Le XGIMI TITAN Noir Max ne veut pas seulement projeter plus grand et plus lumineux. Avec son triple laser RGB, son double iris mécanique et sa puce DLP 0,47” SST, il promet surtout de réconcilier le DLP avec les scènes sombres, avec pour objectif de faire plus noir que noir. Pari réussi ?

Le Titan Noir Max n'est autre que le projecteur le plus ambitieux de XGIMI jusqu'à aujourd'hui. © Matthieu Legouge
Le Titan Noir Max n'est autre que le projecteur le plus ambitieux de XGIMI jusqu'à aujourd'hui. © Matthieu Legouge

Un vidéoprojecteur DLP très lumineux, ce n’est plus vraiment une rareté. Un DLP capable de garder de la profondeur dans les scènes sombres, c’est déjà une autre histoire. C’est tout l’enjeu du TITAN Noir Max : faire oublier l’un des vieux défauts de cette technologie, sans renoncer à ce qui fait sa force, à savoir une image précise, puissante et taillée pour les grandes bases.

Les plus
  • Très grosse réserve lumineuse, idéale pour les grandes bases
  • Image dense, précise et souvent spectaculaire
  • Progrès net sur les noirs pour un DLP lumineux
  • Double iris et DBLE réellement utiles
  • Triple laser RGB très généreux côté couleurs
  • Zoom optique et lens shift très pratiques à l’installation
  • Absence de Smart OS plutôt cohérente sur ce type de produit
Les moins
  • Projecteur à apprivoiser, pas vraiment plug and play
  • Choix de la toile déterminant
  • Bloc d’alimentation encombrant
  • Audio intégré correct, mais insuffisant face à l’ambition de l’image

Test réalisé sur un exemplaire prêté par la marque

XGIMI annonce ici un produit très ambitieux : source triple laser RGB, luminosité maximale de 7 000 ISO lumens, contraste annoncé jusqu’à 10 000:1, compatibilité Dolby Vision, HDR10+, IMAX Enhanced, double iris mécanique, zoom optique 0,98–2,0:1, lens shift motorisé, le tout dénué d’interface type Google TV. Le message est clair : le TITAN Noir Max ne vient pas jouer dans la même cour que les projecteurs lifestyle habituels de la marque.

Au-delà de cette belle fiche technique, nous avons voulu savoir ce que donne ce vidéoprojecteur atypique dans une vraie installation.

Unboxing et premières impressions

XGIMI annonce la couleur dès le déballage du projecteur. Le TITAN Noir Max n’est pas un petit projecteur compact dans un carton passe-partout, mais une machine beaucoup plus sérieuse, protégée dans une grosse valise de transport. L’effet est réussi puisqu’on a immédiatement le sentiment de manipuler un produit à part dans le catalogue de la marque.

© Matthieu Legouge
© Matthieu Legouge

Le projecteur lui-même est massif, dense et clairement pensé pour rester en place. On est loin de l’esprit des modèles plus lifestyle… Et transportables d’une pièce à l’autre. Le TITAN Noir Max peut évidemment être posé sur un meuble, mais son format, son poids d’environ 8 kg, son bloc d’alimentation externe et ses possibilités d’installation l’orientent plutôt vers une configuration fixe ou semi-fixe.

Le design reste sobre, avec une vraie impression de robustesse. Les pieds participent à l’identité visuelle du produit, même s’ils ne plairont pas forcément à tout le monde. Ils ont au moins le mérite de surélever l’appareil et de laisser respirer la ventilation, un point à ne pas négliger sur un projecteur aussi lumineux. Le bloc d’alimentation, lui, est particulièrement imposant. Ce n’est pas dramatique, mais il faudra y penser au moment de l’installation, surtout si le projecteur doit finir au plafond ou dans un meuble fermé.

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La connectique est complète pour un usage home cinéma : trois entrées HDMI, dont une compatible eARC, de l’USB 3.0, de l’USB 2.0, de l’Ethernet, une sortie optique et une sortie audio analogique. XGIMI fait en revanche l’impasse sur un vrai système Smart TV. Pas de Google TV intégré, pas d’applications de streaming installées, pas de raccourcis Netflix ou Disney+ qui encombrent la télécommande.

Sur un produit plus grand public, ce choix pourrait sembler frustrant. Ici, il est plutôt cohérent. Le TITAN Noir Max est pensé pour être associé à une source externe, un bon lecteur Blu-ray UHD, un PC ou une station avec processeur vidéo, ou encore, pourquoi pas, une console ou une box TV type NVIDIA Shield.

