La relève haut débit

le lundi 09 juillet 2001
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L'implantation actuellement sporadique du câble et de l'ADSL ne s'étendra certainement jamais sur la France entière ! Des recherches et des expérimentations localisées sont néanmoins en cours à des stades plus ou moins avancés, des dérivés de l'ADSL jusqu'à la solution satellite, en passant par l'utilisation du réseau électrique comme conduit de données ou la boucle locale radio. Examinons donc ce que nous réserve l'avenir en matière de connexions haut débit.

L'ADSL et le câble sont deux technologies limitées par des infrastructures coûteuses et des problèmes techniques (distance du local technique pour l'ADSL et nombre de connectés simultanés pour le câble) expliquant ainsi leur impossibilité à toutes deux de conquérir le pays de manière moins éparpillée. De nouvelles technologies de connexion actuellement en test ou en début de phase de commercialisation permettraient de passer outre ces limitations et d'offrir ainsi aux usagers n'ayant aucun espoir de voir un jour l'ADSL ou le câble l'opportunité de profiter des joies d'une connexion à haut débit. Les trois plus prometteuses sont la connexion par satellite, la boucle locale radio et la connexion par le courant électrique. Egalement à l'ordre du jour, un aperçu du VDSL, dérivé de l'ADSL.

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Vos données en orbite

La connexion par satellite est d'ores et déjà commercialisée mais aucun standard n'avait été jusque-là mis en place et en circulant sur les forums de discussion en rapport avec ce type de connexion, le constat s'avère plutôt négatif (débits pouvant descendre en dessous des 64 kbps par exemple). Il fallait donc une norme. Ce standard (UDLR : UniDirectional Link Routing) a été retenu par l'IETF (Internet Engineering Task Force, le consortium international qui détermine les protocoles Internet) il y a peu afin d'harmoniser et autoriser une bonne expansion du protocole de connexion par satellite. Le principe exploité aujourd'hui et qui le sera encore tant que le coût d'un lien montant ne se trouvera pas à la portée du particulier (c'est pour bientôt !) nécessite une connexion classique chez le client (modem RTC classique, adaptateur Numéris) qui octroie la faculté de faire transiter les requêtes du client jusqu'au fournisseur d'accès. Celui-ci envoie ensuite les informations au satellite et enfin le satellite renvoie les résultats de la requête sur la parabole du client.

Comment ça marche ?

Dans l'état actuel des choses, la connexion par satellite est intéressante d'un point de vue éditorial et multimédia. Le principe d'Internet et de tout système interactif étant le va-et-vient de données, la connexion doit être effectuée avec le satellite afin de recevoir les données. En raison de la nécessité d'une connexion plus basique pour les données sortantes (upload), la navigation s'avère aussi coûteuse que si l'abonné avait souscrit une connexion chez un fournisseur classique.
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Une carte satellite dans le PC reliée à une antenne parabolique réglée au dixième de degré près et un modem : voilà ce dont a besoin la connexion par satellite. Le modem effectue la requête au serveur qui transmet à un réémetteur qui envoie le tout a 36000 Km d'altitude (précisément l'altitude à laquelle les satellites géostationnaires sont en orbite) pour les faire redescendre jusqu'à la parabole. En ce qui concerne la parabole justement, une de 60 cm de diamètre se montre plus que suffisante pour une bonne réception mais l'installation doit être effectuée par un professionnel disposant des appareils nécessaires à une excellente disposition de l'antenne. Un récepteur est branché sur la tête de réception pour calculer et obtenir la puissance maximale disponible en réception. La carte de réception satellite qui figure dans le PC, peut être soit fournie par le fournisseur d'accès par satellite, soit achetée d'avance mais elle doit bien sûr être à la norme européenne DVB-MPE. Europeonline (www.europeonline.com) propose une liste de cartes testées et approuvées pour leur connexion. Dans la liste des cartes, on retrouve celles de constructeurs bien connus comme Hauppauge avec leur DVB-s. Evidemment avec une telle solution, les jeux en ligne sont proscrits, 72000 km (même à la vitesse de la lumière), ça fait un bout de chemin. La connexion s'effectue à la façon d'une connexion à un proxy et interdit donc toute utilisation de logiciel de peer to peer (Napster et consorts) car une connexion directe entre utilisateurs est impossible. En résumé, tout logiciel pouvant se voir employé avec un proxy fonctionne en excluant les autres.
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Etat des lieux

Le débit théorique annoncé est de 2Mbits/s soit un potentiel maximum de 256 ko/s. Or en pratique, les débits sont souvent loin d'être aussi alléchants. Et cela s'explique simplement : Tout d'abord, la vitesse de connexion terrestre dont on dispose va déterminer le plafond maximum que l'on sera en mesure d'atteindre en téléchargement : avec un modem RTC à 56 Kbps qui a la capacité d'envoyer des données jusqu'à 3.6ko/s maximum, on ne dépassera jamais les 50 ko/s en téléchargement car le protocole TCP/IP veut que pour chaque paquet reçu, une information de contrôle doit se trouver renvoyée au serveur, et donc si on télécharge à plus de 50 ko/s, le modem n'arrivera plus à suivre la cadence et le serveur qui attend les information de contrôle ralentira automatiquement et même souvent ne va plus rien envoyer à la parabole tant qu'il n'aura pas eu l'information confirmant l'arrivée du paquet. En second lieu, l'état et la qualité du transpondeur (pour faire simple : le serveur du provider) par lequel l'on passe influera également sur la vitesse, car s'il est engorgé ou en maintenance, les débits peuvent parfois descendre jusqu'à 1ko/s. Certains serveurs limitent aussi leur bande passante en envoie de données, en ne vous laissant télécharger par exemple que cinq fichiers à 5 ko/s ou 25 ko/s pour un seul fichier. Enfin et ce pour quoi Europeonline a revu sa politique commerciale, le nombre croissant d'utilisateurs nécessitait un trop grand nombre d'interventions sur leurs matériels, ce qui rendait souvent leur service totalement indisponible.


En France et ailleurs

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Outre Europeonline qui propose plus qu'un service de contenu multimédia, France Télécom a réalisé plusieurs tests pour son offre Wanadoosat mais aucun déploiement pour le particulier ne se trouve pour le moment envisagé. Il existe aux Etats-Unis une offre intéressante de connexion en liaison montante et descendante (tout passe par satellite) disponible grâce à une société créée, entre autres par Microsoft, : Starband Communications.
Cette solution coûte la modique somme de 400 dollars pour le matériel nécessaire et 70 dollars par mois pour la connexion. Ce qui fait tout de même la somme rondelette de 3400 francs lors de l'installation.
Les débits proposés par cette offre sont multipliés jusqu'à dix comparé à un modem classique, soit l'équivalent d'une connexion ADSL netissimo 1. L'avenir en France de la connexion par satellite ne tient plus, à présent, qu'au développement de technologies du même type par d'autres fournisseurs. De plus, Europeonline vient de recentrer son offre et se veut désormais un fournisseur de contenu multimédia. Heureusement, il est encore possible de télécharger des fichiers sur des serveurs FTP gratuits. Aucun accès à des sites de stockage en ligne n'est disponible, et on observe des temps de latence de trois à quatre heures entre la demande de téléchargement et le téléchargement en lui-même. Le satellite tel qu'il existe aujourd'hui en France constitue donc une solution intéressante pour les gros consommateurs de vidéo et de distributions Linux.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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