Greenerwave et Telespazio France ont signé un accord stratégique pour déployer des terminaux SATCOM multi-orbites auprès des marchés de la défense et des gouvernements en Europe. Une alliance française au service de la connectivité satellitaire critique.

Voilà un partenariat des plus intéressants, que celui annoncé ce mercredi 6 mai 2026 entre la société française Greenerware et Telespazio France, filiale hexagonale de l'entreprise du même nom. Ces dernières ont officialisé un accord de distribution autour de terminaux satellitaires multi-orbites, compatibles GEO et LEO, et destinés aux institutions gouvernementales et aux forces de défense. Les deux acteurs disent vouloir proposer une alternative dite souveraine et sobre en énergie aux solutions existantes.
Des antennes satellites françaises au cœur d'un partenariat stratégique
Au cœur du dispositif, on trouve la technologie maison de Greenerwave, une deeptech française implantée à Paris, Toulouse et Sophia Antipolis. Elle a pour spécialité des surfaces capables de modifier en temps réel la façon dont elles interagissent avec les ondes radio, les fameuses RIS, ou surfaces intelligentes reconfigurables. Couplées à des algorithmes avancés inspirés de la physique, elles permettent de concevoir des antennes plates qui pointent vers les satellites sans jamais bouger mécaniquement, comme le ferait une antenne classique.
L'autre atout de taille, c'est que ces terminaux peuvent communiquer avec des satellites en orbite basse (comme ceux de Starlink ou OneWeb), qui tournent rapidement autour de la Terre, ou avec des satellites géostationnaires, fixes dans le ciel à 36 000 km d'altitude. Ils sont également conçus pour fonctionner avec IRIS², la future constellation souveraine européenne. Et tout ça en consommant moins d'énergie et en limitant le recours aux semi-conducteurs, les composants électroniques dont la pénurie a rappelé à tout le monde leur importance stratégique.
De son côté, Telespazio France incarne la crédibilité institutionnelle du duo. Basée à Toulouse, cette filiale française du groupe Telespazio, groupe né d'une alliance entre l'Italien Leonardo (67 %) et le Français Thales (33 %), compte près de 500 collaborateurs et plus de 30 ans d'expérience dans le secteur spatial. Plus de 150 d'entre eux travaillent d'ailleurs directement au Centre Spatial Guyanais, à Kourou, ce qui en fait le premier partenaire industriel de la base de lancement européenne.
Quand la défense européenne mise sur des communications satellitaires souveraines
Les deux entreprises n'hésitent pas à utiliser la fameuse expression « souveraineté européenne ». Le terme revient comme un montra, dans les deux camps. Pierre Glatt, le directeur commercial de Telespazio France, dit vouloir offrir une « connectivité flexible et performante, adaptée à des environnements complexes et exigeants », et s'imposer comme un « opérateur de confiance pour les communications critiques ». Ces terminaux sont pensés pour fonctionner là où une coupure de signal peut avoir des conséquences dramatiques, par exemple sur un théâtre d'opérations militaires, lors d'une crise, ou dans une infrastructure sensible.
De son côté, Geoffroy Lerosey, le président et co-fondateur de Greenerwave, entend « contribuer au renforcement de l'autonomie stratégique européenne dans les communications satellitaires est au cœur de notre mission. » On sait que l'Europe ne peut pas se permettre de dépendre indéfiniment de solutions étrangères pour ses communications militaires et gouvernementales. Starlink, aussi performant soit-il, reste une infrastructure américaine, sur laquelle l'Europe n'a aucun contrôle. On pourrait aussi étendre la discussion à Amazon Leo, mais le géant américain fait au moins appel au Franco-européen ArianeGroup pour lancer une bonne partie de ses satellites.
Dans un monde où les conflits et les tensions géopolitiques ont rappelé brutalement que les communications peuvent être brouillées, coupées ou piratées, et ce partout dans le monde, disposer d'infrastructures satellitaires robustes et indépendantes est impératif. En misant sur une technologie 100 % européenne, conçue pour résister aux environnements les plus hostiles, la France montre qu'elle entend peser dans la course mondiale aux communications spatiales.