Le Nebula P1 part d’une idée toute simple, mais plutôt maline : permettre au son de venir du bon endroit ! Sur ce vidéoprojecteur Full HD, les deux enceintes ne sont pas figées dans le châssis. Elles se détachent, fonctionnent sur batterie et peuvent être placées de part et d’autre de l’écran, comme de petites enceintes stéréo.

Le Nebula P1 semble haut, mais sa taille diminue quand on en retire les enceintes. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic
Le Nebula P1 semble haut, mais sa taille diminue quand on en retire les enceintes. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Sur le papier, le concept répond à un vrai problème. Un vidéoprojecteur classique se pose souvent devant soi, sur une table basse, ou parfois derrière le canapé. Dans les deux cas, le son ne vient pas forcément de l’image. Avec ses satellites amovibles, Anker tente donc de corriger cette faiblesse sans imposer l’achat d’une barre de son ou d’enceintes externes.

L’idée est bonne, et même assez rare sur un modèle de cette catégorie. Reste à savoir si elle suffit à faire du Nebula P1 un vidéoprojecteur vraiment convaincant. Car un bon concept ne compense pas toujours les limites d’image, de luminosité ou de connectique. Nous l’avons utilisé pendant une semaine pour voir si ces enceintes détachables changent réellement l’expérience… ou si elles masquent surtout les compromis du projecteur.

Les plus
  • Enceintes détachables réellement utiles
  • Scène stéréo plus convaincante que la moyenne
  • Image Full HD agréable dans une pièce sombre
  • Très bonne autonomie des satellites
  • Google TV stable et complet
  • Télécommande rétroéclairée
  • Alimentation USB-C avec câble détachable
Les moins
  • Luminosité trop juste pour ce niveau de prix
  • Usage fortement limité aux pièces sombres
  • Noirs et scènes sombres peu profonds
  • Connectique minimaliste
  • Flux d’air chaud parfois gênant selon l’installation
  • Pas de fonctions avancées d’ajustement à l’écran

Unboxing et premières impressions

Le Nebula P1 va droit au but. Dans la boîte, on trouve le vidéoprojecteur, sa télécommande, deux piles AAA et un adaptateur secteur USB-C avec câble détachable. Ce dernier point est appréciable : en cas de souci avec le bloc d’alimentation ou le câble, il sera plus simple de le remplacer qu’avec une alimentation propriétaire.

Le vrai élément distinctif se trouve évidemment sur les côtés de l’appareil. Les deux enceintes se détachent du châssis et fonctionnent sur batterie. Elles peuvent aussi être rechargées séparément en USB-C, ce qui permet de les replacer autour de l’écran sans devoir systématiquement les remettre sur le projecteur entre deux séances.

Les enceintes détachables sont un vrai plus pour une immersion sonore. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

La télécommande laisse également une bonne impression. Elle est simple, dotée de raccourcis vers les principales plateformes de streaming, et surtout rétroéclairée sur la plupart de ses touches. C’est un détail, mais sur un vidéoprojecteur que l’on utilise souvent dans la pénombre, il compte davantage qu’il n’y paraît.

La télécommande dispose de raccourcis vers des applications de streaming. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Le design du Nebula P1 intrigue au premier regard. L’appareil prend la forme d’un bloc vertical assez haut, mais son encombrement change une fois les enceintes retirées. Le module central bascule pour révéler, d’un côté, l’optique de projection, et de l’autre, la connectique. L’ensemble paraît bien assemblé, avec des éléments qui se verrouillent correctement et une finition sérieuse pour cette gamme de prix.

La télécommande dispose de raccourcis vers des applications de streaming. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Reste que cette conception atypique n’est pas qu’une affaire de style. Elle conditionne aussi l’installation du projecteur, le placement des enceintes et, plus largement, la façon dont on l’utilise au quotidien.

Qualité d'image

Le Nebula P1 repose sur une puce DLP de 0,23 pouce associée à une source lumineuse à quatre LED. C’est une architecture assez classique sur les vidéoprojecteurs compacts : elle permet de contenir la chauffe, le bruit de ventilation et l’encombrement, tout en conservant une durée de vie confortable pour la source lumineuse. En contrepartie, elle ne permet pas au P1 de rivaliser avec des modèles plus imposants, parfois équipés d’une puce DLP plus grande ou d’une source lumineuse plus puissante.

Niveau colorimétrie, le Nebula P1 propose de belles prestations. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

C’est d’ailleurs sur la luminosité que le Nebula P1 montre le plus vite ses limites. Anker annonce 650 lumens ANSI, mais à l’usage, il faut très vite contrôler la lumière ambiante pour obtenir une image convaincante. Dans une pièce en journée, même avec la luminosité réglée à 100 %, l’image manque d’impact et paraît vite délavée. Pour profiter correctement d’un film ou d’une série, il faut fermer les volets, éteindre la plupart des lumières et se contenter, au mieux, d’une petite lampe d’appoint. C'est dommage, car nous avons parfois eu la sensation de nous retrouver sur le Dangbei N2 Mini, un appareil bien moins cher et avec une luminosité bien inférieure.

