Coup sur coup. Quatre fusées ont décollé de quatre sites chinois différents en l’espace de deux jours. Une cadence qui illustre à quel point Pékin muscle son accès à l’espace, sur tous les fronts à la fois.

Le programme spatial chinois avance à un rythme soutenu, porté par deux grandes ambitions : déployer ses méga-constellations de satellites pour concurrencer Starlink, et préparer l’arrivée de ses taïkonautes sur la Lune d’ici la fin de la décennie. Face à une concurrence américaine qui reste la référence du secteur, Pékin multiplie les lancements et diversifie ses lanceurs comme ses sites de tir. Preuve que, doucement mais sûrement, l’écart entre les deux puissances rétrécit.
Quatre fusées différentes
Ce 15 septembre, une fusée Zhuque-2E de la société privée Landspace a décollé depuis le centre spatial de Jiuquan, dans le désert de Gobi. Son objectif : envoyer dix satellites en orbite polaire pour Qianfan, la méga-constellation soutenue par Shanghai, révèle Space News.
Quelques heures plus tard, c’était au tour d’une fusée Gravity-1, tirée depuis une barge au large de Shanghai, de prendre son envol pour placer huit satellites supplémentaires pour Qianfan en orbite. Il s’agit du plus gros chargement jamais lancé depuis la mer par la Chine.
Le lendemain, une fusée Long March 12 a décollé depuis Hainan, dans le sud du pays, afin de déployer neuf satellites destinés à Guowang, l’autre grand projet chinois de constellation. Et le même jour, un lanceur Kuaizhou-11 est parti depuis Jiuquan avec à son bord deux satellites radar développés par l’entreprise Spacety.
100 lancements en 2026
Chaque lancement a mobilisé une fusée différente, tirée depuis un site différent. Une diversité qui n’a rien d’anodin. Elle témoigne d’un secteur spatial chinois où acteurs publics et privés avancent de concert, entre le géant étatique CASC, sa filiale de défense CASIC, et des sociétés commerciales comme Landspace ou Orienspace.
Depuis le début de l’année, la Chine a déjà réalisé 66 tentatives de lancement orbital, pour seulement quatre échecs. Le pays vise désormais la barre symbolique des 100 tirs sur une seule année civile, un cap qu’il n’a encore jamais franchi.
Et la cadence ne semble pas près de ralentir. Dans les prochains jours, deux nouveaux lancements sont attendus : une Long March 2D depuis Taiyuan, dans le nord du pays, puis une Kinetica-1 depuis la zone commerciale de Jiuquan. Pas de quoi rassurer les États-Unis qui, pour l’heure, s’appuient principalement sur SpaceX.