Après sa gamme Aura, XGIMI lance Mira, une nouvelle gamme de vidéoprojecteurs à ultra-courte focale plus abordables. Le Mira mise notamment sur une image 4K UHD, le triple laser RGB, le Dolby Vision et un mode gaming 240 Hz. Mais ce tarif plus contenu implique quelques concessions.

Le Mira est plus compact, mais surtout plus léger que l'Aura 2. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic
Le Mira est plus compact, mais surtout plus léger que l'Aura 2. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Faire baisser le prix des vidéoprojecteurs à ultra-courte focale : voilà le pari de XGIMI avec sa nouvelle gamme Mira. Mais rendre cette technologie plus accessible implique-t-il nécessairement quelques concessions ?

Les vidéoprojecteurs à ultra-courte focale restent généralement des appareils coûteux, notamment lorsqu'ils proposent une définition 4K UHD. Sur les modèles UST 4K haut de gamme, la facture dépasse fréquemment les 2 000 euros. C’est le cas notamment avec l'Awol Vision Aetherion Max ou encore le Formovie Theater Premium. À 1 699 euros, le Mira se positionne donc nettement plus bas que de nombreux modèles UST 4K haut de gamme. Sur le papier, XGIMI ne fait pourtant pas l'impasse sur les principales fonctions attendues, avec une image 4K UHD, du HDR10+, du Dolby Vision et un système audio Harman/Kardon de 36 W. Nous avons testé le Mira pendant deux semaines.

Testé & Approuvé
8  / 10
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Meilleurs prix

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Les plus
  • Design soigné et élégant
  • Connectique généreuse
  • Très bon rendu HDR dans nos conditions de test
  • DBLE efficace pour renforcer le contraste perçu
  • Interface Google TV fluide
  • Mode gaming 1080p / 240 Hz très réactif
  • Tarif inférieur à bien des concurrents ...
Les moins
  • Performances audio en retrait
  • Rendu parfois trop saturé à pleine puissance lumineuse
  • Télécommande seulement partiellement rétroéclairée
  • ... mais nécessite une toile technique coûteuse

Unboxing et premières impressions

Le contenu de la boîte est réduit à l’essentiel : le Mira, sa télécommande Bluetooth et son alimentation externe. Cette dernière intègre un transformateur assez imposant, qu’il faudra prévoir de dissimuler derrière le meuble TV.

La télécommande est élégante et légère, mais elle n'est que partiellement rétroéclairée, ce qui peut compliquer son utilisation dans une pièce sombre.

La télécommande est rétro-éclairée, mais pas intégralement. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Dès les premiers instants, on le constate, le Mira est un bel objet, avec une qualité de fabrication qui inspire confiance. Il est un peu plus compact que l'Aura, avec des dimensions de 464 × 268 × 122 mm, soit 4,6 cm de moins en largeur, 2 mm de moins en profondeur et 2,2 cm de moins en hauteur. Une différence à noter avec l'Aura cependant, le Mira n’a pas de cache intégré sur sa partie supérieure. Rien de dramatique toutefois. Autre différence notable, le poids : 9 kilos pour l'Aura 2 contre seulement 4,8 kilos pour le Mira.

L'appareil adopte trois tons de couleurs très proches. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Une bonne partie de la surface est recouverte d'un tissu beige, qui apporte une finition chaleureuse à l'appareil. Le reste est composé d'un plastique beige, qui laisse transparaître une qualité de fabrication très correcte.

La connectique couvre l’essentiel des besoins d’une installation moderne. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

C’est au dos que se situe naturellement la connectique, assez riche par ailleurs. On y trouve en effet le connecteur d’alimentation, une sortie auxiliaire 3,5 mm, une sortie optique, une entrée RJ45, mais également deux ports USB-A et trois HDMI, dont un compatible eARC. Le Mira dispose également du Wi-Fi 6 et du Bluetooth 5.2.

Qualité d'image

Le Mira peut offrir une image de 80 à 120 pouces, avec un rapport de projection de 0,175:1. XGIMI annonce une distance d'environ 19,3 cm entre l'arrière du boîtier et le mur, pour une image de 100 pouces. Nous avons positionné l'appareil à 18,6 cm du mur précisément.

