Le Samsung S99H dans sa version 55 pouces. © Matthieu Legouge
Le Samsung S99H dans sa version 55 pouces. © Matthieu Legouge

Avec le S99H, Samsung ne se contente pas de faire évoluer son OLED haut de gamme. Le constructeur pousse sa technologie QD-OLED dans ses retranchements, tout en l’habillant d’un design bien plus affirmé, pensé autant pour l’image que pour l’intégration dans le salon. Nous avons testé la version 55 pouces de ce téléviseur très ambitieux et on vous donne notre avis sur ce nouveau modèle.

Les plus
  • Pic lumineux HDR exceptionnel pour un OLED
  • Excellente couverture colorimétrique
  • Très belle richesse des couleurs en hautes lumières
  • Traitement antireflet très efficace
  • Très bonnes performances gaming : 4K 165 Hz, VRR, faible input lag
  • Quatre entrées HDMI 2.1
  • Interface Tizen fluide et complète avec son Mode Art
  • Design affirmé, surtout en installation murale
Les moins
  • Pas de Dolby Vision, ni de DTS
  • Noirs moins profonds en forte lumière ambiante
  • Audio correct, mais pas au niveau de l’image
  • Boîtier One Connect sans fil optionnel
  • Un design affirmé, mais clivant
  • Pieds non réglables en hauteur

Chez Samsung, les téléviseurs OLED ont longtemps avancé avec une idée assez claire : proposer une image spectaculaire, lumineuse, très colorée, et taillée pour les usages modernes, du streaming HDR au jeu vidéo. Avec le S99H, le constructeur coréen va plus loin. Il livre un modèle qui ne cherche pas seulement à prendre la relève des précédents fleurons QD-OLED de la marque , mais qui veut aussi s’imposer comme un objet à part, un peu à la manière d'un The Frame, avec un cadre métallique assumé, un accès à l’Art Store et une approche plus "décorative" que celle des OLED traditionnels.

Le Samsung S99H arrive donc avec une double promesse. D’un côté, celle d’un téléviseur OLED de très haut niveau, porté par une dalle QD-OLED annoncée plus lumineuse, un processeur NQ4 AI Gen 3, quatre entrées HDMI capables de monter jusqu’à 165 Hz et toute la panoplie gaming attendue sur un modèle premium. De l’autre, celle d’un écran plus polyvalent au quotidien, capable de mieux composer avec les pièces lumineuses grâce à son traitement antireflet Glare Free, et la volonté de faire parti du décor lorsqu'il n'est pas utilisé.

Cette montée en gamme tient-elles toutes ses promesses ? Car au tarif affiché pour ce S99H, il doit convaincre sur tous les terrains : la qualité d’image bien sûr, la justesse des modes proposés, la gestion du HDR, l’audio, l’interface Tizen enrichie par les fonctions IA, et ce fameux design qui pourra séduire autant qu’il pourra diviser. C’est ce que nous allons vérifier avec le Samsung 55S99H, la version 55 pouces de ce nouveau fleuron OLED.

Performances et qualité d'image :

Nos mesures

Le Samsung S99H repose, sur cette version 55 pouces, sur une dalle QD-OLED de dernière génération. C’est un point important, car toutes les diagonales de la série ne partagent pas exactement la même technologie : les modèles 55, 65 et 77 pouces exploitent bien une dalle QD-OLED de Samsung Display, tandis que la variante de 83 pouces est équipée d'une dalle OLED signée LG Display.

Samsung associe cette dalle à son processeur NQ4 AI Gen 3, chargé de l’upscaling, de la gestion du mouvement, du tone mapping HDR et des différents traitements maison. Comme souvent chez le constructeur, les modes d’image les plus démonstratifs cherchent à produire une image très lumineuse, très nette, presque immédiatement flatteuse. Pour juger plus précisément les capacités du téléviseur, nous avons donc privilégié le mode Filmmaker, mieux adapté à l’évaluation de la fidélité colorimétrique.

