La Marine nationale devient le premier opérateur mondial du drone Aliaca VTOL d'Airbus. Les premières livraisons de l'appareil à décollage vertical sont prévues pour le mois de mai. Et il rendra bien des services.

La Direction générale de l'armement (DGA) a acté une nouvelle étape dans la modernisation de la Marine nationale. Elle a officialisé, ce mardi 3 février, la commande de la version VTOL du drone militaire SMDM (Onboard Mini Aerial Drone Systems for the Navy), le drone miniature embarqué de la Marine. Développé par Airbus Helicopters, le système Aliaca, qui permet désormais un décollage et un atterrissage verticaux, a été commandé en 34 exemplaires depuis 2022. Les premières livraisons interviendront en mai 2026. Elles feront de la France le premier pays à opérer cette technologie hybride.
La technologie VTOL révolutionne le déploiement du drone Aliaca
Dévoilé en avril 2025 et testé depuis fin 2024, l'Aliaca VTOL est un drone hybride assez ingénieux. Il décolle et atterrit verticalement comme un hélicoptère grâce à ses quatre hélices, puis bascule en vol comme un avion classique. « Avec la version VTOL, la Marine nationale pourra opérer l'Aliaca avec encore plus de flexibilité », souligne Christophe Canguilhem, directeur du programme. Dès son origine, l'Aliaca était décrit par Airbus comme étant « un petit drone tactique qui favorise une prise de décision plus rapide et une réactivité opérationnelle accrue. »
Avec son poids de 25 kg, une envergure de 3,5 mètres et deux heures d'autonomie, le bijou embarque une caméra et un système électro-optique infrarouge gyro-stabilisé. Son système d'identification automatique lui permet de repérer un navire à plusieurs centaines de kilomètres. Pas mal pour des « jumelles déportées », comme l'appellent les marins.
L'avantage avec ce drone, c'est qu'il n'y a plus besoin de catapulte ou de filet de récupération sur le pont des navires depuis lesquels il s'élance. Le drone décolle et atterrit tout seul, ce qui simplifie les opérations et permet un plus large déploiement. Les équipages gardent leur poste de pilotage habituel, déjà maîtrisé. Avec moins d'équipement à bord et des manœuvres plus rapides, la Marine n'y voit que du positif.
De la surveillance maritime aux missions de sauvetage
Ce SMDM, qui est opérationnel depuis 2022, équipe les patrouilleurs hauturiers et outre-mer ainsi que les frégates de surveillance. La Marine l'utilise depuis l'été 2023 pour les missions de recherche et sauvetage dans la Manche, depuis les côtes françaises. Un système qui a fait ses preuves.
La version VTOL, développée en moins d'un an, va élargir son périmètre à d'autres bâtiments. Elle aide à en effet à surveiller la mer en temps réel, à traquer les trafics illégaux, à contrôler le trafic maritime et à repérer les comportements suspects. Un outil polyvalent devenu indispensable.
À terme, le système opérera depuis la terre pour renforcer la surveillance côtière. La version à voilure fixe restera en service au moins sept ans sur les navires équipés. Une transition qui montre aussi la maturité du système.