Et si Starlink visait aussi les smartphones des Européens ? Michał Kobosko, eurodéputé en première ligne sur la future loi télécoms de l’Union européenne (UE), appelle Bruxelles à ne pas rester les bras croisés.

La souveraineté européenne est en jeu. ©bella1105 / Shutterstock
La souveraineté européenne est en jeu. ©bella1105 / Shutterstock

Starlink vient de franchir une étape majeure aux États-Unis en faisant l’acquisition des fréquences qui pourraient lui ouvrir la voie à une offre mobile directement destinée aux consommateurs. Et si pour l’heure, l’entreprise d’Elon Musk a indiqué vouloir devenir « le plus important opérateur américain », sans mentionner le Vieux Continent, les acteurs européens, eux, sont préoccupés. Une inquiétude qui a aussi gagné le Parlement.

L’Europe ne peut pas laisser faire

Michał Kobosko, eurodéputé polonais et négociateur en chef du Parlement européen sur le Digital Networks Act, le texte censé moderniser les règles télécoms de l’UE, s’est entretenu avec le Financial Times. Selon lui, le bloc ne doit pas être attentiste au risque de se réveiller, un jour, face à une SpaceX qui contrôlerait tout son marché. Un scénario qui serait « dangereux pour nous en Europe », assure-t-il.

Pour l’éviter, il a inscrit dans son projet de législation des critères stricts de souveraineté et de résilience pour l’attribution des fréquences mobiles à l’échelle européenne. Car il l’admet : il est probable qu’Elon Musk observe de près les opportunités européennes.

Le bridage de Starlink en Ukraine, survenu la semaine dernière, nourrit évidemment les préoccupations de l’élu. Car il s’agit d’un énième épisode qui illustre à quel point l’Europe dépend des technologies américaines. 

Les États-Unis montent au créneau

Une mise en garde s’inscrit dans un bras de fer plus large. En mai, la Commission européenne a proposé de découper en trois la bande de fréquences 2 GHz, celle qui permet aux smartphones de se connecter directement aux satellites.

Un tiers irait aux communications gouvernementales, un autre à de nouveaux acteurs européens, et le dernier resterait ouvert à tous les candidats qualifiés, y compris non européens. SpaceX n’est donc pas exclue, mais son accès serait plus limité. Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone viennent récemment de signer une lettre d’intention pour étudier une candidature commune à ces fréquences.

Les droits actuels, détenus par les Américains Viasat et EchoStar, expirent en mai 2027. Sans surprise, les dirigeants des États-Unis fulminent : l’ambassadeur américain auprès de l’UE, Andrew Puzder, a averti que les entreprises européennes s’exposaient à des représailles « dévastatrices » si Bruxelles défavorise les groupes américains. Ambiance…

Starlink
  • Internet haut débit (presque) partout
  • Facilité d'installation
  • Débits excellents
9 / 10