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L’installation est l’un des grands points forts de l’appareil. Le zoom optique offre une belle marge de placement, tandis que le lens shift motorisé simplifie énormément l’alignement de l’image. C’est exactement ce que l’on attend d’un projecteur de cette catégorie : pouvoir l’installer proprement sans devoir abuser de la correction trapézoïdale numérique. L’autofocus et les aides logicielles sont pratiques, mais on prendra tout de même le temps d’affiner les réglages à la main pour obtenir le meilleur résultat possible.

Qualité d'image

Côté image, il est clair que ce TITAN Noir Max impressionne d’abord par sa réserve lumineuse. Dans notre configuration, avec une base de 120
pouces, l’image ne donne jamais l’impression de manquer de souffle. Elle reste dense et percutante, même lorsque l’on cherche un rendu plus posé en baissant la puissance lumineuse ou en fermant davantage l’iris. C’est sans doute l’un des premiers points qui différencient ce modèle de projecteurs plus classiques : il donne une vraie marge de manœuvre.

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Il faut toutefois se méfier de cette puissance. Dans une pièce sombre, avec une base raisonnable, le projecteur peut vite devenir trop démonstratif si l’on choisit un mode très lumineux. L’image gagne alors en éclat, mais elle perd en naturel et peut devenir fatigante sur la durée. Dans notre cas, les modes Film et Filmmaker nous ont semblé les plus équilibrés.

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Le vrai sujet, évidemment, c’est le contraste. XGIMI a beaucoup insisté sur la notion de noir, et à l’œil, le progrès est bien visible par rapport à ce que l’on associe souvent aux DLP très lumineux. Les scènes sombres ont davantage de tenue, les noirs paraissent moins délavés et l’image évite plus souvent ce voile gris qui peut casser l’immersion dans les séquences nocturnes. Le double iris mécanique et le traitement DBLE jouent ici un rôle important. Ils ne transforment pas le TITAN Noir Max en projecteur à matrice native haut contraste, mais ils permettent au DLP de franchir un vrai cap.

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Le réglage de l’iris devient donc central. En mode dynamique, le projecteur cherche le compromis le plus simple : conserver de la luminosité quand l’image en a besoin, tout en renforçant les noirs dans les scènes plus sombres. C’est le réglage le plus confortable au quotidien. Sur notre exemplaire, les positions fixes de l’iris ont toutefois donné un rendu plus convaincant sur certaines scènes sombres, ce que j’ai notamment remarqué en visionnant Interstellar. L’image gagne alors en profondeur, mais la perte de luminosité devient visible sur les scènes plus claires.

Le triple laser RGB apporte de son côté des couleurs très riches. Les contenus HDR, les films d’animation, les paysages très colorés ou les scènes lumineuses profitent d’une image éclatante, avec une belle impression de relief. Là encore, il faut éviter de se laisser séduire trop vite par les modes les plus flatteurs. Ils impressionnent au premier regard, mais peuvent pousser les couleurs, durcir l’image ou rendre les visages moins naturels. En partant d’un mode plus sage, le TITAN Noir Max trouve un meilleur équilibre entre intensité et crédibilité.

Sur Tenet, le Titan Noir Max révèle des détails qui sont souvent moins perceptibles qu'avec d'autres vidéoprojecteurs. © Matthieu Legouge

En HDR, le projecteur a de sérieux arguments. Sa luminosité donne du poids aux reflets, aux sources lumineuses et aux scènes à fort contraste, tandis que la meilleure tenue des noirs aide les séquences plus sombres à conserver de la profondeur. Sur Tenet, Blade Runner 2049, ou encore sur Dune: Part Two, le rendu nous a paru particulièrement convaincant, avec une image à la fois ample et dynamique. Sur des scènes très lumineuses, le projecteur peut toutefois privilégier l’éclat au détriment de la subtilité dans les hautes lumières, selon le mode choisi.

© Matthieu Legouge

La fluidité mérite aussi un peu d’attention. Dans notre configuration, les contenus 24p se sont montrés parfois sujets à un léger judder sans compensation de mouvement. Le MEMC peut aider sur les panoramiques, le sport ou certains contenus très dynamiques, mais il faut rester prudent pour ne pas donner aux films un aspect trop vidéo. À faible dose, le traitement peut améliorer la lisibilité sans trop trahir le rendu cinéma. Poussé trop loin, l’effet caméscope apparaît rapidement.

