Fort de ses 80 000 tonnes, 310 mètres et 10 milliards d'euros, le France Libre, nouveau porte-avions nucléaire français présenté ce mercredi 18 mars par Emmanuel Macron, est une vraie machine à superlatifs.

Le nouveau porte-avions nucléaire français France Libre sera le deuxième plus grand du monde. © MO Porte-Avions / Naval Group / Chantiers de l'Atlantique / TechnicAtome
Le nouveau porte-avions nucléaire français France Libre sera le deuxième plus grand du monde. © MO Porte-Avions / Naval Group / Chantiers de l'Atlantique / TechnicAtome

Le France Libre, successeur annoncé du porte-avions Charles de Gaulle, n'est pas qu'un navire de guerre. Le PA-NG, pour un porte-avions de nouvelle génération, est un programme industriel colossal, qui mobilisera près de 20 ans de travail, des centaines d'entreprises françaises et parmi les technologies les plus avancées du moment. De sa propulsion nucléaire (deux réacteurs) à son architecture numérique, chaque donnée technique raconte une ambition. Voici les chiffres qui font de ce porte-avions de nouvelle génération l'un des projets militaires les plus vertigineux d'Europe.

Les mensurations du porte-avions France Libre, un colosse mondial qui écrase tous les records européens

Pour se faire une idée de la taille du France Libre, imaginez un navire de 310 mètres, soit quasiment la hauteur de la Tour Eiffel, pesant 80 000 tonnes, presque deux fois le poids du Charles de Gaulle. À l'échelle planétaire, un seul porte-avions fait encore mieux. Il s'agit de l'Américain USS Gerald R. Ford, avec ses 333 mètres et ses 100 000 tonnes. Le navire français sera donc le deuxième plus grand du monde de sa catégorie, devant le Liaoning, géant chinois long de 300 mètres et lourd de 59 000 tonnes.

À son bord, jusqu'à 2 000 marins feront tourner une machine de guerre qui pourra embarquer 30 avions de combat. Sa propulsion est entièrement nucléaire, avec des chaufferies capables de produire deux fois plus d'énergie que celles du Charles de Gaulle. Son autonomie sera quasi illimitée, sa puissance décuplée. En d'autres termes, le France Libre joue clairement dans une autre catégorie. Une troisième catapulte électromagnétique a été ajoutée au projet, c'est inédit en France, pour permettre jusqu'à soixante sorties quotidiennes.

Trois industriels en assurent la maîtrise d'œuvre, avec Naval Group, Chantiers de l'Atlantique et TechnicAtome, sous la supervision de la Direction générale de l'armement (DGA) et du Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Un triumvirat solide pour un chantier d'une envergure inédite dans l'histoire navale française, qui aboutira à un démarrage de son activité en 2038, pour prendre la relève de son illustre aîné.

Un autre visuel du futur porte-avions français. © MO Porte-Avions / Naval Group / Chantiers de l'Atlantique / TechnicAtome
Un autre visuel du futur porte-avions français. © MO Porte-Avions / Naval Group / Chantiers de l'Atlantique / TechnicAtome

Trois catapultes électromagnétiques sur le France Libre, une prouesse quasi unique au monde

Le coût total du programme a été estimé à 10 milliards d'euros, dont 90% profiteront directement aux entreprises françaises. Des fonds privés pourraient adoucir la note à terme. « Il faut le dire clairement, le répéter, cet investissement de la nation pour son indépendance et sa souveraineté crée des emplois et des compétences en France », a déclaré Emmanuel Macron lors de la présentation du projet, mercredi après-midi depuis le site de Naval Group à Nantes-Indret.

Derrière ces milliards, on retrouve un tissu industriel dense de 800 fournisseurs mobilisés, 200 métiers différents, dont une large majorité de PME. Dassault Aviation, MBDA et Thales figurent parmi les grands noms engagés aux côtés de Naval Group. L'ensemble de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) se met en ordre de marche pour près de deux décennies.

Sur le plan technologie toujours, le France Libre sera le premier porte-avions français nativement conçu pour intégrer drones de combat, intelligence artificielle et jumeaux numériques dès sa conception. Des équipements laser seront installés dessus, pour neutraliser les appareils volants notamment qui voudraient lui nuire. « Ce navire sera sur les mers ce que nous avons de meilleur », a affirmé le chef de l'État. En chiffres comme en ambition, il est difficile de lui donner tort.