Airbus planche sur un taxi volant sans pilote

Thomas Pontiroli
23 août 2016 à 08h36
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Véritable serpent de mer, la voiture volante (un gros drone en l'occurrence) devient bien plus crédible quand c'est Airbus lui-même qui affirme plancher dessus, depuis bientôt deux ans.

Les voitures volantes de l'An 2000 ont un peu de retard, mais elles arrivent ! Hélas, elles ne ressemblent pas à celles imaginées dans le film Le cinquième Élément, de Luc Besson. Il s'agit plutôt de gros drones, tels qu'on les connaît déjà, à l'image du quadricoptère chinois EHang, présenté au CES de Las Vegas 2016. Airbus lui-même annonce deux projets sérieux. L'un pour le fret, l'autre pour le transport de passagers. Premiers tests : fin 2017.

Le premier a pour nom de code Vahana. Porté par les équipes de A3 - une filiale de l'avionneur installée dans la Silicon Valley -, il s'agit d'un véhicule volant autonome pouvant transporter un passager unique, ou du fret, écrit Airbus dans son magazine interne Forum. « La plupart des technologies nécessaires, comme les batteries, les moteurs et l'avionique sont là », souligne Rodin Lyasoff, le responsable du projet. Il reconnaît néanmoins que Vahana manque encore d'un système de détection et d'évitement des obstacles, « l'un des plus gros défis ».

Deux projets concrets

Pour essuyer les plâtres, Airbus ciblera donc dans un premier temps les marchandises, plutôt que les humains. Certains, comme DHL ou Amazon, ont déjà investi le terrain, avec leurs drones livreurs. Cette fois, l'ambition est de créer des engins capables de transporter une charge bien plus importante que les 2,3 kg d'Amazon Prime Air.


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Vue d'artiste du concept CityAirbus (qui ne tient pas compte ici de la possible saturation du ciel) - Crédit : Airbus.


Une fois le système rodé, et les autorisations de vol obtenues, la société développera son second projet, baptisé CityAirbus. Comme son nom l'évoque, il s'agit d'un système de transport aérien de personnes qui, s'il voit le jour, finira de donner des cheveux gris aux chauffeurs de taxi... déjà en rogne contre Uber. Car Airbus a l'intention de s'inspirer du modèle de l'américain, en permettant aux citadins de commander un drone avec leur smartphone.

Pour autant, Airbus ne dit pas qu'il va devenir une compagnie de transport concurrençant les sociétés de VTC et de fret - sur ce point, il évoque d'ailleurs la possibilité qu'Amazon et DHL soient ses clients. On imagine la même chose avec Uber, qui ne se cache pas de vouloir, un jour, émanciper ses millions de véhicules de ses chauffeurs.

Du fret au transport urbain

Airbus, plus précisément sa filiale Helicopters, affirme travailler depuis deux ans à l'élaboration d'un design d'engin capable de voler, sans avoir à attendre de lourds changements réglementaires. « Le CityAirbus, explique l'avionneur sur son site, sera dans un premier temps piloté par un humain, afin d'accélérer son entrée sur le marché, il passera ensuite en mode entièrement autonome, une fois que la réglementation sera en place ».


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L'EHang 184 a reçu en juin 2016 l'autorisation d'expérimenter le transport de passagers au-dessus du Nevada - Crédit : EHang.


Les villes devraient alors se doter d'héliports, et des couloirs aériens devraient être dessinés. Et le coût ? Si tout se déroule comme prévu, il ne dépassera pas le prix d'une course en taxi terrestre, selon Airbus, d'autant que la note pourra être partagée entre les passagers, sur le modèle d'UberPOOL. De quoi peut-être désengorger des villes déjà asphyxiées par les embouteillages, alors qu'une partie croissante de la population s'y agglutine.

En 2030, 60 % de l'humanité vivra dans une ville, contre la moitié aujourd'hui, souligne Airbus, se basant sur une enquête de 2014 du Center for Economics & Business Research. À ce stade, le coût engendré par « traffic jam » dépassera les 25 milliards d'euros pour un pays comme la France, prévoit la même étude. Sans parler du temps passé à attendre au volant de son automobile, de la pollution, des nuisances sonores ou bien du stress.

Elon Musk y croit aussi

L'enjeu de ce nouveau marché est également important pour Airbus, qui doit se renouveler. En mars 2016, la start-up allemande e-volo présentait son Volocopter VC200, un drôle d'oiseau à 18 rotors électriques, pilotable - d'après le fabricant - par tout le monde. En effet, un joystick permet de commander le décollage, l'atterrissage et c'est tout. Le vol, trop complexe, est pris en charge par un logiciel. En cas d'avarie, le véhicule atterrit tout seul.

De son côté, Elon Musk (l'homme, plus ou moins, à l'origine de PayPal, SpaceX, Tesla, SolarCity, Hyperloop...) pourrait lui aussi lancer un engin électrique à décollage vertical. S'il peut être vu comme une menace, il pourra aussi légitimer le projet d'Airbus. Tom Enders, son PDG, est en sûr, « dans un futur proche, nous utiliserons notre smartphone pour réserver un taxi volant autonome, qui atterrira devant notre porte, sans pilote ».


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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