Test Razer Huntsman Mini : quand l'excellence explose le budget

Nerces
Spécialiste Hardware et Gaming
29 août 2020 à 12h06
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Chez Razer, quatre gammes de claviers cohabitent depuis déjà un certain temps, deux d’entre elles viennent de connaître une petite mise à jour avec d’un côté la sortie d’un nouveau modèle à membranes et de l’autre le Huntsman Mini qui ne doit pas son nom au hasard.

Durant des années, les claviers compacts n’ont guère eu les faveurs des constructeurs dits mainstream. Il était généralement admis que ces modèles plus ramassés ne concernaient qu’une « niche » et que, par conséquent, il ne valait pas la peine d’investir un marché qui n’avait aucune rentabilité. Les choses ont évidemment évolué et on a d’abord assisté à l’arrivée de plus en plus de claviers dits TKL pour tenkeyless – sans pavé numérique – mais aujourd’hui ce sont les modèles 60% qui commencent à se faire une place dans le catalogue des grands noms du périphérique gaming comme Cooler Master ou Razer.

Moins de 30 centimètres de long : le Huntsman Mini porte bien son nom © Nerces pour Clubic

Fiche technique du Razer Huntsman Mini

Pour notre test, Razer n’a pas été en mesure de nous fournir un modèle AZERTY de son Huntsman Mini, c’est donc sur une version QWERTY que nous avons réalisé nos essais… et nos photographies. La disposition française doit cependant arriver un jour… reste à savoir quand exactement. Les différences entre les deux moutures devraient être nulles. En revanche, il est intéressant de souligner que Razer distribue plusieurs variantes du Huntsman Mini et, notamment, deux coloris différents : noir ou blanc.

Le Razer Huntsman Mini, c’est :

  • Type de clavier : mécanique, contacteurs Razer Optique « sonores » ou « linéaires »
  • Format : « 60% »
  • Nombre de touches : 61 touches
  • Anti-ghosting : oui, complet
  • Rétro-éclairage : RVB touche par touche
  • Prise en charge des macros : oui
  • Touches multimédias : non, seulement des raccourcis
  • Poids : 438 grammes
  • Dimensions :  29,5 x 10,4 x 3,8 centimètres
  • Interface de connexion : filaire, câble tressé USB-C détachable (2,1 mètres)
  • Logiciel : Oui, Razer Synapse 3
  • Prix et disponibilité : déjà disponible, à 129,99 € (switchs « sonores ») ou 139,99 € (switchs « linéaires »)

Nous aurons évidemment l'occasion de revenir sur ce point au moment de vérifier les atouts / défauts du Huntsman Mini, mais en plus des deux coloris, Razer propose deux types de contacteurs ce qui, au total, porte à quatre le nombre de variantes de son clavier 60%. Notons également que le Huntsman Mini est un modèle exclusivement filaire, contrairement au SK621 de Cooler Master, le précédent clavier 60% que nous avons testé sur Clubic. L’absence de batterie n’a toutefois aucune incidence sur le poids du produit, le Huntsman Mini est même un tout petit peu plus lourd que le SK621.

Le rétroéclairage est un modèle du genre © Razer

Conception ouverte et plastique PBT

Vous vous en doutez, le nom de Huntsman Mini n’a pas été donné au hasard et pour la conception de ce nouveau modèle, Razer s’est largement inspiré de son best-seller, le Huntsman et de sa version sans pavé numérique, la Tournament Edition. On retrouve donc un clavier à structure ouverte ou frameless comme le disent les anglo-saxons : l’idée étant de supprimer le pourtour du clavier de sorte que les touches donnent l’impression de flotter dans le vide. Esthétiquement, cela produit son petit effet et plus encore lorsque le rétroéclairage est activé. Nous y reviendrons au moment d’évoquer l’aspect configuration du clavier.

Des pieds « doubles » pour autoriser trois niveaux d'inclinaison © Nerces pour Clubic

Format 60% oblige, le Huntsman Mini se caractérise ensuite par sa remarquable compacité. Pensez donc que le clavier mesure moins de 30 centimètres de long pour à peine 10 de large. Les adeptes des petits bureaux seront aux anges… quand aux autres, ils auront plus de place qu’ils n’en ont jamais rêvé. Notez effectivement qu’un clavier compact n’est pas utile que pour les habitués des petits espaces, il offre aussi l’avantage de pouvoir garder un écartement beaucoup plus naturel entre la main sur le clavier et la main sur la souris : bien sûr, on peut faire sans, mais une fois qu’on s’est habitué à ce petit confort, il est très difficile de faire machine arrière.

Les touches auraient gagné à être un peu plus plates © Nerces pour Clubic

Nous avons déjà évoqué le cas du SK621 signé Cooler Master. Ce dernier a effectivement des points communs avec le Huntsman Mini, mais les objectifs ne sont pas exactement les mêmes. Par exemple, Razer n’a pas souhaiter proposer un clavier sans-fil. Pas de batterie, pas de Bluetooth et l’obligation d’utiliser un câble qui, dommage, n’adopte pas la souplesse du speedflex pourtant à la mode chez le constructeur américain. De bonne longueur (2,1 mètres), le câble est certes tressé, mais il ne sera pas aussi malléable que celui de la souris DeathAdder v2 Mini que nous testions il y a peu. Le câble est détachable et se connecte en USB-C sur le clavier / en USB-A sur le PC.

