Le Français Naval Group teste un robot soudeur téléopéré, piloté à distance avec un casque de réalité virtuelle. La technologie, développée dans le cadre du projet européen Jarvis, nommée Telewelder, promet de réduire jusqu'à 70 % l'exposition des soudeurs à la chaleur.
Le groupe français Naval Group a dévoilé il y a quelques jours les résultats de ses essais menés dans son centre de recherche et développement. Elle en a profité pour présenter sa technologie de soudage par téléopération, qui repose sur Telewelder, un bras robotisé fixé par aimant à la coque d'un navire, le tout dans le cadre du projet européen Jarvis. Casque de réalité virtuelle sur la tête, le soudeur le pilote à distance. Des capteurs traduisent ses mouvements, et le geste se reproduit à l'identique sur la tôle brûlante. Naval Group note jusqu'à 70 % d'exposition à la chaleur en moins, sur un travail qui représente à lui seul des dizaines de kilomètres de soudure par navire.
Comment un soudeur pilote son robot à distance grâce à la réalité virtuelle
Direction le Technocampus Ocean, le centre de recherche de Naval Group installé à Bouguenais, en Loire-Atlantique. C'est là que les ingénieurs ont reconstitué les conditions d'un vrai chantier naval pour mettre le robot à l'épreuve. D'abord, l'opérateur plaque le bras articulé contre une tôle d'acier, où il tient tout seul grâce à un puissant aimant intégré à sa base. Il n'y a pas besoin de le visser ni de le caler, car quel que soit l'angle de travail (à plat, à la verticale ou en hauteur), le robot est prêt à souder en quelques secondes.
Pendant ce temps, le soudeur s'installe à bonne distance de la chaleur, loin des fumées et des centaines de degrés qui règnent près de la tôle. Il coiffe son casque de réalité virtuelle, empoigne la poignée qui commande les mouvements du bras, puis actionne tout le dispositif d'une simple pression sur une pédale, prêt à passer à l'action.
La caméra embarquée sur le bras, qui est un modèle UR10e, dont le pilotage repose sur la plateforme logicielle Interact, qui numérise en temps réel la zone à souder et renvoie l'image en direct dans le casque. Si la trajectoire l'exige, l'opérateur recale un guide virtuel affiché à l'écran pour un tracé sans bavure, pendant que la technologie de capteurs SmartTrack détecte la moindre intention de mouvement de sa main.

70 % d'exposition en moins pour les soudeurs de Naval Group
Une fois le décor planté, l'opérateur passe à l'action : chaque geste de sa main, à distance, est aussitôt copié par le bras robotisé sur la tôle brûlante, sans le moindre décalage, comme s'il soudait lui-même, mais sans jamais poser un doigt sur le métal. Cette technique, appelée donc téléopération, permet de conserver toute la finesse d'un geste humain tout en tenant le soudeur à bonne distance de la fournaise qu'il pilote.
Le bénéfice est concret, et il se mesure selon Naval Group jusqu'à 70 % d'exposition en moins à la chaleur et aux fumées, un chiffre très encourageant, quand on sait qu'un seul navire nécessite des dizaines de kilomètres de soudure. Sur un métier aussi physique, cette avancée change vraiment les choses pour la santé des soudeurs, sans rien sacrifier à la qualité du travail final.
Ce robot Telewelder, Naval Group l'a conçu avec son partenaire LS Group, un spécialiste lui aussi français de la réalité virtuelle, puis mis à l'épreuve au Technocampus Ocean, où près de 200 experts planchent sur les technologies navales de demain. Quant au projet Jarvis, il réunit plusieurs industriels européens et est financé par l'Union européenne via son programme Horizon Europe. Avec l'ambition de rendre l'industrie navale de défense plus compétitive, sans sacrifier la santé de ceux qui la font tourner.