Le DBLE permet d'améliorer nettement le contraste. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Le Mira affiche une image 4K UHD (3 840 × 2 160 pixels) grâce à la technologie XPR de Texas Instruments, mais ne repose pas sur une matrice DMD 4K native. Il est doté d’une puce DMD de 0,39", dont la matrice physique de 1 920 × 1 080 micromiroirs exploite le pixel-shifting pour afficher une image en 4K Ultra HD. La technologie XPR décale rapidement plusieurs sous-images afin de reconstituer une image 4K UHD à partir de la matrice DMD. La source lumineuse repose par ailleurs sur un triple laser RGB, une architecture qui permet au Mira d'afficher une large gamme de couleurs.

XGIMI annonce 2 000 lumens ISO pour le Mira, contre 3 000 lumens ISO pour le Mira Pro. Pour exploiter pleinement cette luminosité, mieux vaut toutefois privilégier une pièce peu éclairée, notamment avec une image de grande taille.

À pleine puissance, certaines teintes très saturées deviennent moins naturelles. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Grâce aux réglages automatiques d'XGIMI, l'image peut être automatiquement ajustée aux dimensions de l'écran. En plus, grâce à la technologie ISA 5.0, il est possible de corriger la forme de l'image pour qu'elle épouse le cadre de l'écran. Le système applique une correction numérique qui recadre les pixels afin de compenser les distorsions.

Cette correction numérique compense les distorsions, mais mieux vaut obtenir un alignement physique aussi précis que possible afin de préserver la netteté. Le procédé fonctionne surtout sur une surface régulière : sur un mur hétérogène, papier peint ou présentant des éléments décoratifs, la correction automatique peut échouer.

Une fois l’appareil placé sur un meuble TV, à un peu moins de 20 centimètres du mur, l'image peut être correctement alignée avec l'écran. Attention toutefois, les vidéoprojecteurs laser ultra-courte focale sont très précis. Avec un UST, la moindre irrégularité de planéité de la surface de projection peut devenir très visible à l'image.

Le système s'appuie sur différents capteurs pour automatiser l'alignement et la mise au point. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Même sans traitement dynamique, le Mira délivre à l’œil un contraste déjà convaincant, avec des noirs suffisamment denses pour un projecteur DLP de cette catégorie. XGIMI annonce par ailleurs un contraste pouvant atteindre jusqu'à 20 000:1 avec le DBLE activé. En effet, le Mira dispose également du DBLE (Dynamic Black Level Enhancement), un système de contraste dynamique qui adapte le comportement de la source lumineuse au contenu affiché. Sur les scènes majoritairement sombres, son activation permet d’abaisser sensiblement le niveau de noir et de renforcer le contraste perçu.

Cette valeur ne doit toutefois pas être confondue avec le contraste natif du vidéoprojecteur. À l’usage, le gain est surtout perceptible dans les séquences nocturnes ou faiblement éclairées, où les tons sombres gagnent en densité.

Le gain est particulièrement visible sur certaines scènes sombres, nous en avons fait l’expérience sur Top Gun: Maverick. En revanche, à pleine puissance lumineuse, nous avons constaté une saturation excessive sur certains tons, qui deviennent alors moins naturels.

Avec un mur pas droit, la distorsion se constate. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

En HDR, le Mira exploite bien sa source triple laser : les couleurs gagnent en intensité et les hautes lumières se détachent davantage du reste de l’image. Le Dolby Vision apporte également une meilleure lisibilité des scènes présentant simultanément des zones très sombres et très lumineuses. Le rendu reste néanmoins dépendant du réglage de puissance lumineuse, puisque nous avons observé quelques excès à pleine puissance.

Le Mira propose plusieurs niveaux d’interpolation MEMC. Le traitement améliore nettement la lisibilité des mouvements rapides et peut également réduire les saccades visibles sur certains travellings en 24p. Les niveaux les plus élevés produisent toutefois un rendu très lisse qui dénature la cadence cinéma ; un réglage intermédiaire constitue selon nous le meilleur compromis. À un niveau élevé, l’interpolation produit cependant un effet "soap opera", avec une fluidité artificielle qui modifie sensiblement le rendu cinématographique.

Avec la luminosité maximale, la saturation peut être excessive sur les tons très clairs. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

En usage nocturne, nous avons trouvé le meilleur compromis autour de 85 % de la puissance lumineuse maximale : l'image conserve suffisamment de luminosité tout en limitant la saturation excessive observée à pleine puissance.

