Thales a lancé, jeudi, un système de défense aérienne multicouche, baptisé SkyDefender, dopé à l'intelligence artificielle et capable de détecter des menaces jusqu'à 5 000 kilomètres. Un vrai dôme de fer adapté aux conflits d'aujourd'hui.

Thales lance SkyDefender. © Thales
Thales lance SkyDefender. © Thales

Dans la foulée de la mise à jour du dossier du futur lance-roquettes FLP-T 150 conçu avec ArianeGroup, Thales a officiellement présenté jeudi SkyDefender, son nouveau système intégré de défense aérienne et antimissile multicouche. Conçu pour couvrir toutes les menaces, des drones à très courte portée aux missiles intercontinentaux, il repose sur une architecture modulaire pilotée par l'intelligence artificielle. Pouvant aller de la protection rapprochée à la surveillance satellitaire en orbite géostationnaire, SkyDefender pourrait redéfinir les standards de la défense aérienne moderne.

SkyDefender : trois couches de protection pour un bouclier aérien sans angle mort

Imaginez un filet de sécurité aérien qui serait capable d'intercepter aussi bien un petit drone kamikaze qu'un missile balistique lancé à l'autre bout du continent. C'est toute la promesse de SkyDefender, structuré en trois niveaux de défense complémentaires. Chacun dispose de ses propres capteurs, effecteurs et systèmes de décision, pour ne laisser aucune menace filer entre les mailles.

À courte et très courte durée, le système ForceShield, déjà retenu par le Portugal en 2024, forme une bulle de protection contre les menaces basses, drones en tête. Il s'appuie sur le radar Ground Master 200, un poste de commandement ControlView et des véhicules RapidRanger armés de missiles StarStreak et LMM, comme le détaille aussi Zone Militaire. Des outils déjà rodés sur le terrain, réunis dans un ensemble cohérent.

Pour les théâtres d'opérations à moyenne portée, Thales aligne le SAMP/T NG, fruit d'un partenariat avec MBDA au sein d'Eurosam. Équipé du radar Ground Fire (350 km de portée, couverture 360°/90°) et du missile Aster 30 B1NT, il peut intercepter des cibles jusqu'à 25 000 mètres d'altitude dans un rayon de 150 kilomètres, missiles hypersoniques compris.

IA, satellites et interopérabilité OTAN, SkyDefender voit aussi loin qu'il frappe

La couche longue portée est sans doute la plus spectaculaire de SkyDefender. Les radars SMART-L MM et UHF de Thales peuvent détecter des menaces, accrochez-vous bien, jusqu'à 5 000 km. Mais Thales Alenia Space va encore plus loin : ses satellites en orbite géostationnaire, équipés de capteurs infrarouges, sont capables de localiser un lancement de missile avant même qu'il n'entre dans le champ de vision des radars terrestres.

L'ensemble est piloté depuis SkyView, le système de commandement et contrôle de Thales, dont la version Sky View Alliance garantit une interopérabilité avec les plateformes multidomaines de l'OTA et des alliés. Au cœur du réacteur, on retrouve cortAIX, l'accélérateur d'intelligence artificielle maison dont nous vous avions déjà parlé, qui n'a rien à voir avec la ville, évidemment. Non, lui permet une meilleure anticipation des attaques et une défense proactive contre les cybermenaces.

Avec une architecture ouverte et des mises à jour possibles au fil des évolutions, on peut dire que SkyDefender est fait pour durer. « Thales fournit un système éprouvé au combat, facile à intégrer et disponible dès aujourd'hui », a déclaré Hervé Dammann, directeur général adjoint Systèmes Terrestres et Aériens chez Thales. Le message est passé, et il s'adresse autant aux états-majors qu'aux gouvernements en quête de souveraineté défensive.