Le renseignement militaire américain vient de publier une photographie inédite par sa précision du mystérieux planeur spatial chinois. Un engin qui ressemble étrangement au X-37B de l’US Space Force et dont les missions, parfois longues de plusieurs mois, continuent d’intriguer les spécialistes.

Le planeur spatial chinois, généralement surnommé Shenlong, photographié par WorldView-3 le 28 mai 2024. ©Maxar Technologies, via la DIA.
Le planeur spatial chinois, généralement surnommé Shenlong, photographié par WorldView-3 le 28 mai 2024. ©Maxar Technologies, via la DIA.

La Chine possède sa propre mini-navette spatiale, et les Américains viennent enfin de nous montrer à quoi elle ressemble. Dans un rapport publié le 26 octobre dernier, la Defense Intelligence Agency (DIA), le service de renseignement militaire du Pentagone, dévoile une photographie particulièrement détaillée d’un engin spatial chinois réutilisable. Prise en orbite en 2024 par un satellite commercial de Maxar, l’image confirme une ressemblance frappante avec le X-37B, le mystérieux avion spatial sans pilote exploité par l'armée américaine.

Ce n’est pas la première fois que cet appareil est photographié, mais les clichés disponibles jusqu’ici ne permettaient guère d’en distinguer les détails.

Une mini-navette qui ressemble étrangement au X-37B

L’image a été prise le 28 mai 2024 par le satellite WorldView-3, depuis une distance inférieure à 90 kilomètres. On y découvre un petit avion spatial aux ailes triangulaires doté de deux dérives verticales et d’une soute dont les portes semblent ouvertes.

Mais c’est surtout l’arrière de l’appareil qui intrigue. Selon Vantor (ex Maxar Intelligence), l’entreprise américaine spécialisée dans l’imagerie satellite, un satellite distinct serait amarré au planeur avec ses propres panneaux solaires déployés. Une configuration qui laisse entrevoir certaines possibilités de manipulation d’objets directement en orbite.

La ressemblance avec le X-37B américain est évidente. Comme lui, l’engin chinois décolle au bout d'une fusée, poursuit sa mission en orbite avant de revenir se poser sur une piste, le tout sans équipage à bord.

Le programme reste néanmoins entouré de secret. L'appareil est généralement surnommé Shenlong, mais les autorités chinoises ne communiquent pratiquement aucune information sur ses caractéristiques ou ses équipements.

Quatre missions et d’étranges manœuvres orbitales

Le programme chinois ne date pas d'hier. Le premier vol connu remonte à septembre 2020 et n’avait duré que deux jours. Deux ans plus tard, l’engin passait 276 jours en orbite, avant une troisième mission de 268 jours entre décembre 2023 et septembre 2024. Depuis le 7 février 2026, un quatrième vol est en cours.

Ces missions ont surtout attiré l’attention par leurs manœuvres. Les observations orbitales suggèrent que le planeur chinois a déjà largué de petits objets, puis effectué des rendez-vous pour les récupérer. Une capacité potentiellement précieuse pour inspecter, réparer ou récupérer des satellites. Des technologies qui pourraient aussi servir à s’approcher d’engins adverses.

Les Américains possèdent eux aussi leur avion spatial secret

La Chine n’est pas seule à développer ce type de véhicule spatial autonome. Depuis 2010, les États-Unis font voler le X-37B, une navette robotisée construite par Boeing et aujourd’hui exploitée par l’US Space Force. Sa huitième mission a commencé en août 2025.

Washington communique davantage sur son programme, sans pour autant dévoiler l’essentiel de ses activités. Pour ce dernier vol, les Américains ont notamment évoqué des expériences de communication laser et de navigation reposant sur des technologies quantiques.

La navette autonome X-37B conçue par Boeing. ©US Space Force
La navette autonome X-37B conçue par Boeing. ©US Space Force

Ces planeurs présentent un intérêt stratégique évident. Réutilisables et capables de modifier leur trajectoire, ils offrent davantage de souplesse que les satellites traditionnels pour certaines missions orbitales.

Avec cette photographie, les États-Unis ont donc levé une petite partie du voile sur leur mystérieux rival chinois. Quant à savoir ce que ces engins fabriquent réellement là-haut, les deux puissances partagent clairement le même goût du secret.

Source : The War Zone via Ars Technica