Est-il nécessaire d’avoir un écran avec le XGIMI Titan Noir Max ?

Le TITAN Noir Max peut évidemment projeter sur un mur blanc, mais ce serait passer à côté d’une partie de son potentiel. Avec une telle réserve lumineuse, la toile devient presque un élément du réglage : elle influence l’éclat de l’image, la profondeur des noirs, le speckle éventuel et le confort de visionnage.

Dans une pièce bien contrôlée, une toile blanche mate à gain neutre reste le choix le plus sûr, surtout si l’on veut préserver la luminosité et limiter les effets indésirables liés au triple laser. Pour renforcer le noir perçu, une toile grise à gain modéré peut aussi être très pertinente, le TITAN Noir Max ayant assez de réserve pour compenser la perte de lumière. Les toiles techniques ou ALR peuvent avoir du sens en pièce de vie, mais elles demandent davantage de prudence : selon leur structure, elles peuvent accentuer le speckle, la brillance ou les défauts d’uniformité.

En clair, mieux vaut éviter les toiles à gain trop élevé avec ce projecteur. Une toile neutre, mate, bien tendue, ou une toile grise de qualité, sera souvent plus cohérente qu’un écran cherchant à maximiser encore la luminosité. C’est aussi ce qui détermine l’intérêt du Max : inutilement généreux sur une petite base en salle sombre, beaucoup plus logique sur une grande image ou avec une toile qui absorbe un peu de lumière.

Que nous réserve le XGIMI Titan Noir Max au quotidien ?

Audio et nuisances sonores

Comme souvent chez XGIMI, la partie audio intégrée est soignée. Les deux haut-parleurs Harman Kardon de 12 W offrent un rendu propre, clair, suffisant pour un usage ponctuel. Les voix sont bien mises en avant et l’ensemble ne donne pas l’impression d’un simple haut-parleur de secours.

Mais l’image du TITAN Noir Max appelle clairement mieux. Sur une grande base, avec un film spectaculaire, des effets surround, des basses fréquences et une bande-son ambitieuse, le système intégré montre vite ses limites. Il manque d’ampleur, de grave et de spatialisation pour accompagner correctement ce que le projecteur affiche. Sur un produit de ce niveau, un système audio externe n’est pas un luxe, mais presque une évidence.

La bonne surprise vient plutôt du bruit de fonctionnement. Dans notre configuration, le TITAN Noir Max a su se faire discret. La ventilation reste présente, mais elle ne prend pas le dessus et disparaît assez vite derrière la bande-son. C’est d’autant plus appréciable que l’appareil dispose d’une grosse réserve lumineuse.

Il faut simplement éviter de juger le projecteur sur ses modes les plus extrêmes. Quand on pousse la luminosité au maximum, le bruit augmente, la consommation aussi, et l’image perd en cohérence. Ces modes peuvent avoir un intérêt ponctuel dans des cas très particuliers, mais ce n’est clairement pas là que le TITAN Noir Max donne le meilleur de lui-même. En usage home cinéma, mieux vaut privilégier un réglage plus équilibré, plus silencieux et plus agréable sur la durée.

Interface et fonctionnalités

L’absence de Smart OS transforme un peu la philosophie du produit. Le TITAN Noir Max n’essaie pas de tout faire tout seul. Il se concentre sur la projection, les réglages et le traitement d’image. Cela impose d’utiliser une source externe, mais ce n’est pas vraiment un problème dans le cadre d’une installation home cinéma.

© Matthieu Legouge

L’interface proposée par XGIMI est riche, parfois même très riche. On retrouve de nombreux modes image, des réglages avancés de colorimétrie, plusieurs options de contraste, la gestion de l’iris, le DBLE, le tone mapping dynamique, le Dolby Vision, l’anti-RBE, la compensation de mouvement, les réglages d’installation et les fonctions liées au jeu. C’est complet, et surtout beaucoup plus ouvert que ce que l’on trouve sur les modèles lifestyle classiques de la marque.

Cette richesse a toutefois une contrepartie : il faut accepter de passer un peu de temps dans les menus. Le TITAN Noir Max n’est pas un projecteur que l’on règle une fois au hasard avant de l’oublier complètement. Les modes image ont une vraie influence, l’iris change profondément la perception de l’image, le DBLE peut modifier le rendu des scènes sombres, et l’anti-RBE doit être évalué selon sa propre sensibilité.