Côté technologies, le Mira prend en charge les formats HDR10+, Dolby Vision et HLG. Dans nos conditions de test, le passage au HDR apporte un gain visible, notamment dans la gestion des hautes lumières et la richesse des couleurs.

Le speckle s’est montré très discret sur la toile technique utilisée pendant notre test et ne nous a pas gênés durant le visionnage. Son intensité pouvant varier selon la surface de projection, ce constat n’est toutefois pas nécessairement généralisable à toutes les installations.

Est-il nécessaire d’avoir un écran avec le XGIMI Mira ?

Un écran n'est pas indispensable au fonctionnement du Mira, mais il est vivement recommandé pour exploiter pleinement les capacités de ce type de projecteur. C'est certes un coût supplémentaire, mais il permet d'obtenir une image plus homogène et un meilleur contraste dans de bonnes conditions.

Avec un UST, la planéité de la toile est déterminante, la lumière étant projetée avec un angle très rasant. Une toile déroulable non tensionnée peut créer des ondulations visibles à l'image. Mieux vaut privilégier un écran fixe, ou à défaut une toile déroulable correctement tensionnée.

Sur un mur blanc, le rendu peut être davantage affecté par la lumière ambiante et les caractéristiques de la surface. En plus, la lumière reflétée par un mur blanc vient souvent perturber le contraste. Une toile UST ALR/CLR est conçue pour diriger la lumière du projecteur vers le spectateur tout en rejetant une partie de celle provenant d'autres directions, ce qui améliore sensiblement le rendu des noirs et des couleurs, y compris en HDR.

Que nous réserve le XGIMI Mira au quotidien ?

Audio

Lors des premiers tests du Aura, j’étais impressionné par la qualité audio. Toutefois, utilisant un JMGO O2S Ultra au quotidien, je trouve le rendu du Mira moins convaincant sur le plan audio.

Le caisson de basses se situe au-dessous de l'appareil. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Le système Harman/Kardon développe une puissance totale annoncée de 36 W, répartie entre deux haut-parleurs large bande de 8 W et un module de grave de 20 W. À l’écoute, le résultat reste toutefois en retrait de l’Aura 2 et du JMGO O2S Ultra que nous utilisons régulièrement.

Les dialogues restent correctement intelligibles et la scène sonore offre une largeur satisfaisante, mais le grave manque d’assise et les scènes les plus dynamiques perdent en impact. Pour un usage home cinéma régulier, l’ajout d’une barre de son ou d’un système dédié nous paraît souhaitable.

Dans notre pièce de test et à notre distance d’écoute habituelle, nous avons généralement utilisé le volume autour de 45 % pour obtenir un niveau confortable. Cette valeur dépend évidemment fortement de la pièce et de la distance d’écoute.

Concernant la ventilation, à l'usage, le Mira s'est montré plutôt discret. Nous n’avons jamais été dérangés par la ventilation de l’appareil pendant le visionnage de film, même après plus de quatre heures de fonctionnement.

Interface et fonctionnalités

Le XGIMI Mira tourne sous Google TV. L'interface propose maintenant l’intégration de Gemini au moment de notre test, permettant de formuler des requêtes plus aisément. C’est le cas notamment quand nous lui avons demandé des films sur la thématique de l'aviation, les résultats étaient meilleurs qu’avec l’ancienne recherche classique.

La page d'accueil de Google TV reste fidèle à elle-même. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Nous avons retrouvé les principales plateformes de streaming, parmi lesquelles Netflix, HBO Max, Prime Video, France.tv, Arte et bien d'autres. L'interface en elle-même a quelque peu évolué, sans pour autant changer radicalement.

Gemini apporte plus de précision que Google Assistant. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic
L'intégration de Gemini est un vrai plus, avec la possibilité de faire des commandes à la voix, comme avec Google Assistant. Cependant, le chatbot IA de Google peut offrir des réponses plus complètes.

À la question "Qui est le héros dans OSS 117 et quel acteur en joue le rôle ?", Gemini répond correctement et de manière complète, en annonçant la source utilisée (ici : Télérama). Ainsi, on peut lui demander des thématiques de films avec nettement plus de précision que ce qu'offrait Google Assistant.