Sur Top Gun: Maverick, les prestations sont satisfaisantes. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

La définition de 1 920 x 1 080 pixels suffit pour profiter d’une grande diagonale sans sensation de flou excessive, à condition de ne pas trop pousser la taille d’image. Sur notre installation, il a fallu placer le projecteur à environ 2,7 mètres de l’écran pour obtenir une image de 100 pouces. À cette diagonale, le piqué reste correct, même si l’on ne retrouve évidemment pas la finesse d’un modèle 4K ou d’un projecteur mieux armé optiquement.

La colorimétrie constitue l’un des bons points du Nebula P1. Les couleurs sont bien tenues pour un appareil de cette catégorie, avec un rendu globalement naturel sur les scènes lumineuses. Les visages ne virent pas à l’orange, les tons clairs restent propres et l’image évite l’effet trop froid ou trop saturé que l’on rencontre encore souvent sur certains projecteurs compacts. Le P1 se montre donc assez plaisant sur des contenus lumineux, des films d’animation, des séries ou des programmes TV regardés dans une pièce sombre.

Sur une série Prime Video, les tons sombres sont légèrement étouffés. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Les limites apparaissent davantage dans les scènes sombres. Les noirs manquent de profondeur, les arrière-plans perdent parfois en lisibilité et certains détails finissent par se fondre dans les zones les plus bouchées. Ce n’est pas surprenant pour un projecteur LED compact de cette gamme, mais cela rappelle que le Nebula P1 n’est pas taillé pour une vraie séance cinéma exigeante. Sur des films très contrastés ou riches en scènes nocturnes, l’image reste regardable, mais elle manque de relief.

Est-il nécessaire d'avoir un écran avec le Nebula P1 ?

L’usage d’un écran de projection n’est pas indispensable, mais il reste préférable si l’on veut tirer le meilleur de l’appareil. Un mur blanc propre peut suffire pour un usage occasionnel, à condition qu’il soit bien plat et neutre. Avec un écran, l’image gagne surtout en régularité et en confort, même si le P1 n’a pas assez de réserve lumineuse pour transformer radicalement l’expérience. Dans tous les cas, la règle reste la même : plus la pièce est sombre et plus la diagonale reste raisonnable, plus le Nebula P1 se montre convaincant.

Que nous réserve le Anker Nebula P1 au quotidien ?

Audio

C’est évidemment sur la partie audio que le Nebula P1 se distingue le plus clairement de la concurrence. Les deux enceintes détachables ne relèvent pas du simple gadget : elles changent réellement la façon d’installer et d’utiliser le vidéoprojecteur. Une fois déverrouillés, les deux satellites peuvent être placés de part et d’autre de l’écran, sur un meuble TV ou une étagère, afin de rapprocher le son de l’image plutôt que de le laisser sortir du projecteur.

Les satellites se détachent en les déverrouillant via le bouton dédié. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Le bénéfice est surtout visible dans les petites pièces, où le vidéoprojecteur se retrouve souvent posé devant le canapé, sur une table basse, ou au contraire installé derrière les spectateurs. Dans ces deux cas, les enceintes amovibles évitent d’avoir un son qui vient du mauvais endroit. Bien positionnées, elles offrent une vraie scène stéréo, plus large et plus naturelle que celle d’un projecteur compact classique.

Avec une puissance totale de 20 W, soit 2 x 10 W, le rendu est convaincant pour un système intégré. Les voix restent claires, le volume suffit pour une séance dans un salon de taille raisonnable et la latence ne nous a pas semblé perceptible à l’usage. Il ne faut toutefois pas attendre le niveau d’impact d’une vraie barre de son : les basses restent limitées et les scènes d’action, comme celles de Top Gun: Maverick, manquent forcément d’assise. Le résultat reste néanmoins très correct, et même supérieur à ce que proposent la plupart des vidéoprojecteurs compacts.

On peut placer les satellites où bon nous semble. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

L’autonomie des enceintes constitue un autre bon point. En conditions réelles, nous avons relevé environ 18 à 19 heures d’utilisation, ce qui permet d’enchaîner plusieurs films ou soirées sans avoir à les recharger systématiquement. Le fait qu’elles disposent chacune d’un port USB-C est également pratique, puisqu’il n’est pas indispensable de les replacer sur le projecteur pour refaire le plein.

Le Nebula P1 reste en revanche moins convaincant sur les nuisances sonores. La ventilation demeure assez discrète pendant un film, mais son orientation peut poser problème selon l’installation. Placé sur une table basse, le projecteur souffle vers l’arrière, donc potentiellement vers les spectateurs. Ce n’est pas rédhibitoire, mais le flux d’air chaud peut devenir désagréable, notamment en été ou dans une petite pièce.

Interface et fonctionnalités

Côté interface, Anker s’appuie sur Google TV, avec une configuration simple depuis un smartphone Android ou un iPhone. L’environnement est connu, stable et suffisamment complet, avec l’accès aux principales applications de streaming, dont Netflix, Prime Video, YouTube, Arte, Molotov ou Paramount+. La télécommande rétroéclairée participe aussi au confort d’usage, surtout dans une pièce sombre.

