Orange Business a annoncé, mardi, le lancement d'« Orange Drone Guardian », première solution souveraine de lutte anti-drones en mode « as a Service » européenne. L'offre, boostée par l'IA, s'appuie sur le réseau d'Orange pour protéger les infrastructures critiques.

Les incidents impliquant des drones malveillants, souvent civils, se multiplient au-dessus des infrastructures critiques françaises. Pour y répondre, Orange Business a eu l'idée d'utiliser ses propres antennes télécoms, soit près de 20 000 réparties sur tout le territoire, comme capteurs de détection anti-drones. Il n'y a ici pas d'équipement coûteux à acheter ni d'installation complexe à faire, puisqu'Orange Drone Guardian, le nom de cette solution, fonctionne sur abonnement, avec l'IA et la 5G comme moteurs. La lutte contre les petits aéronefs prend une nouvelle trajectoire.
Orange transforme ses antennes télécoms en système de surveillance anti-drones
Ce mardi 17 mars 2026, Orange Business a officialisé Orange Drone Guardian, présentée comme la première solution de lutte anti-drones en mode « as a Service » (en tant que service) en Europe. Elle offre aux sites industriels, aux aéroports, aux ports ou aux organisateurs de grands événements un outil capable de détecter les drones intrusifs, sans qu'ils aient à investir dans leur propre équipement. Pour construire cette offre, Orange a misé sur ce qu'il possède déjà, à savoir l'un des réseaux télécoms les plus étendus d'Europe.
Le réseau TOTEM, qui porte le nom de la filiale d'Orange qui gère ses 19 700 pylônes et tours d'antennes implantés partout en France, est au cœur du dispositif. Des infrastructures habituellement dédiées à la téléphonie mobile prennent ici un nouveau rôle, celui d'accueillir les capteurs chargés de détecter les drones suspects. Concrètement, les clients d'Orange Drone Guardian n'ont aucun équipement à installer ni à entretenir, car le réseau existe déjà, et il suffit de l'activer pour la surveillance.
Une fois détectés, les drones sont analysés grâce à Cloud Avenue SecNum, la plateforme cloud souveraine d'Orange, certifiée par l'ANSSI (le gendarme français de la cybersécurité) et hébergée dans un datacenter à Grenoble. Les données collectées par les capteurs remontent ensuite vers un centre de supervision entièrement basé en France, où des experts humains les analysent en temps réel, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

La solution anti-drones d'Orange pensée pour s'adapter à l'ère de la 5G et de l'IA
Jusqu'ici, se doter d'un système anti-drones impliquait des investissements matériels considérables, souvent réservés aux plus grandes organisations. Orange Drone Guardian casse ce modèle, car la solution fonctionne comme un abonnement, à la manière d'un service de streaming, mais pour la sécurité aérienne. Un port, une usine, un festival de musique peuvent ainsi accéder à une surveillance en temps réel, adaptée à leurs besoins spécifiques, sans débourser des millions en équipements.
Orange Drone Guardian ne se contente pas de signaler la présence d'un drone, mais l'identifie et détermine s'il représente une menace, y compris au cœur des villes, où le trafic radio rend la détection particulièrement difficile. Un logiciel centralise et analyse en temps réel toutes les données issues des capteurs pour prendre ces décisions. Et la solution est déjà pensée pour évoluer. Demain, elle pourra s'appuyer sur les réseaux 5G pour détecter les drones à distance, sans même nécessiter de capteurs physiques supplémentaires.
« Cette solution, pionnière en France et en Europe, répond aux enjeux de protection de sites sensibles de nos clients », réagit Nassima Auvray, directrice Défense & Sécurité d'Orange Business. On parle ici d'un vrai lancement symbolique pour l'entreprise, d'autant plus que cette direction n'existe que depuis moins d'un an, et voilà qu'Orange Drone Guardian est déjà sa première offre concrète. Le message est clair, le groupe Orange ne veut plus seulement connecter la France, il veut aussi la protéger.