Cliquez ici pour voir nos mesures SDR

En SDR, le bilan est sérieux, sans être totalement irréprochable. Nous relevons une température de couleurs moyenne de 6152 K, soit une image légèrement plus chaude que la référence D65 attendue. Le gamma moyen, mesuré à 2,395, est en revanche très proche de la cible 2,4, ce qui convient bien à un usage cinéma dans une pièce sombre.

L’échelle de gris confirme une très légère dérive. Le Delta E moyen mesuré atteint 3,3, une valeur qui traduit des écarts perceptibles pour un œil exercé. La balance RVB montre une dominante rouge qui progresse dans les hautes lumières, tandis que le vert et le bleu restent un peu en retrait. Cela donne une image légèrement plus chaude que la référence, pas forcément désagréable au quotidien cela dit.

La colorimétrie SDR se montre convaincante elle-aussi. En mode Filmmaker, nous relevons un Delta E moyen de 2,13, avec un maximum à 5,26. La moyenne reste donc sous le seuil de 3, généralement considéré comme la limite à partir de laquelle les écarts deviennent perceptibles à l’œil. Certaines teintes s’éloignent toutefois davantage de la référence, ce qui empêche de parler d’un rendu parfaitement neutre sans calibration.

La suite de nos mesures en HDR

C’est surtout en HDR que le S99H révèle son potentiel, malgré (comme de coutume avec Samsung) l'absence de Dolby Vision. La précision colorimétrique HDR constitue d’abord un très bon point.

En mode Filmmaker, nous mesurons un Delta E moyen de 1,9, avec un maximum à 4,17. Le téléviseur reste donc très bien maîtrisé dans l’ensemble, malgré quelques écarts ponctuels. Ce résultat est d’autant plus intéressant que le S99H ne joue pas la carte d’un HDR timide : il cherche clairement à produire une image très lumineuse, mais sans sacrifier la justesse colorimétrique.

La luminance constitue évidemment l’un des grands arguments de ce modèle. Sur une fenêtre de 10 %, nous avons mesuré un pic lumineux de 2801 cd/m², une valeur exceptionnelle pour une dalle OLED. Ce chiffre place le Samsung 55S99H parmi les téléviseurs OLED les plus lumineux passés entre nos mains. Il illustre aussi l’évolution du QD-OLED chez Samsung : le constructeur ne cherche plus seulement à valoriser le contraste et la richesse des couleurs, mais à rapprocher son OLED des meilleurs MiniLED sur l’impact HDR, tout en conservant les avantages du pixel auto-émissif.

Le mode Dynamique permet d’aller encore beaucoup plus loin, avec un pic lumineux qui dépasse les 4500 cd/m². Cette valeur spectaculaire montre la réserve dont dispose la dalle, mais elle doit être interprétée pour ce qu’elle est : une démonstration de puissance, pas un réglage recommandé pour profiter d’un film ou d’une série dans de bonnes conditions. Dans ce mode, l’image privilégie l’éclat et l’impact immédiat au détriment de la fidélité.

Nos mesures de luminosité en fonction de la taille de la mire permettent de mieux comprendre son comportement. Le téléviseur conserve un niveau très élevé sur les petites fenêtres, jusqu’à atteindre son pic autour de 10 %. La baisse intervient ensuite progressivement, avec environ 1400 cd/m² sur une fenêtre de 25 %, autour de 800 cd/m² à 50 %, puis 489 cd/m² en plein écran. Pour un OLED, cette tenue est remarquable. Le S99H ne se contente pas de produire de courts éclats lumineux sur de très petites surfaces ; il conserve aussi une vraie réserve lorsque l’image s’illumine plus largement, ce qui profite directement aux scènes extérieures, aux paysages enneigés, aux ciels très lumineux ou aux plans HDR fortement exposés.

BT.2020
UHDA-P3

Nos mesures de couverture colorimétrique viennent enfin confirmer l’intérêt du QD-OLED. Le Samsung 55S99H couvre 99,98 % du DCI-P3, soit pratiquement l’intégralité de l’espace utilisé par la majorité des contenus HDR actuels. Plus significatif encore, il atteint 86,33 % du BT.2020, une valeur élevée qui traduit la capacité de cette technologie à produire des couleurs très étendues.

