Solowheel, longboard, trottinette ou vélo électriques : la mobilité urbaine facilitée ?

Par Aurélien Audy
le 14 mai 2015 à 11h11
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Evolve Skateboards Bustin Street



Ceux qui recherchent un ride engagé ont sûrement déjà lorgné du côté du longboard électrique de Evolve Skateboards. La marque australienne est chez nous assemblée et distribuée par l'équipe francilienne de Evolve Skateboards France. Cette dernière anime par ailleurs Ridemore.fr. Son directeur William Faugère, que nous remercions au passage, nous a envoyé une édition limitée Bustin Street, vendue 1 075 euros.

La planche d'un mètre est composée de huit plis d'érable canadien. Pour les connaisseurs, la géométrie est caractérisée par un léger concave (forme de U quand on regarde le nez de la planche à plat) ainsi qu'un léger cambre (U inversé quand on regarde le flanc de la planche) : de quoi donner un flex bien dynamique, auquel on ne s'attend pas en voyant la grosse batterie collée sur tout le ventre de l'engin. Les trucks « SuperCarve » à double articulation sont montés en dropthru, c'est-à-dire fixés par le dessus de la planche. Ça permet de rabaisser la planche, donc le centre de gravité, en dépit des trucks assez hauts.

Vidéo de test du longboard électrique Bustin Street de Evolve Skateboards


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Un bel objet qui affiche tout de même 8 kg sur la balance. C'est lourd pour un longboard (plutôt autour des 3 kg en règle générale) mais finalement, cette Bustin est le moyen de transport le plus léger de nos quatre appareils. Voici les spécifications importantes à retenir au sujet de cette planche :

  • moteur brushless de 350 W ;
  • batterie Li-Po de 36 V et 7 Ah ;
  • vitesse maximum de 38 km/h (c'est énorme !) ;
  • autonomie jusqu'à 30 km (c'est bien) ;
  • charge maximum jusqu'à 100 kg (c'est assez bien) ;
  • temps de recharge de 1 h 45 avec le chargeur 4 A/h fourni (c'est rapide).

La transmission du moteur à la roue motrice (une seule roue suffit) est assurée par une courroie crantée. Le moteur est l'imposant bloc que l'on voit à l'arrière de la planche. Ce choix qui a certainement des raisons techniques n'est pas idéal puisque le bloc moteur vient facilement frotter ou taper sur le bitume. Et il empêche de relever sa planche par l'arrière en marche (trick parfois appelé « Tiger Claw »), même si la figure serait de toute manière délicate avec 8 kg de planche.

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Comment pilote-t-on ce board ? Via une petite télécommande Bluetooth, munie d'une gâchette bidirectionnelle à retour de force. On ramène la gâchette vers soi avec l'index pour accélérer, on le repousse vers l'extérieur pour freiner.

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Premiers contacts avec le véhicule électrique



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Pratiquant le longboard depuis plusieurs années, je ne corresponds pas à l'utilisateur lambda qui monterait sur une planche à roulettes pour la première fois. Au début, il faut trouver son équilibre, maîtriser la poussée, le freinage et le cap, ça n'a rien d'évident et les chutes peuvent faire mal (car chutes il y a forcément). Avec le longboard d'Evolve Skateboards, la poussée et le freinage sont assurés par la motorisation, il reste à se concentrer sur l'équilibre et la direction. Attention, ça pousse sévèrement, aussi bien dans un sens que dans l'autre d'ailleurs. Le corps doit compenser, en basculant son poids sur l'arrière quand on freine et en avant quand on accélère. Un dosage délicat de la gâchette s'impose, et mieux vaut commencer en mode normal et garder le turbo pour plus tard, une fois l'équilibre bien trouvé. Petite précision : quand on pousse le longboard « à l'ancienne », on ressent très fortement les 8 kg de l'engin. Enfin, pour la pratique du longboard, l'usage du casque (a minima) est très fortement recommandé.

Ceci étant dit, un longboard dispose de quatre roues : on peut aisément monter sur la planche et y rester à l'arrêt. Avec le Solowheel, c'est une autre histoire.

Comment se e-déplace-t-on ?



