La Chine a inauguré discrètement, et sans prévenir, une nouvelle fusée qui ressemble très grandement au Falcon 9 de SpaceX. Lancée le 1er juin depuis le désert de Gobi, la Long March 12B a réussi son vol inaugural avec deux satellites à bord. C’est une nouvelle étape pour les immenses ambitions du pays dans le spatial.

La Chine poursuit sa quête vers la réutilisabilité. En décembre dernier, deux tentatives de récupération de booster orbital ont eu lieu à quelques semaines d’intervalle. LandSpace, entreprise privée, a ainsi échoué à récupérer le premier étage de sa Zhuque-3, qui a fini dans les flammes.
Dans la foulée, la Long March 12A a tenté à son tour l’exercice. Et si le booster s’est effectivement posé sans encombres, il a loupé sa cible de 2 kilomètres. En avril, c’est le Tianlong-3 de Space Pioneer qui ratait son vol inaugural, repoussant lui aussi sa tentative d’atterrissage à plus tard. La Long March 12B, elle, est entrée en scène ce 1er juin, et elle change l’échelle du défi.
Lancer des satellites pour concurrencer Starlink
Développée en seulement 21 mois par une filiale de la China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC), le géant étatique de l’aérospatial chinois, la Long March 12B est la fusée partiellement réutilisable la plus grande et la plus puissante que l’Empire du Milieu ait jamais lancée.
Haute de 72 mètres, elle embarque 9 moteurs fonctionnant au kérosène et à l’oxygène liquide sur son premier étage. Un profil qui rappelle immédiatement celui du Falcon 9 de SpaceX, avec une capacité de transport en orbite basse comparable.
Si ce premier vol n’incluait pas de tentative de récupération du booster, la fusée était déjà équipée de ses ailerons de guidage et de ses jambes d’atterrissage. La CASC a d’ailleurs confirmé que les tests de récupération interviendront « à une date ultérieure ». À bord, deux satellites de la mégaconstellation Qianfan, l’équivalent chinois de Starlink, ont été placés avec succès en orbite basse.
Capacités décuplées
Sans même maîtriser la réutilisabilité, la Chine affiche déjà une cadence de lancement impressionnante. Le pays a réalisé 88 lancements orbitaux en 2025, pulvérisant son propre record annuel de 68 établi l’année précédente. Si elle parvient à maîtriser la récupération et la réutilisation de ses boosters, comme SpaceX ou Blue Origin, les coûts s’effondreront et surtout, la cadence s’emballera.
De quoi fortement réduire l’écart avec les États-Unis. Si SpaceX a réalisé plus de 600 atterrissages de boosters à ce jour, de nombreux acteurs chinois, eux, disposent des ressources considérables de l’État pour franchir le cap. Reste à voir dans combien de temps la Chine transformera l’essai.
Sources : Ars Technica, Space.com