L'union sacrée des télécoms européens, qui vont partager leurs données pour lutter contre le coronavirus

26 mars 2020 à 12h30
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Les opérateurs ont rencontré Thierry Breton cette semaine (© Digital Life Design (DLD) Conferenceà

Huit opérateurs européens, parmi lesquels le Français Orange, vont partager les données de géolocalisation des smartphones avec la Commission européenne.

Bien qu'en France cela serait légalement compliqué sauf en cas de circonstances exceptionnelles (et elles le sont), la question du partage des données de géolocalisation des smartphones avec les autorités pour lutter contre le coronavirus se pose de plus en plus. Mercredi, la GSMA, l'association qui représente plusieurs centaines d'opérateurs de télécommunications de toute la planète, a annoncé que huit acteurs européens, et pas des moindres, sont prêts à s'engager pour le partage des données avec la Commission européenne.


Une entente entre opérateurs et institutions européennes

Huit opérateurs ont donc décidé de collaborer avec la Commission européenne pour tenter de suivre la propagation du Covid-19, voire de la contrôler. Il s'agit du Français Orange, de l'Allemand Deutsche Telekom, du Britannique Vodafone, de l'Espagnol Telefónica, de l'Italien Telecom Italia, du Norvégien Telenor, de l'Autrichien A1 Telekom Austria et du Finno-suédois Telia.

Les représentants de ces opérateurs, tous des géants dans leur pays, ont rencontré lundi le commissaire européen au Marché intérieur et au Numérique, Thierry Breton. Un responsable européen a expliqué, en sortie de réunion, que la Commission agrégerait les données de géolocalisation pour harmoniser les mesures nécessaires à la lutte contre la propagation de la pandémie.


Veiller à ce que la solution demeure extraordinaire

Forcément, les discussions ont fait ressortir la question de la légalité, de l'éthique et du respect de la vie privée des utilisateurs. L'Union européenne se serait engagée à détruire purement et simplement les données en sa possession une fois la crise sanitaire derrière elle.

Et par ailleurs, le Contrôleur européen de la protection des données (EDPS) a tenu à rassurer en indiquant que le projet n'enfreint théoriquement pas les règles sur la vie privée, mais à la condition seulement de placer des garde-fous dans la danse. L'autorité de contrôle a affirmé que « la Commission devra clairement définir l'ensemble de données qu'elle souhaite obtenir et assurer la transparence vis-à-vis du public, afin d'éviter tout malentendu. »

Pour se prémunir des risques éventuels de violation de la vie privée, le patron de l'EDPS, Wojciech Wiewiorowski, a précisé qu'il serait préférable de limiter l'accès à ces données à des experts autorisés en protection des données, en données scientifiques et en épidémiologie spatiale. Et le juriste polonais d'« insister sur le fait qu'une telle solution doit être considérée comme extraordinaire. » Plusieurs pays comme la Russie, Israël ou la Corée du Sud ont déjà franchi le pas.

Source : Le Figaro
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