Apple a déposé plainte contre OpenAI, et accuse plusieurs de ses anciens employés d’avoir dérobé des secrets industriels au bénéfice de son concurrent. Parmi les personnes visées figure un ancien vice-président du design produit, aujourd’hui associé à Jony Ive au sein du projet hardware d’OpenAI.

Apple accuse OpenAI d'encourager ses ex-employés à lui livrer ses secrets industriels ©daily_creativity / Shutterstock.com
Apple accuse OpenAI d'encourager ses ex-employés à lui livrer ses secrets industriels ©daily_creativity / Shutterstock.com

Le contentieux entre Apple et OpenAI, jusqu’ici cantonné à des tensions autour du partenariat Siri-ChatGPT, franchit un cap judiciaire. Le constructeur de Cupertino a déposé une plainte formelle accusant d’anciens salariés d’avoir subtilisé des informations confidentielles au profit de son rival. Dans le document déposé auprès du tribunal fédéral du district nord de Californie, Apple ne mâche pas ses mots : ce dossier ne concerne pas la relation contractuelle entre les deux entreprises autour de l’intégration de ChatGPT dans Siri, mais bien un vol caractérisé de propriété intellectuelle alors qu’OpenAI prépare le lancement de produits conçus autour de son intelligence artificielle.

Deux anciens cadres Apple au centre de l’affaire

La plainte cible nommément Tang Tan et Chang Liu. Le premier occupait le poste de vice-président du design produit chez Apple, où il pilotait la conception de l’iPhone et de l’Apple Watch, avant de quitter l’entreprise en février 2024 pour rejoindre Jony Ive. Le second, ingénieur système senior pendant huit ans chez Apple, a rallié OpenAI en janvier 2026. Sont également nommés dans la procédure OpenAI elle-même ainsi que io Products, la structure hardware rachetée par la firme de Sam Altman auprès de Jony Ive pour 6,5 milliards de dollars l’an dernier.

Selon les documents judiciaires, Tan aurait exploité sa connaissance de projets confidentiels d’Apple pour orienter ses entretiens d’embauche, allant jusqu’à demander à des candidats encore employés par Apple d’apporter de véritables composants matériels lors de sessions de présentation. Apple affirme également qu’un candidat aurait commencé à capturer des écrans et télécharger des fichiers liés à un projet hautement confidentiel quelques heures avant son entretien avec Tan, qui aurait ensuite sollicité davantage de détails sur ce même projet durant l’échange. Un comportement qualifié de « modèle établi  » par la Pomme.

Apple serait aussi en train de développer ses propres appareils IA, avec notamment le développement d’un pendentif à porter toute la journée et équipé d'une caméra pour livrer à l’utilisateur des informations utiles et contextualisées.

Jony Ive a recruté ses meilleurs designers après son départ d'Apple, qui travaillent aujourd'hui pour OpenAI © Apple
Jony Ive a recruté ses meilleurs designers après son départ d'Apple, qui travaillent aujourd'hui pour OpenAI © Apple

Un document confidentiel transmis avant même la démission

Apple accuse en outre Tan d’avoir détenu et diffusé l’un de ces documents internes auprès de nouvelles recrues d’OpenAI, et avant même que celles-ci n’aient formellement démissionné d’Apple. Ce document détaille les protocoles de sécurité appliqués lors du départ d’un salarié. L’enquête interne menée par Apple aurait révélé un schéma récurrent chez les employés rejoignant OpenAI, consistant à contourner délibérément les procédures censées protéger les informations confidentielles de l'’entreprise.

Concernant Chang Liu, Apple affirme qu’il aurait exploité une faille de sécurité pour télécharger des fichiers d’ingénierie confidentiels après son départ, dont une compilation technique de plus de mille pages détaillant son travail chez Apple, incluant des documents de fabrication portant sur les cartes électroniques complexes utilisées dans les produits de la marque. Apple ajoute que Liu aurait également conseillé une autre employée qu'il cherchait à recruter sur les documents confidentiels à étudier avant son propre entretien chez OpenAI. La plainte évoque enfin le recours à un partenaire de confiance d’Apple pour reproduire une technique propriétaire de finition métallique, ce partenaire ayant été induit en erreur quant à l’autorisation d'’Apple.

Apple précise enfin avoir alerté OpenAI dès février dernier sur ces agissements, sans jamais obtenir de réponse. La firme affirme que les faits révélés ne représentent que la partie visible de l’iceberg, et rappelle que plus de 400 anciens employés d'Apple travaillent aujourd’hui pour OpenAI.

Ce chiffre à lui seul résume l’ampleur du problème pour Cupertino : difficile de contrôler la circulation de ses secrets industriels quand une telle proportion de ses talents a rejoint, ces dernières années, l'un de ses concurrents les plus offensifs sur le marché de l’IA. La procédure vise à obtenir des dommages et intérêts ainsi qu’une injonction, alors qu’OpenAI prépare activement son premier appareil grand public, sous la houlette d'un designer qui connaît mieux que quiconque les méthodes de travail d’Apple.

À découvrir
Quel est le meilleur iPhone à acheter en 2026 ?
Comparatif