Safran a profité du lancement d'Eurosatory 2026 pour officialiser un contrat anti-drone conclu avec un pays européen, et une joint-venture lancée avec Theon sur les systèmes électro-optiques pour drones. Deux annonces fortes pour la seule journée de lundi.

Le système anti-drones Skyjacker Advanced, à l'honneur chez Safran. © Safran
Le système anti-drones Skyjacker Advanced, à l'honneur chez Safran. © Safran

C'est à Villepinte, lors du salon Eurosatory 2026, que Safran Electronics & Defense a tiré lundi deux salves en une seule journée. La première porte sur la signature d'un contrat avec un pays européen pour la livraison du système anti-drone Skyjacker Advanced, capable de neutraliser des essaims grâce au leurrage GNSS. La seconde officialise un accord avec l'entreprise de droit chypriote Theon pour créer une joint-venture dédiée aux systèmes optroniques embarqués sur drones.

Un contrat anti-drone qui renforce le Français Safran, et la souveraineté technologique de l'Europe

Safran Electronics & Defense a donc signé un contrat avec un pays européen, dont l'identité reste pour des raisons évidentes confidentielle, pour lui fournir son système anti-drone Skyjacker Advanced. Cette solution, bâtie autour d'une architecture modulaire et ouverte, est capable de s'intégrer dans des réseaux de défense existants et sur une multitude de plateformes.

Sa grande force, c'est probablement sa technologie de leurrage GNSS, réputée redoutable face aux essaims de drones. Skyjacker Advanced peut simuler de faux signaux de navigation pour dérouter les appareils hostiles et modifier leur trajectoire, une parade très efficace qui répond à des scénarios de menaces de plus en plus complexes sur le terrain.

Au cœur du dispositif, on retrouve un système de commandement et contrôle qui centralise la détection, l'identification et l'activation des contre-mesures. Alexandre Ziegler, directeur de la Business Unit Défense chez Safran Electronics & Defense, voit d'ailleurs dans ce contrat la confirmation du rôle de premier plan du groupe français dans les équipements anti-drone critiques, et un signal fort en faveur de la souveraineté technologique et de défense du continent européen.

La signature entre Theon et Safran. © Safran
La signature entre Theon et Safran. © Safran

Safran et Theon : une joint-venture pour donner des yeux aux drones de demain

Ensuite, il y a eu le second acte de la journée pour Safran Electronics & Defense et la société grecque Theon, avec la signature d'un protocole d'accord en vue de créer une joint-venture commune. L'objectif est ici de concevoir, développer et commercialiser des systèmes électro-optiques et infrarouge (EO/IR) embarqués sur drones. Un segment en plein essor, à la croisée des besoins en surveillance, en renseignement et en désignation d'objectifs militaires.

La collaboration entre les deux entreprises portera sur des solutions optroniques de nouvelle génération, autrement dit, des systèmes de vision embarqués qui combinent caméras et capteurs infrarouge. Parmi eux, des gimbals stabilisés de moins de 8 kilogrammes, ces nacelles rotatives qui permettent à un drone de filmer ou cibler avec précision, même en plein vol. L'idée est de mettre au point des systèmes compatibles avec un maximum de plateformes différentes, sans dépendre d'un modèle de drone en particulier. Safran y apporte son expertise en stabilisation et en systèmes de surveillance ISR, tandis que Theon livre son savoir-faire en capteurs optiques avancés.

Au rang des réactions, Christian Hadjiminas, fondateur et PDG de Theon (dont il détient la majorité des parts, pour l'anecdote), parle d'une « étape charnière » pour son entreprise. Chez Safran, Alexandre Ziegler évoque « un pas concret vers la souveraineté technologique de l'Europe dans un domaine de défense critique ». Une ambition on ne peut plus claire, alors que le Vieux Continent redouble d'efforts pour s'affirmer dans le domaine des drones militaires.