Gaming

Le XGIMI Mira dispose d'un mode jeu qui permet de passer de l'affichage 4K UHD à 60 Hz à du Full HD à 240 Hz. Le Mira prend également en charge le VRR, avec une plage annoncée de 48 à 240 Hz en Full HD. Cette technologie synchronise dynamiquement la fréquence d’affichage du projecteur avec le débit d’images de la source afin de limiter les déchirures d’image. L’ALLM est également pris en charge et permet au projecteur de basculer automatiquement vers son mode à faible latence lorsqu’une source compatible est détectée.

Le mode Projector Super Frame permet de privilégier la fluidité en passant d’un affichage 4K UHD à 60 Hz à du Full HD pouvant atteindre 240 Hz. Le VRR est lui aussi limité au 1080p, tandis que la 4K reste plafonnée à 60 Hz.

Pour les amateurs de jeu en très grand écran, cette configuration est particulièrement intéressante. En effet, avec une latence annoncée de 1 ms en Full HD à 240 Hz, VRR activé, cela en fait un projecteur particulièrement intéressant pour le gaming sur très grand écran. Cependant, il ne remplacera pas un écran gaming pour tous les usages. En effet, si Farming Simulator ou Grand Theft Auto V sont parfaitement jouables, pour les jeux compétitifs comme Counter-Strike 2 ou Valorant, le Mira ne vaut pas un écran gaming dédié, plus adapté aux mouvements rapides et au jeu à courte distance.

Test XGIMI Mira : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
8 / 10
Testé & Approuvé

Le XGIMI Mira ne cherche pas à révolutionner la vidéoprojection à ultra-courte focale. Sa réussite est ailleurs. Il rend ce format nettement plus facile à envisager sans donner l'impression de faire un compromis permanent. Une fois correctement installé, il délivre une image suffisamment convaincante pour faire oublier son positionnement tarifaire, tout en restant agréable à utiliser au quotidien.

Mais son prix ne fait pas disparaître les contraintes propres à l'ultra-courte focale. Le choix de la surface de projection est déterminant, et c'est probablement le principal élément à anticiper avant l'achat. Le Mira peut fonctionner sur un mur, mais son potentiel s'exprime réellement avec une installation adaptée. Il faut également composer avec un système audio correct sans être exceptionnel et quelques limites dans le traitement de l'image, notamment lorsque la luminosité est poussée au maximum.

Au final, le Mira nous paraît surtout intéressant pour celui qui veut passer à l'UST sans construire toute son installation autour d'un vidéoprojecteur haut de gamme. Il offre suffisamment de polyvalence pour servir aussi bien au cinéma qu'au streaming ou à un peu de gaming, sans multiplier les compromis.

Les plus
  • Design soigné et élégant
  • Connectique généreuse
  • Très bon rendu HDR dans nos conditions de test
  • DBLE efficace pour renforcer le contraste perçu
  • Interface Google TV fluide
  • Mode gaming 1080p / 240 Hz très réactif
  • Tarif inférieur à bien des concurrents ...
Les moins
  • Performances audio en retrait
  • Rendu parfois trop saturé à pleine puissance lumineuse
  • Télécommande seulement partiellement rétroéclairée
  • ... mais nécessite une toile technique coûteuse
Sous-notes
Qualité vidéo
8
Qualité audio
6
Design
9
Connectivité
9
Interface
8

Fiche technique XGIMI Mira

Résumé
Source lumineuseLaser
Entrées vidéoHDMI (x3)
Technologie de projectionDLP
Résolution native4K UHD
Luminosité2000 ISO Lumens
Norme HDRHDR10+
Bruit annoncé32dB
Caractéristiques techniques
Système d'exploitationGoogle TV
Source lumineuseLaser
Type de puce0,39" DMD
Consommation annoncée200W
Consommation en veille0.5W
Connectiques
Entrées vidéoHDMI (x3)
Sorties audioAudio numérique S/PDIF Optique
Connecteur(s) additionnelsUSB Type A (x2)
Connectivité
Wi-FiOui
Version Wi-Fi6
BluetoothOui
Version Bluetooth5.2
EthernetOui
Assistant vocalGoogle Assistant
Projection
Technologie de projectionDLP
Résolution native4K UHD
Luminosité2000 ISO Lumens
Taux de contraste natif20 000:1
Norme HDRHDR10+
Bruit annoncé32dB
Ratio de focale0,175:1
Caractéristiques physiques
Hauteur122mm
Largeur464mm
Profondeur268mm
Poids4.8kg
Haut-parleursHarman Kardon de 36 W