Le parcours semé d’embûches des satellites espions Falcon Eye vers l’orbite

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
10 mars 2020 à 13h48
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Soyouz
Un lanceur Soyouz au Centre Spatial Guyanais (campagne Galileo)

Le sort s'acharne sur le duo de satellites d'observation optique destiné aux Emirats Arabes Unis. Après l'échec du vol Vega VV-15 et la destruction d'un premier satellite, le décollage du second est retardé de plusieurs semaines.

Caprices techniques

Malgré la chape de plomb qui entoure la campagne de lancement Soyouz VS-24 depuis le Centre Spatial Guyanais, les informations sur un report du décollage se sont vite propagées jeudi 5 mars : le satellite Falcon Eye 2 va rester au sol plus de temps que prévu. En cause, l'étage supérieur du lanceur Soyouz, Fregat.

Lors de tests avant le compte à rebours, un petit problème aurait en effet été détecté sur une carte électronique, que les équipes russes sur place auraient proposé de changer. Mais le client est roi, et les Emirats Arabes Unis ont à priori demandé un remplacement complet de l'étage Fregat de la fusée, ce qui repousse le vol de plusieurs semaines. Falcon Eye 2 ne sera donc pas en orbite avant début avril.


Un long chemin...

C'est un rebondissement de plus dans cette véritable saga de satellites espions. En 2014, les industriels français Airbus Defense and Space et Thales Alenia Space décrochaient le contrat pour ces deux unités d'observation optique terrestre à haute résolution, après plus d'un an de négociations. Alors que tout semblait être rentré dans l'ordre les années suivantes, l'impensable se produit le 11 juillet 2019 : le petit lanceur européen Vega, un modèle de fiabilité dans sa catégorie, se désintègre après quelques minutes de vol.

Falcon Eye 1 est un échec cuisant, même si les Emirats Arabes Unis touchent un montant record de la part des assureurs. Les « théories » vont bon train, le temps que l'enquête démontre que le lanceur Vega avait en fait subi un problème d'isolation thermique et une rupture de son troisième étage.


Silence !

Alors que le petit lanceur Vega devait reprendre les vols ce printemps, les autorités émiraties ont annoncé, au mois de novembre 2019, que le second satellite, Falcon Eye 2, décollerait finalement grâce à Soyouz. Un changement coûteux, que l'on imagine toutefois facilité après les difficultés de 2019... Le décollage devait donc avoir lieu dans la nuit du 5 au 6 mars, et les préparations ont bénéficié d'un silence total de tous les acteurs concernés, qui s'étaient pourtant montrés plus ouverts à communiquer lors d'autres campagnes de décollages « sensibles ».

Source : NASA Space Flight
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