Thales a présenté, mardi au salon Euronaval 2026, sa « Capacité Modulaire Maritime », un système de mission naval qui tient dans un conteneur de 6 mètres de long et peut équiper des navires, des drones ou des sites à terre.

La « Capacité Modulaire Maritime » de Thales réunit un système de mission naval complet dans un conteneur standard. © Thales
La « Capacité Modulaire Maritime » de Thales réunit un système de mission naval complet dans un conteneur standard. © Thales

On vous présente ici la « Capacité Modulaire Maritime » de Thales, dévoilée au salon Euronaval 2026 ce mardi 3 novembre 2026. Le conteneur a la particularité d'accueillir un système de mission naval, un usage pas banal pour une grosse boîte d'acier qui fait généralement voyager les marchandises d'un bout à l'autre du monde. À l'intérieur, on trouve de quoi surveiller les mers, communiquer, naviguer et même piloter des tirs à distance. L'idée est d'adapter les capacités d'une plateforme au gré des missions, un peu comme on changerait d'objectif sur un appareil photo, sans avoir à la transformer de fond en comble.

Un système de systèmes signé Thales dans 6 mètres d'acier

Thales a réuni le petit exploit de faire tenir l'écosystème complet de ses technologies dans un conteneur de 20 pieds, soit environ 6 mètres de long, le même format que ceux empilées sur les porte-conteneurs. L'industriel parle de « système de systèmes », à savoir des équipements qui fonctionnent d'ordinaire chacun de leur côté, qui y travaillent ensemble, comme un seul outil.

Pour surveiller les environs, le conteneur embarque des radars, qui repèrent les navires et aéronefs grâce aux ondes radio, et des sonars, qui font de même sous l'eau à l'aide d'ondes sonores. On y ajoute des équipements de guerre électronique, capables de capter, d'analyser ou de brouiller les signaux de l'adversaire. Des modules de navigation et de communication complètent l’ensemble.

Mais le conteneur a d'autres missions. Il est en effet en capacité d'assurer aussi le contrôle de tir, c’est-à-dire la partie qui exploite les données des capteurs pour viser une cible et déclencher une arme. Cette fonction se pilote à distance grâce à TACTICOS, le système de gestion de combat de Thales. Pour faire simple, c’est le cerveau logiciel qui centralise les informations remontées par les différents équipements et coordonne l’action d’un navire armé. Pour l’heure, l’ensemble reste un démonstrateur, autrement dit un prototype qui prouve que le concept fonctionne, mais il est déjà prêt à être testé en conditions opérationnelles, assure l'entreprise française.

Avec sa Capacité Modulaire Maritime, Thales poursuit sa stratégie de flottes hybrides. © Alexandre Boero / Clubic
Avec sa Capacité Modulaire Maritime, Thales poursuit sa stratégie de flottes hybrides. © Alexandre Boero / Clubic

Drones, navires ou terre ferme, un conteneur passe partout

Le choix du conteneur est plutôt logique, comme l'explique Thales, puisqu'un format standardisé se transporte et s'installe facilement. Ces modules peuvent ainsi être déployés rapidement sur des drones, des bâtiments ou à terre, y compris dans des zones d'opérations plus complexes. Et quand la situation évolue, une marine peut reconfigurer sa plateforme pour répondre à une nouvelle menace ou à de nouvelles priorités, sans modification majeure du navire.

Dans un contexte géopolitique qui bouge sans cesse, les forces navales ont besoin de cette souplesse. Thales parle ici de « multiplicateur de force », un terme militaire qui désigne ce qui permet de faire davantage avec les mêmes moyens. Cela passe, dans le cas du conteneur, par un déploiement et une reconfiguration plus rapides.

Erik-Jan Raatgerink, le directeur de la stratégie de l'activité Systèmes de combat de surface chez Thales, confirme que les marines ont de plus en plus besoin d'intégrer et de mettre à jour les fonctions d'un navire tout au long de sa vie. Le système a justement été pensé pour évoluer, et on sait déjà que d'autres capacités pourront s'y greffer selon les besoins des clients, jusqu'à couvrir l'ensemble des besoins des forces navales. C'est en tout cas une brique de plus dans la stratégie de flottes hybrides du groupe, qui consacre 4,5 milliards d'euros par an à la R&D.