Google TV propose divers contenus sur toutes les plateformes disponibles. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

La connectique reste en revanche minimale. On retrouve une entrée HDMI, un port USB-A et une sortie casque au format jack 3,5 mm. Cette dernière peut dépanner, mais son intérêt reste limité sur un vidéoprojecteur qui doit être placé à distance de l’écran. Pour brancher une barre de son ou un système audio externe, on préférera donc passer par le HDMI ou par une solution sans fil lorsque c’est possible.

On peut choisir les plateformes de streaming à installer lors de la configuration. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

L’installation est facilitée par l’autofocus et la correction automatique du trapèze, qui permettent d’obtenir une image nette et correctement alignée en quelques secondes. Le Nebula P1 ne propose pas pour autant les raffinements de certains modèles plus haut de gamme, comme l’ajustement automatique aux bords de l’écran ou l’évitement d’obstacles. Ce n’est pas forcément gênant pour un usage occasionnel ou domestique, mais cela rappelle que le P1 reste un vidéoprojecteur compact pensé avant tout pour la simplicité.

Les réglages d'image du Nebula P1. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Test Anker Nebula P1 : l'avis de Clubic

Conclusion
Note générale
7 / 10

Le Nebula P1 est l’un de ces produits que l’on a envie de saluer pour l’idée, avant même de juger son exécution. En misant sur deux enceintes détachables, Anker ne se contente pas d’ajouter une fonction originale à son vidéoprojecteur : il répond à un vrai problème d’usage. Le son ne vient plus forcément du projecteur, mais peut être rapproché de l’image, ce qui change réellement l’expérience au quotidien.

Sur ce point, le pari est réussi. Les deux satellites ne sont pas un gadget, leur autonomie est confortable, la scène stéréo gagne en ampleur et le rendu audio se montre supérieur à ce que proposent beaucoup de vidéoprojecteurs compacts. Le Nebula P1 profite aussi d’une interface Google TV agréable, d’une télécommande rétroéclairée, d’une conception sérieuse et d’une image Full HD globalement plaisante dans de bonnes conditions.

Mais ces bonnes idées se heurtent vite à une limite difficile à ignorer : la luminosité. Le P1 réclame une pièce sombre, une lumière ambiante très faible et une diagonale raisonnable pour donner le meilleur de lui-même. Dès que les conditions se compliquent, l’image perd en impact et paraît trop vite délavée. À ce niveau de prix, c’est une concession importante, d’autant que certains concurrents privilégient une image plus lumineuse, quitte à se montrer moins convaincants sur la partie sonore.

Le Nebula P1 s’adresse donc à un public assez précis : ceux qui cherchent un vidéoprojecteur simple, bien pensé, avec un vrai plus audio intégré, et qui regardent surtout leurs films ou séries le soir, dans une pièce maîtrisée. Pour une utilisation en pleine journée, pour suivre le Tour de France l’après-midi ou pour remplacer un téléviseur dans un salon lumineux, mieux vaut passer son chemin.

Les plus
  • Enceintes détachables réellement utiles
  • Scène stéréo plus convaincante que la moyenne
  • Image Full HD agréable dans une pièce sombre
  • Très bonne autonomie des satellites
  • Google TV stable et complet
  • Télécommande rétroéclairée
  • Alimentation USB-C avec câble détachable
Les moins
  • Luminosité trop juste pour ce niveau de prix
  • Usage fortement limité aux pièces sombres
  • Noirs et scènes sombres peu profonds
  • Connectique minimaliste
  • Flux d’air chaud parfois gênant selon l’installation
  • Pas de fonctions avancées d’ajustement à l’écran
Sous-notes
Qualité vidéo
7
Qualité audio
8
Design
8
Connectivité
7

Fiche technique Nebula P1

Résumé
Source lumineuseLED
Entrées vidéoHDMI 2.1
Technologie de projectionDLP
Résolution native1920 x 1080 pixels
Luminosité650 lumens ISO
Bruit annoncé27dB
Caractéristiques techniques
Système d'exploitationGoogle TV
Source lumineuseLED
Type de puce0,23" DMD
Consommation annoncée100W
Consommation en veille0.5W
Connectiques
Entrées vidéoHDMI 2.1
Sorties audioPrise Casque - Jack 3.5mm
Connecteur(s) additionnelsUSB Type C, USB Type A
Connectivité
Wi-FiOui
Version Wi-Fi5
BluetoothOui
Version Bluetooth5.1
Projection
Technologie de projectionDLP
Résolution native1920 x 1080 pixels
Luminosité650 lumens ISO
Durée de vie de l'éclairage25,000h
Taux de contraste natif400:1
Bruit annoncé27dB
Ratio de focale1,2:1
Correction trapézoïdale horizontaleAutomatique
Correction trapézoïdale verticaleAutomatique
Caractéristiques physiques
Hauteur281.9mm
Largeur124.5mm
Profondeur129.5mm
Poids3.2kg
Haut-parleurs2x haut-parleurs Bluetooth détachables de 10 W