La Direction générale de l'Armement a passé commande d'une cinquième frégate de défense et d'intervention (FDI) à Naval Group fin mars. Le programme FDI, lancé en 2017, continue de moderniser la Marine nationale française.

La frégate de défense et d’intervention (FDI) Amiral Ronarc’h. © Naval Group
La frégate de défense et d’intervention (FDI) Amiral Ronarc’h. © Naval Group

En début de semaine, la Direction générale de l'armement (DGA) officialisait auprès du Français Naval Group la commande d'une cinquième frégate FDI pour la Marine nationale, neuf ans après le lancement du programme, a-t-on appris jeudi. Ces bâtiments de haute mer ne sont pas de simples coques armées. Pensées pour le combat de haute intensité, elles couvrent un spectre opérationnel rare, du missile antiaérien à la cyberdéfense. Et l'arsenal embarqué ne laisse pas indifférent.

Avec les frégates de défense et d'intervention, la France se dote de navires complets

Le programme FDI, lancé en 2017 sous l'égide de la DGA, avait pour but d'offrir à la Marine nationale des frégates capables d'opérer partout, y compris dans les zones de conflit les plus dangereuses et les plus imprévisibles. Neuf ans plus tard, la cinquième commande passée confirme la continuité d'une vision stratégique à long terme.

La première frégate de la série, l'Amiral Ronarc'h, a été livrée à la marine nationale le 17 octobre 2025 et effectue actuellement son déploiement de longue durée. Les quatre suivantes arriveront progressivement entre 2027 et 2032, pour offrir à la France une flotte complète de cinq FDI opérationnelles jusqu'à la fin de la décennie prochaine.

Les frégates de défense et d'intervention brillent par leur capacité à tout faire. Couler un navire ennemi, abattre un missile en plein vol, traquer un sous-marin, contrer une attaque terroriste en mer, se défendre contre une cyberattaque ou déposer des forces spéciales sur une côte hostile, font partie de ses atouts. Une seule et même frégate peut gérer l'ensemble. C'est rare, et c'est précisément ce qui fait de chaque FDI un bâtiment très précieux.

Les frégates les plus redoutables de la Marine nationale

À bord, la frégate est doté d'un arsenal taillé pour les menaces les plus sérieuses. Les FDI embarquent des missiles Exocet MM40 B3c pour frapper des navires ennemis, des missiles Aster 15 et 30 pour intercepter les menaces aériennes (drones, missiles et avions), mais aussi des torpilles MU90 pour traquer les sous-marins, ainsi qu'une artillerie de 20 mm et 76 mm pour les engagements à courte portée. En étant offensif et défensif à la fois, son armement ne laisse aucun angle mort véritable.

Les FDI, nous le disions, intègrent des capacités de cyberdéfense. Aujourd'hui, un navire de guerre peut très bien être ciblé via ses systèmes informatiques aussi facilement que par un missile. Il peut être victime de la perturbation de ses communications, du piratage de ses capteurs ou de la neutralisation de ses systèmes d'armes à distance. L'industriel Naval Group, qui est l'un des maîtres d'œuvre du futur porte-avions France Libre et qui sera à la conception et à la fabrication du sous-marin nucléaire L'Invincible, a conçu ces frégates en tenant compte de cette menace-là aussi.

Pour la Marine nationale, les cinq frégates vont permettre le remplacement d'une génération entière de bâtiments de surface. Et pour Naval Group, les commandes confirment quelque chose d'aussi important, à savoir que le constructeur naval breton reste plus que jamais l'acteur incontournable de la défense maritime française.