Connecteur USB-C, mais aucune gouttière pour guide le câble d'un côté ou de l'autre © Nerces pour Clubic

Hélas, Razer n’a pas jugé bon de proposer de port USB pass through pourtant bien pratique pour relier la souris ou brancher rapidement une clé USB. Tant pis. En revanche, en retournant le clavier, on note la présence de pieds escamotables en deux parties. Le fabricant propose ainsi trois niveaux d’inclinaison de sorte que les utilisateurs devraient tous pouvoir trouver chaussure à leur pied. Quatre patins antidérapants parfaitement efficaces ont également été disposés et Razer a « tapissé » le dessous du clavier avec son slogan « By gamers, for gamers ».

Le châssis nous a semblé très robuste © Nerces pour Clubic

Terminons cette partie design en évoquant les touches pour revenir d’abord sur les objectifs différents du Huntsman Mini et du SK621. En effet, Razer propose un clavier sensiblement plus épais que celui de son concurrent : les touches sont bien plus hautes. Avouons une préférence pour le choix de Cooler Master qui autorise une frappe plus alerte. En revanche, là où Razer marque des points, c’est dans l’utilisation de plastique PBT pour la conception des touches. Abréviation de polytéréphtalate de butylène, il se montre bien plus solide et devrait donc assurer une durabilité plus importante au produit de chez Razer. Les habitués vous le diront : c’est un très bon point.

Ici, les contacteurs violets, des « sonores » que l'on entend de loin © Nerces pour Clubic

Interrupteurs Razer optiques, « sonores » ou « linéaires »

Facile à extraire, les touches du Huntsman Mini révèlent des contacteurs de marque Razer. Il s’agit des fameux switchs optiques que le constructeur a inauguré sur le Huntsman pleine largeur et qu’il reconduit donc ici avec, aux choix, deux options : soit vous optez pour les « sonores » soit vous vous décidez pour les « linéaires ». Les premiers ont une course d’activation 50% supérieure aux seconds (1,5 millimètres contre 1) et nécessitent une force d’activation plus importante (45 g contre 40). Notons tout de suite que les « sonores », de couleur violette, sont moins chers.

Équipé de switchs violets le Huntsman Mini est facturé 129,99 euros, mais la note grimpe de 10 euros dès lors que l’on opte pour des switchs rouges, les « linéaires ». Ces derniers profitent d’ailleurs d’une révision avec la sortie du Huntsman Mini : ils sont aussi efficaces, mais profitent d’absorbeurs de bruit pour limiter les nuisances sonores. Nous n’avons hélas pas pu vérifier l’assertion de Razer dans la mesure où, pour notre test, c’est une version avec contacteurs « linéaires » qui nous a été fournie. Nous aurions d’ailleurs aimé pouvoir tester les deux versions car, il nous faut reconnaître une certaine déception vis-à-vis des « violets ».

Qualité des plastiques et réactivité des switchs : la saisie est un régal, le jeu aussi © Nerces pour Clubic

Clarifions d’emblée, leur réactivité, la nervosité de la frappe et la qualité du retour ne posent absolument aucun problème. En matière de switchs gaming, Razer connaît son affaire et aucune crainte à avoir de ce point de vue-là : le Huntsman Mini ne vous jouera pas de mauvais tour en cours de partie. Malgré la relative hauteur des touches, la saisie au kilomètre ne pose pas plus de problème grâce aux contacteurs bien sûr, mais aussi aux multiples niveaux d’inclinaison. Non, le problème est plutôt à chercher du côté des nuisances sonores et, là, il faut reconnaître que tout a tendance à jouer contre Razer et son clavier compact.

Le fabricant a adopté une structure ouverte qui, de fait, a tendance à propagé les sons. Dans le cas de notre version de test, il a également employé des switchs qui impliquent une bonne force pour être activés… force qui se répercute alors sur le châssis et entraîne un désagréable effet de résonance particulièrement audible. Pour ne rien arranger les switchs dits « sonores » ne le sont pas pour rien : leur activation entraîne un cliquetis caractéristique que les habitués des claviers mécaniques connaissent bien, mais que certains constructeurs sont parvenus à limiter. Ce n’est clairement pas le cas du Huntsman Mini.

