Des chercheurs chinois disent avoir conçu une IA suffisamment légère pour être embarquée dans un missile et capable de distinguer la signature thermique d’un avion furtif américain. En laboratoire, la précision dépasserait les 90%, mais rien ne prouve encore que le système fonctionnerait aussi bien en combat.

Les avions de chasse furtifs américains F-35 (au-dessus) et F-22. ©Jason Wells x Shutterstock
Les avions de chasse furtifs américains F-35 (au-dessus) et F-22. ©Jason Wells x Shutterstock

La furtivité ne rend pas un avion invisible. Elle réduit principalement sa signature radar grâce à sa géométrie et à des matériaux absorbants, tout en cherchant également à limiter sa signature infrarouge. La chaleur du moteur et de la cellule ne peut toutefois pas être totalement supprimée. Des chercheurs chinois assurent avoir exploité cette faiblesse pour entraîner une IA capable de reconnaître la signature infrarouge des F-22 et F-35.

Selon TechRadar, qui relaie une publication du South China Morning Post, le système aurait dépassé 90% de réussite lors de tests réalisés sur des cibles simulées (3 245 images infrarouges imitant les signatures thermiques d’un F‑22, d'un F‑35 et d’une munition rôdeuse). Une performance prometteuse sur le papier, mais encore très éloignée d’une validation en conditions réelles.

Une IA conçue pour tenir dans un missile

Les chercheurs insistent surtout sur la légèreté de leur modèle d’IA. Il demanderait suffisamment peu de puissance de calcul pour fonctionner directement à bord d’un missile, où l’espace, l’énergie disponible et les capacités de traitement sont forcément limités.

« Les modèles de reconnaissance légers pourraient devenir largement utilisés dans les futurs missiles air-air, car ils peuvent fournir une reconnaissance à grande vitesse tout en maintenant de solides capacités d’identification », estime An Jiangshan, auteur principal de l’étude. Un tel système pourrait même, à terme, aider un missile à distinguer un avion de chasse de ses leurres thermiques.

90% en simulation, beaucoup d’inconnues en vol

Le chiffre le plus spectaculaire reste aussi le plus facile à mal interpréter. Le modèle dépasse 90% lorsqu’il classe des images de cibles simulées déjà présentes dans le champ du capteur. Ce résultat ne mesure ni sa capacité à détecter un avion à distance, ni à le poursuivre, ni à guider un missile jusqu’à lui.

Rien n’indique non plus que cette IA ait déjà été intégrée à un missile opérationnel. Il faudrait encore valider sa robustesse en vol, son comportement face à des contre-mesures évolutives et son intégration dans une chaîne complète de détection et de guidage. Le missile intelligent capable de reconnaître un avion furtif reste donc à démontrer, mais l’IA, elle, a clairement déjà commencé à entrer dans les arsenaux.