Aussi vrai que la trottinette m'est apparue ludique, le longboard s'est avéré totalement grisant. La taille suffisante de la planche, à laquelle les pieds sont littéralement scotchés grâce à un grip redoutable, et le bon niveau de flex font qu'on se délecte à carver (faire des grands virages) sur du plat, sans jamais poser un orteil au sol. C'est génial ! D'autant qu'en mode turbo, la Bustin ne plaisante pas : 33,3 km/h en pointe (toujours d'après l'application Mes Parcours), ça file. L'accélération est musclée, plus qu'avec la trottinette : le corps doit bien se positionner en phase avec ce que décide la main qui tient la télécommande. Sinon, c'est l'éjection assurée. Idem au freinage. D'ailleurs, sur les premiers trajets, le mollet de la jambe arrière, pas habitué à devoir compenser ce genre de situation, se raidit un peu. Bref, sur les pistes cyclables des quais du Rhône, ce longboard signé Evolve Skateboards est un régal.

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Cependant, sur le trajet domicile / travail de 8,25 km, effectué en 27 min 40, la vitesse moyenne ne dépasse pas 17,9 km/h. C'est déjà très bien, mais si je vais plus vite qu'avec la trottinette dans les grandes lignes droites, je dois bien me rendre à l'évidence : le longboard est pénalisé en ville par sa moindre capacité de franchissement. Un bateau trop haut : il faut descendre. Un passage sur des pavés ? Il faut ralentir pour éviter la perte de contrôle. Une séquence où les obstacles se densifient ? Le rayon de braquage conséquent limite l'aptitude au slalom. Une portion de surface sableuse ? La seule roue motrice dérape si on ne dose pas bien l'accélération. Sur route mouillée ? C'est très fortement déconseillé, y compris par Evolve Skarboards. Ici, on a d'une part, la batterie qui réduit la hauteur sous planche et d'autre part, le moteur très bas sur le truck arrière : ça frotte, ça coince, ça tape beaucoup plus facilement qu'avec un longboard normal. Et quand on doit récupérer la planche pour passer un obstacle, on s'arrache facilement le pouce sur le grip qui agit comme une ponceuse, forte des 8 kg à soulever. En résumé, le longboard électrique en ville n'est pas exactement ce qu'il y a de plus commode.

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La prise pour recharger la batterie et le bouton marche-arrêt

En revanche, l'autonomie de 30 km est réaliste : j'ai pu réaliser trois trajets de plus de 8 km, et il restait encore du jus en magasin. Quant à la télécommande, je ne l'ai rechargée qu'une seule fois. L'appairage en Bluetooth est automatique, instantané et fiable. Et si 8 kg c'est beaucoup pour un longboard, ça reste le plus léger et le plus facilement transportable des quatre moyens de transport de cette sélection. Et au passage aussi, le moins cher (1 075 euros). Il faudrait éventuellement voir ce que donne en ville la version tout terrain que propose Evolve Skateboards.

Verdict



Toute personne qui pratique déjà le longboard observe forcément le marché de l'électrique se développer... trop lentement en France. La Bustin est une belle planche qui autorise une glisse très agréable car bien dosée entre nervosité et confort. Ce qui n'était pas franchement gagné avec l'imposante batterie collée sur son ventre et le poids mort du moteur excentré à l'arrière. Le choix des trucks semble judicieux, le bon réglage des gommes en fonction du poids du rider réalisé par William Faugère contribue au comportement sain de la planche. La vitesse très élevée, atteinte rapidement, grise ; l'autonomie tient la route. Le hic pour l'instant, c'est que les faiblesses inhérentes au longboard en ville (capacité de franchissement moindre, inconfort sur bitumes dégradés, etc.) sont ici accentuées par le poids élevé et la protubérance du moteur. Peut-être que la version tout-terrain, plus lourde de 2 kg, est finalement plus adaptée en ville (en tout cas à Lyon).

Et pour quelqu'un qui n'a jamais fait de longboard ? La trottinette sera plus facile d'approche, mais les sensations, moindres. Car une fois qu'on se sent à l'aise pour carver en mode turbo, on prend clairement son pied !
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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