Razer Synapse et la fameuse fonctionnalités Hypershift pour doubler les commandes © Nerces pour Clubic

Razer Synapse 3 : une solution complète, un peu encombrante

Vous l’avez peut-être noté sur les photos qui illustrent cet article, le format 60% du Huntsman Mini entraîne la disparition de nombreuses touches « classiques ». Le pavé numérique tire sa révérence, de même que les touches fléchées ou les touches de fonction. Pour des raisons pratiques, les claviers 60% ne peuvent toutefois pas faire l’impasse sur ces fonctionnalités et Razer a ici décidé de jouer avec son logiciel Synapse 3. Bien connu des habitués de la marque, il accompagne en réalité la majorité des périphériques du constructeur avec un module de base et de multiples outils optionnels pour se focaliser sur l’illumination ou les macros par exemple. Attention cependant, au total cela peut représenter une occupation mémoire substantielle.

Nous n’évoquerons pas ici le cas des modules comme Connect, Hue ou Leaf et nous focaliserons donc sur les éléments purement dédiés au Huntsman Mini avec en premier lieu la réponse de Razer aux « seulement » 61 touches du clavier. De base, quantité de touches disposent d’une fonction alternative « par défaut » et c’est ainsi que ‘tabulation’ coupe le son quand ‘Q’ et ‘W’ viennent réduire / augmenter le volume. Plus important, chaque touche peut être associée à une fonction particulière via Synapse : commande de la souris ou du clavier, macro, fonction texte, absolument tout est possible.

Le module Chroma Studio permet toutes les fantaisies côté rétroéclairage © Nerces pour Clubic

Mieux, ce n’est évidemment pas avec le Huntsman Mini que Razer allait mettre au placard sa fameuse fonction Hypershift. Rappelons que celle-ci associe une seconde fonction à chaque touche du clavier, fonction que l’on active via le raccourci éponyme. Mais ce n’est pas tout car Razer propose également la sauvegarde de l’intégralité de la configuration du clavier. Cela peut se faire via le logiciel Synapse ou, plus important, directement dans la mémoire du clavier. Il est ainsi possible d’enregistrer jusqu’à 5 profils utilisateurs et de les rappeler à volonté sans qu’il soit nécessaire d’installer le logiciel Razer.

Des configurations auxquelles on pense d’abord pour les fonctions associées à chaque touche, les macros, mais qui contiennent également des réglages de luminosité. Côté RVB, Razer est d'ailleurs toujours aussi efficace avec un rétroéclairage configurable touche par touche via le module Chroma Studio. Nous ne reviendrons pas sur les possibilités pour ainsi dire infinies de l’outil, mais nous aimerions souligner que le rétroéclairage du clavier est vraiment un modèle du genre : efficace sans être agressif, il n’illumine pas l’ensemble de la pièce malgré la structure ouverte du châssis et éclaire bien le caractère de chaque touche malgré l’utilisation de plastique PBT. Du beau travail.

Un environnement Razer complet © Razer

Razer Huntsman Mini : l'avis de Clubic

La perfection n’étant pas de ce monde, nous avons forcément plusieurs critiques à formuler contre le Huntsman Mini. Nous l’avons dit, le premier reproche est logiciel car malgré toutes ses qualités, la suite Synapse nous semble un peu encombrante, un peu lourde ce qui est d’ailleurs paradoxal alors que l’on parle justement d’un clavier tout petit, tout mini.

Un autre reproche cette fois lié à la compacité du Huntsman Mini : la prise en main n’est pas évidente pour quelqu’un qui a passé sa vie sur un clavier plein format. On perd de nombreuses touches et pour ne pas trop réduire les fonctionnalités, il faut passer par des combinaisons pas toujours très naturelles. Un reproche lié au clavier, mais que l’on ne peut pas trop mettre sur le dos de Razer car pour le coup, le fabricant a plutôt bien fait les choses.

Il a également très bien fait les choses côté rétroéclairage. Largement paramétrables, les LED diffusent une lumière agréable qui n’a pas empêché d’employer des touches PBT pour une durabilité plus importante. On regrette en revanche que Razer ne se soit pas arrangé pour réduire un peu les nuisances sonores, intégrer un port USB pass through et, surtout, pour contenir le tarif du Huntsman Mini. Malgré l’excellence de ses contacteurs et le confort de frappe, 130 euros, c’est trop élevé.

Razer Huntsman Mini

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Élégant, compact, solide et doté d'une finiton exemplaire, le Huntsman Mini est un clavier « 60% » que l'on recommanderait chaudement si on pouvait complètement faire abstraction des nuisances sonores qu'il génère et, surtout, de son prix : à croire que le tarif est inversement propotionnel à la taille du périphérique. Un produit de luxe qui ne touchera donc qu'une frange limitée de la population. Dommage.

Les plus

  • Pratique et compact comme un « 60% »
  • Switchs sonores / linéaires redoutables d'efficacité
  • Plastique PBT pour les touches
  • Rétroéclairage agréable, configurable et élégant
  • Châssis robuste sans être trop lourd
  • Câble USB détachable
  • Trois niveaux d'inclinaison
  • Logiciel Synapse particulièrement complet
  • Fonction Hypershift bien pratique

Les moins

  • Gymnastique des combinaisons de touches
  • Très bruyant avec les switchs dits « sonores »
  • Pas d'USB pass through, pas de câble speedflex
  • Logiciel Synapse relativement lourd
  • Tout cela reste bien cher
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