La télécommande reste agréable, même si l’on aurait apprécié un rétroéclairage plus complet. Les aides à l’installation sont efficaces, et le projecteur conserve une certaine simplicité d’usage une fois les bons réglages trouvés. Mais il faut bien comprendre que ce modèle s’adresse davantage à un utilisateur prêt à optimiser son image qu’à quelqu’un qui veut simplement brancher une clé HDMI et ne plus jamais toucher aux paramètres.

Gaming

Le TITAN Noir Max dispose d’une fiche technique très séduisante pour le jeu vidéo. XGIMI annonce une latence très basse dans certaines conditions, une compatibilité 4K 60 Hz, du 1080p jusqu’à 240 Hz, le VRR, l’ALLM et une barre de jeu intégrée. Sur le papier, la marque coche donc beaucoup de cases.

À l’usage, le potentiel est bien là. Jouer sur une très grande image, avec autant de luminosité et un bon niveau de détail, reste une expérience assez folle. Les jeux d’aventure, de course, de sport ou les titres solo spectaculaires profitent immédiatement de l’ampleur de l’image. Le projecteur donne cette sensation de cinéma interactif qui reste difficile à obtenir sur un téléviseur, même très grand.

Dans notre configuration, sur PC avec une GeForce RTX 5080, le mode jeu s’est montré convaincant et parfait pour explorer des titres comme Black Myth Wukong. La latence n’a pas impacté nos sessions de jeu et se montre assez contenue pour offrir une bonne expérience.

Test XGIMI Titan Noir Max : l'avis de Clubic

Conclusion
Note générale
10 / 10

Le TITAN Noir Max est probablement le projecteur XGIMI le plus intéressant du moment, pas parce qu’il pousse tous les curseurs plus loin, mais parce qu’il tente de résoudre le bon problème : le noir. C’est là que ce modèle se distingue vraiment d’un simple DLP très lumineux.

Son image peut être superbe, avec une vraie sensation de densité, beaucoup d’impact en HDR et une précision qui flatte les grandes bases. Le double iris et le DBLE ne sont pas de simples arguments marketing : ils changent réellement la perception des scènes sombres, à condition de trouver le bon équilibre entre profondeur des noirs et luminosité disponible.

Ce n’est pas un projecteur que l’on conseille les yeux fermés à tout le monde. Il faut une toile cohérente, une base suffisamment grande pour exploiter sa réserve lumineuse, et l’envie de passer un peu de temps dans les réglages. Sur une petite image en salle sombre, le Max peut même sembler excessif face aux autres modèles de la gamme.

C’est donc moins un projecteur "plug and play" qu’une machine à apprivoiser. Mais dans une installation adaptée, il montre que le DLP peut encore progresser là où on l’attendait le plus.

Les plus
  • Très grosse réserve lumineuse, idéale pour les grandes bases
  • Image dense, précise et souvent spectaculaire
  • Progrès net sur les noirs pour un DLP lumineux
  • Double iris et DBLE réellement utiles
  • Triple laser RGB très généreux côté couleurs
  • Zoom optique et lens shift très pratiques à l’installation
  • Absence de Smart OS plutôt cohérente sur ce type de produit
Les moins
  • Projecteur à apprivoiser, pas vraiment plug and play
  • Choix de la toile déterminant
  • Bloc d’alimentation encombrant
  • Audio intégré correct, mais insuffisant face à l’ambition de l’image
Sous-notes
Qualité vidéo
10
Qualité audio
8
Design
9
Connectivité
9

Fiche technique Xgimi Titan Noir Max

Résumé
Source lumineuseLaser
Entrées vidéoHDMI 2.1
Technologie de projectionDLP
Résolution native3840 x 2160 pixels
Norme HDRHDR10+, Dolby Vision
Caractéristiques techniques
Système d'exploitationGoogle TV
Source lumineuseLaser
Type de puce0,47" DMD
Consommation en veille0.5W
Connectiques
Entrées vidéoHDMI 2.1
Sorties audioAudio numérique S/PDIF Optique, Prise Casque - Jack 3.5mm
Connecteur(s) additionnelsUSB Type A
Connectivité
Wi-FiOui
BluetoothOui
Projection
Technologie de projectionDLP
Résolution native3840 x 2160 pixels
Norme HDRHDR10+, Dolby Vision