L'armée de Terre dispose d'un robot de déminage téléopéré capable de dépolluer de vastes zones minées, sans exposer ses sapeurs. Le SDZ, c'est son nom, est une arme qui compte pour le génie militaire français.

Le Système de dépollution de zone (SDZ) est un engin de 10,7 tonnes, monté sur chenilles et capable de fouiller un champ de mines sur 250 mètres par heure à 40 centimètres de profondeur, sans pilote à bord. L'engin, conçu par la société Cefa dans les années 2010, ne se contente pas de remplacer son prédécesseur, le Madem, mais il redéfinit la façon de déminer. Il est à l'honneur du dernier numéro de TerreMag, le magazine officiel de l'armée de Terre.
Le SDZ, un robot chenillé de 10 tonnes taillé pour les terrains les plus hostiles
Le SDZ, c'est d'abord une présence physique qui en impose. Avec ses 6,4 mètres de long, 2,8 mètres de large, et un moteur Deutz de 250 chevaux sous le capot, il développe 1 050 Nm de couple. Il est suffisamment puissant pour gravir des pentes raides, s'engager sur des terrains fortement inclinés sur le côté (45%), et filer à 10 km/h quand il se déplace d'un secteur à l'autre.
Ce qui rend le SDZ vraiment polyvalent, c'est sa capacité à changer d'outil selon la mission. Avec sa fraise, il peut broyer le sol et neutraliser les mines, et ramasser et évacuer les débris explosifs grâce à son godet cribleur. Son godet grappin permet d'écarter un obstacle sur un itinéraire. L'appareil est aussi équipé d'un bras articulé et d'une tarière. Modulable, chaque outil se monte sur l'engin selon les besoins du terrain.
Côté solidité, le SDZ ne rigole pas non plus. Sa structure a été spécialement renforcée pour résister à l'explosion d'une mine antichar, le genre de détonation qui mettrait fin à n'importe quelle autre machine, et a fortiori à la vie d'un soldat. C'est précisément pour ça qu'il est là : absorber les coups que les hommes ne peuvent pas encaisser.

Téléopéré jusqu'à 800 mètres, le SDZ garde ses opérateurs hors de danger
Comment fait-on fonctionner le SDZ ? Depuis son poste de commande, un opérateur pilote le système à l'aide d'un écran tactile et de joysticks, sans jamais s'approcher de la zone dangereuse. Le tout est connecté en réseau, ou par fibre optique si le réseau flanche. Le soldat peut rester jusqu'à 800 mètres en arrière. Et plusieurs caméras embarquées lui offrent une vision complète de ce que fait le robot, même au-delà de ce que l'œil perçoit. Le robot avance, donc, est l'humain reste à l'abri.
Le SDZ a officiellement été évalué et validé par la Section technique de l'armée de Terre (STAT), l'organisme chargé de tester les équipements militaires. Six exemplaires sont aujourd'hui en service. Deux sont à l'École du génie, et deux dans chacun des 19ᵉ et 31ᵉ régiments du génie. Sur le terrain, il sert aussi bien à sécuriser les zones où s'installent les troupes qu'à nettoyer les champs de bataille ou les dépôts de munitions laissés à l'abandon.
Malgré ses dimensions imposantes, le Système de dépollution de zone peut être chargé à bord d'un avion de transport militaire (l'A400M ou le C17), par la mer ou même par camion, pour être déployé rapidement n'importe où dans le monde. Autrement dit, là où une zone minée pose problème, le robot peut être acheminé en quelques heures et mis en œuvre sans délai.