéresse depuis plusieurs années au domaine de la santé, comme en témoignent ses liens forts avec la fédération de cliniques Mayo, pour le stockage de data financières, médicales et génétiques, ou avec Sanofi, pour trouver de nouvelles solutions dans le traitement du diabète. Mais la relation qui lie Google à Ascension, ce vaste réseau qui gère plus de 2 600 établissements de soins, dont une centaine pour personnes âgées, va cette fois bien plus loin, et inquiète les plus hautes sphères étatiques américaines.

Les données médicales de 50 millions d'Américains concernées

Si vous vous baladez dans nos colonnes, vous savez déjà que Google, dans le cadre du Projet Nightingale, a collecté les données de santé de près de 50 millions d'Américains issus de 21 États du pays grâce à son partenariat avec la chaîne Ascension. Parmi les informations passées entre les mains des employés de Google, on retrouve les noms, antécédents médicaux, date de naissance, diagnostics, résultats de laboratoire et historique des hospitalisations des patients.


Le plus problématique dans cette nouvelle affaire rocambolesque révélée par nos confrères du Wall Street Journal reste évidemment la parfaite méconnaissance du procédé. En effet, ni les médecins et encore moins les patients n'étaient au courant de la collecte de données. De quoi faire bondir les défenseurs de la vie privée, d'autant plus que les informations personnelles étaient rassemblées pour mettre au point de nouveaux logiciels basés sur l'intelligence artificielle.

Le département de la Santé US ouvre une enquête

Le Bureau des droits civils rattaché au département de la Santé et des Services sociaux des USA a ainsi annoncé avoir ouvert une enquête sur le partenariat scellé entre la firme de Moutain View et le deuxième plus gros système de santé du pays.

Celui-ci « cherchera à obtenir davantage d'informations sur cette collecte de masse de dossiers médicaux, afin de garantir la mise en œuvre intégrale de la loi HIPAA », texte protecteur de référence en matière de confidentialité et de sécurisation des données médicales des citoyens américains, promulgué sous la présidence Clinton en 1996.

Un lanceur d'alerte déballe de nombreux dossiers, à charge contre Google

La fronde contre le Projet Nightingale ne s'arrête pas à l'administration américaine puisqu'un lanceur d'alerte, directement impliqué dans le projet, a partagé sa colère avec nos confrères britanniques du Guardian. Celui-ci a anonymement partagé des centaines de dossiers confidentiels faisant partie du sulfureux projet, transférés par Ascension à Google.


Le mystérieux dénonciateur accable plus particulièrement la société au moteur de recherche. Parmi les nombreux documents qu'il dévoile, on retrouve le compte-rendu d'une réunion privée de salariés d'Ascension. Et ces derniers faisaient déjà part de leur crainte de la manière dont Google compte se servir des données médicales collectées.

D'un point de vue légal, rien ne s'opposait à l'accord officiellement signé entre les deux sociétés. Reste à savoir maintenant, au vue des détails et des informations dévoilées, si le partenariat enfreint la loi HIPAA ou non.

Source : TWSJ
Modifié le 14/11/2019 à 09h53
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