Le programme SNLE 3G, destiné à renouveler la force de dissuasion nucléaire française, avance bien du côté de Naval Group, qui l'a lancé en 2021. Quatre sous-marins de nouvelle génération sont prévus, le premier pour 2036.

XXX © Naval Group
XXX © Naval Group

Baptisé L'Invincible, le premier des quatre futurs sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de troisième génération prendra la mer en 2036, soit deux ans avant le France Libre, futur porte-avions hexagonal, et donnera son nom à toute la classe. Derrière ce programme colossal, c'est toute une filière industrielle qui se mobilise, avec plus de 2 000 collaborateurs répartis sur sept sites en France, des centaines d'entreprises partenaires, et un défi technologique de taille dans l'histoire de Naval Group qui porte le programme avec TechnicAtome.

Comment la France bâtit son sous-marin nucléaire de demain

Lancé en février 2021 sous la supervision de la Direction générale de l'armement (DGA), le bras armé de l'État en matière d'équipements militaires, le programme SNLE 3G prévoit la construction de quatre sous-marins pour remplacer la classe Le Triomphant, l'actuelle flotte de sous-marins nucléaires de la Marine nationale. L'enjeu est d'assurer sans interruption la dissuasion nucléaire française, ce principe selon lequel la France doit être capable, en toutes circonstances, de riposter à une attaque nucléaire.

Naval Group assure la conception et la construction des sous-marins dans leur globalité, avec plus de 125 ans d'expérience dans le domaine. La propulsion nucléaire, le cœur du réacteur qui fait avancer l'engin, est confiée au CEA, qui en supervise la conception, tandis que TechnicAtome se charge de fabriquer concrètement les chaufferies embarquées aux côtés de Naval Group. La Direction générale de l'armement, elle, veille sur l'ensemble du programme au nom de l'État.

Concrètement, ce sont aujourd'hui plus de 2 000 personnes qui travaillent sur le projet, réparties sur sept sites Naval Group à travers la France. Cherbourg construit les sous-marins, Nantes-Indret s'occupe de la propulsion, Ollioules des systèmes d'armes, Angoulême-Ruelle des simulateurs de formation… Chaque ville a son rôle, et ensemble, elles forment une chaîne industrielle qui s'étend sur tout le territoire national.

Le sous-marin nucléaire le plus discret et le plus armé que la France ait jamais conçu

L'Invincible sera le plus grand et le plus perfectionné des sous-marins nucléaires jamais construits par Naval Group. Et son atout maître, c'est le silence. Grâce à un système de propulsion ultra-discret et à une coque recouverte d'un revêtement spécial qui absorbe les ondes sonores, le sous-marin sera pratiquement indétectable sous l'eau, car pour un sous-marin nucléaire, passer inaperçu, c'est précisément ce qui le rend redoutable.

Mais se faire oublier ne suffit pas. Le SNLE 3G est aussi conçu pour détecter et frapper. Il embarque un sonar de nouvelle génération, qui est l'équivalent des « oreilles » du sous-marin, capables de repérer une menace à des dizaines de kilomètres. À son bord, on retrouve des moyens d'autodéfense et un armement conventionnel renforcés, ainsi qu'un système de combat entièrement repensé. Pour assembler ce mastodonte, ce sont plus d'un million de composants et 20 millions d'heures de travail humain qui seront nécessaires.

Au-delà de l'enjeu militaire, le programme SNLE 3G est aussi une aubaine pour l'économie française. Un peu à l'image du porte-avion qui succèdera au Charles de Gaulle, des milliers d'emplois hautement qualifiés (ingénieurs, techniciens, spécialistes) seront créés et maintenus sur le territoire jusqu'à la livraison du dernier sous-marin. Une dynamique que Pierre Éric Pommellet, PDG de Naval Group, assume pleinement : « Naval Group poursuit son engagement au service de la souveraineté française et de la dissuasion nucléaire. » La tête de série, L'Invincible, naviguera en 2036.