Nos impressions sur le rendu à l'image

Sur le papier, le S99H poursuit le travail engagé par Samsung depuis plusieurs générations autour du QD-OLED, à la différence qu'ici on perçoit tout de suite le regain d'ambition du constructeur autour de cette technologie. L’image cherche clairement à conjuguer deux qualités qui ne vont pas toujours ensemble : la force démonstrative d’un téléviseur très lumineux, pensé pour impressionner en HDR, et la précision d’un écran OLED capable de conserver une lecture fine des nuances, des textures et des faibles écarts de luminance. C’est cette combinaison qui donne au S99H son caractère. L’image a du relief, de la densité et une vraie puissance dans les hautes lumières, sans pour autant se contenter de pousser la luminosité ou la saturation.

Le S99H profite de sa dalle QD-OLED pour offrir une image lumineuse, dense et très colorée, sans perdre la précision propre à l’OLED.. © Matthieu Legouge

Le premier élément qui joue en la faveur de ce S99H, c’est la manière dont le téléviseur gère la lumière. Les sources lumineuses ponctuelles gagnent en intensité sans venir polluer le reste de l’image, ce qui reste l’un des grands avantages de l’OLED face aux meilleurs MiniLED. Un phare dans la nuit, un reflet métallique, une braise, un ciel très lumineux derrière un sujet sombre : le S99H sait isoler ces éléments avec une grande précision, sans halo visible ni débordement. Cette gestion donne beaucoup de profondeur aux scènes contrastées, car l’image conserve à la fois des noirs solides, des détails dans les basses lumières et des pics lumineux qui ne paraissent jamais simplement plaqués au-dessus du plan.

Naturellement, ce travail sur la lumière se ressent surtout en HDR. Le S99H donne une impression de réserve, comme si l’image avait toujours un peu de marge pour faire monter une source lumineuse ou renforcer un contraste local sans écraser le reste. Sur les contenus bien masterisés, cette réserve permet de conserver de la matière dans les hautes lumières, et par conséquent un bon niveau de détails dans les zones lumineuses. Elles gardent des variations, du modelé, une texture. C’est particulièrement visible sur les ciels, les reflets sur les carrosseries, les éclairages urbains ou encore dans les scènes de science-fiction, où la dynamique lumineuse participe vraiment à la composition de l’image.

Les hautes lumières conservent une belle matière, avec des couleurs qui restent présentes même lorsque l’image gagne en intensité. © Matthieu Legouge

L'autre bel avantage de Samsung avec le QD-OLED, c'est évidemment la couleur, un point sur lequel le S99H sait être très convaincant. Samsung conserve cette capacité à produire des teintes franches, très denses, sans que l’image ne bascule nécessairement dans une saturation "caricaturale" lorsque le bon mode est sélectionné. Les couleurs conservent une certaine présence dans les hautes lumières, ce qui donne au rendu HDR une ampleur que les OLED plus classiques n’atteignent pas toujours avec la même facilité. Les carnations, elles, demandent davantage d’attention selon les réglages. Les modes les plus démonstratifs peuvent donner une image plus froide, plus accentuée, parfois flatteuse au premier regard, mais moins naturelle sur toutes ces tons de peau. Le mode Filmmaker reste donc le point de départ le plus cohérent pour profiter du potentiel de la dalle sans trop laisser les traitements prendre le dessus.

Le traitement vidéo du S99H se montre efficace avec les sources propres, en conservant du détail sans trop accentuer les contours. © Matthieu Legouge

Samsung pousse évidemment ses traitements d’image et ses fonctions IA, mais le S99H rappelle qu’une belle image ne se résume pas à un excès de netteté ou de contraste. Les modes les plus assistés donnent parfois un rendu plus spectaculaire, avec une image très lumineuse, très définie, presque trop propre. Cela peut fonctionner sur certains contenus très compressés ou sur des programmes TV, mais ce n’est pas là que le téléviseur se montre le plus convaincant. Son meilleur visage apparaît lorsque les traitements restent mesurés, avec de bonnes sources.

