Starlink a été bridé en pleine guerre en Ukraine, avant que Donald Trump ne demande à Elon Musk de rétablir le service. Un faux pas qui pourrait coûter cher à SpaceX.

C'est bien Elon Musk qui aurait décidé de brider Starlink en Ukraine. ©Press Connect / Shutterstock
C'est bien Elon Musk qui aurait décidé de brider Starlink en Ukraine. ©Press Connect / Shutterstock

Le 14 octobre, l’armée ukrainienne a constaté qu’un plafond de vitesse bridait Starshield, la version militaire de Starlink : au-delà des 160 km/h, la connexion sautait automatiquement, empêchant les drones intercepteurs de cibler les Shahed russes. Si Trump, Musk et le Pentagone se sont renvoyés la balle lorsqu’il a fallu prendre leurs responsabilités, le président a finalement ordonné au milliardaire de rétablir le service. Il a désormais retrouvé sa pleine capacité d’après Kiev.

La poule aux œufs d’or de SpaceX

Mais cet épisode pourrait laisser des traces, alors que Starlink s’impose comme l’une des poules aux œufs d’or de SpaceX. Au troisième trimestre, le service satellitaire a généré 5,25 milliards de dollars de revenus, soit une hausse de 69 % en glissement annuel. Il a aussi dégagé 2,37 milliards de dollars de résultat d’exploitation, sur un total de 2,8 milliards pour tout le groupe. Concrètement, Starlink porte presque à lui seul la rentabilité du géant spatial.

L’offre compte désormais 13,6 millions d’abonnés, tandis que les clients professionnels et gouvernementaux rapportent 2,13 milliards de dollars, soit une augmentation colossale de 91 %.

Et Elon Musk voit évidemment plus grand. Il promet que Starlink Mobile, le service qui reliera directement les téléphones aux satellites, pourrait un jour rapporter » plusieurs centaines de milliards « de dollars par an. Un souhait qui repose sur une condition : les clients doivent absolument croire en la fiabilité du réseau. 

Un coup dur pour l’image de Starlink

Or, cette décision est justement venue mettre un sacré coup à la confiance qui lui est accordée. Ross Gerber, investisseur dans SpaceX et dirigeant de la société de gestion Gerber Kawasaki, a assuré au micro de CNN être « dégoûté », notamment « d’un point de vue humain ». Selon lui, ces restrictions « ont donné à tout le monde une raison de ne pas utiliser Starlink », car le service n’est « pas fiable pour la sécurité nationale, pour qui que ce soit d’autre que Trump ».

Une telle alerte résonne évidemment en Europe. En Bourse, Eutelsat a par exemple bondi de 23 % en Bourse le jour de l’annonce. The Financial Times y voit même un électrochoc pour l’autonomie spatiale du Vieux Continent.

Le dossier est aussi devenu politique outre-Atlantique. Le sénateur démocrate Richard Blumenthal a ouvert une enquête sur la dépendance du Pentagone à SpaceX. Et la colère dépasse les clivages entre partis, puisque le républicain Brian Fitzpatrick a jugé l’affaire « très sérieuse ». Une situation qui fait office d’avertissement pour ceux qui s’intéressent à Starlink : leurs intérêts ne seront peut-être pas prioritaires.

Starlink
  • Internet haut débit (presque) partout
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  • Débits excellents
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