EMI sans DRM pour VirginMega et FnacMusic aussi

Par Alexandre Laurent
le 03 avril 2007 à 14h37
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Moins de 24 heures après qu'EMI a annoncé l'ouverture de son catalogue à des formats numériques exempts de protections contre la copie (les désormais fameux DRM), deux des principaux distributeurs français annoncent leur intention d'emboîter le pas à iTunes. VirginMega.fr et FnacMusic.com, qui proposent déjà plusieurs centaines de milliers de titres issus des labels indépendants au format MP3, assurent qu'elles mettront dès que possible le catalogue d'EMI en ligne sur leurs propres services.

Les deux acteurs français ne sont pas encore en mesure de préciser les modalités de cette commercialisation mais assurent que les conditions de vente devraient être très proches de celles annoncées par hier au sujet de son iTunes Store. Rappelons que seront commercialisés sur iTunes des morceaux EMI au format AAC 256 Kbit/s non protégés contre la copie, aux côtés des titres AAC protégés par FAIRplay et encodés en 128 Kbit/s.

Julien Ulrich, directeur général de VirginMega.fr, nous explique par exemple que le format MP3 est à l'étude sur son service, au moins pour la partie pop/rock du catalogue d'EMI. La mise en ligne devrait intervenir quelques jours seulement après l'apparition des morceaux sans DRM sur iTunes, soit dans le courant du mois de mai. Le déploiement de cette nouvelle offre ne peut être instantané dans la mesure où les plateformes de vente en ligne doivent réimporter les titres fournis par EMI, les réencoder et adapter leurs sites pour leur permettre de proposer ces nouveautés. A priori, VirginMega devrait proposer par défaut, comme iTunes, les albums complets sans DRM à un tarif similaire à celui pratiqué actuellement pour les versions protégées.

Nathalie Collin, directrice d'EMI France, confirme aujourd'hui ce délai de quatre à six semaines pour la mise en place des offres sans DRM. Interrogée par François Sorel et Jérôme Colombain dans le cadre du podcast qu'ils animent pour le compte de l'équipementier Cisco, Dialog, celle-ci révèle que la maison de disques n'impose aucune restriction quant au format (MP3 ou AAC) et à l'encodage choisi. Impossible en revanche d'obtenir, chez EMI comme chez VirginMega, des informations sur les contraintes financières imposées par la maison de disque en guise de garantie pour cette levée des verrous numériques. D'aucuns supposent le versement d'une importante avance sur recette, particulièrement pour Apple, mais rien ne permet encore de confirmer ou d'infirmer cette rumeur.

« Nous espérons que les autres "majors" vont suivre la voie d'EMI et proposer leur catalogue en format numérique sans protection. Il est nécessaire que les consommateurs puissent télécharger légalement leurs morceaux de musique, les transférer et les écouter en toute liberté, avec l'équipement de leur choix et sans aucune contrainte technique. C'est ainsi que nous développerons le téléchargement légal et soutiendrons la création musicale... », déclare de son côté Denis Olivennes, président de la Fnac, via un communiqué qui précise que le « catalogue d'EMI viendra compléter sur Fnacmusic, les 200 000 titres au format Mp3 sans DRM » déjà disponibles.

Le mouvement amorcé par EMI constitue un réel bond en avant et pourrait faire des émules parmi les autres maisons de disque qui reconnaissent désormais ouvertement mener des expérimentations en matière de musique sans DRM. Se révèlera-t-il toutefois suffisant pour enrayer le piratage et donner au marché de la musique numérique le regain de souffle auquel il aspire ?

Des consommateurs à la Consumer Electronics Association en passant par les distributeurs et les artistes, tout le monde ou presque s'accorde à dire que les mesures techniques de protection ne limitent en rien le piratage. Rien ne permet toutefois d'affirmer que leur disparition progressive enrayera le phénomène du téléchargement illégal. Pour Julien Ulrich, ce premier pas est une étape importante, mais n'aura guère d'effets durables s'il n'est pas accompagné d'autres mesures destinées à accompagner les tendances du marché. Il évoque par exemple une nécessaire baisse de prix des titres du catalogue, afin de faciliter l'acte d'achat, et l'indispensable prise de position des pouvoirs publics qui se doivent d'expliciter la distinction entre ce qui est légal et ce qui ne l'est pas.

Copie privée, loi DADVSI, marchandisation de la musique et condamnations pour l'exemple contribuent à entretenir un flou artistique grâce auquel de nombreux internautes se sentent en droit de télécharger en toute impunité des contenus auxquels ils n'accordent plus la moindre valeur...
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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