Dans les scènes sombres, le S99H produit une superbe image qui ne manque pas de détails. © Matthieu Legouge

Il faut toutefois bien noter que le S99H a un comportement atypique, qu'on ne retrouve que sur les OLED de la marque équipés du revêtement OLED Glare Free. Dans la pénombre, le S99H profite de toute la densité attendue d’une dalle OLED : les noirs sont profonds, les dégradés dans les ombres restent propres et les détails ne disparaissent pas brutalement dans les scènes nocturnes. Le traitement antireflet Glare Free change toutefois la perception de l’image selon l’environnement. Dans une pièce lumineuse, son efficacité est remarquable : les reflets directs sont très fortement atténués, les fenêtres, lampes et sources parasites deviennent beaucoup moins gênantes, et le téléviseur reste parfaitement exploitable en pleine journée. C’est un vrai avantage au quotidien, surtout pour un OLED. En contrepartie, lorsque la lumière ambiante est forte, le noir perçu peut perdre de sa profondeur et se montrer légèrement voilé, comme nous l'avions déjà relevé sur le Samsung S95D l'an passé. Il ne s’agit pas d’un défaut simple à trancher, mais d’un compromis. Un OLED brillant gardera parfois un noir plus abyssal dans des conditions idéales ; le S99H, lui, privilégie une meilleure lisibilité réelle dans une pièce de vie.

L'OLED Glare Free joue parfaitement son rôle en journée. © Matthieu Legouge

Le traitement vidéo se montre globalement à la hauteur du positionnement du modèle. Les sources 4K propres sont évidemment celles qui mettent le mieux en valeur la dalle, avec une image précise, texturée, très stable. Sur des sources Full HD de bonne qualité, l’upscaling conserve une belle finesse sans donner l’impression de lisser à outrance. Les visages, les vêtements, les arrière-plans ou les petits détails restent bien définis, sans cet effet artificiellement découpé que l’on peut parfois observer lorsque la netteté est trop poussée. Avec des sources plus compressées, le téléviseur ne fait pas de miracle, mais il parvient à contenir le bruit et les artefacts sans trop gommer la matière de l’image. C’est un équilibre appréciable, même si les contenus très pauvres rappellent évidemment les limites de n’importe quel traitement vidéo.

Du côté de la gestion de mouvements, la grande réactivité de la dalle rend les saccades du 24p plus visibles lorsque toute interpolation est désactivée. Le mode Filmmaker conserve cette cadence cinéma, avec ses qualités et ses aspérités. Les réglages de compensation peuvent aider à stabiliser certaines scènes, mais il faut rester raisonnable. Poussée trop haut, l’interpolation donne une image trop fluide, plus vidéo que cinéma. Un réglage léger permet de trouver un bon compromis, notamment sur les séries, le sport ou certains contenus très dynamiques.

Enfin, comme de coutume, l’absence de Dolby Vision reste le grand angle mort de Samsung. Le S99H prouve qu’un excellent HDR10, bien géré par un téléviseur très lumineux, peut offrir une image spectaculaire et souvent très maîtrisée. Le HDR10+ permet aussi de profiter de métadonnées dynamiques sur les contenus compatibles. Mais sur un modèle aussi premium, ce manque de polyvalence demeure difficile à ignorer à l'heure où de nombreux constructeurs proposent HDR10 comme Dolby Vision.

Expérience au quotidien

Le S99H doit aussi convaincre comme téléviseur principal, celui que l’on utilise au quotidien pour regarder une série, suivre un match de football, jouer ou naviguer entre plusieurs plateformes. C’est souvent sur ces usages ordinaires qu’un modèle haut de gamme révèle tout son potentiel. Grâce à son traitement antireflet, à une interface Tizen toujours plus complète, à une section gaming très solide et à des fonctions IA de plus en plus présentes, le Samsung S99H donne le sentiment d’un téléviseur pensé autant comme écran cinéma que comme hub central du salon.

Audio

Samsung annonce un système audio ambitieux pour un téléviseur aussi fin, avec une compatibilité Dolby Atmos, traitement OTS+ et la possibilité de fonctionner de concert avec une barre de son de la marque grâce à Q-Symphony.

Dans les faits, le S99H offre une restitution suffisamment solide pour accompagner les usages courants sans trop de frustration. Les voix restent bien centrées, les dialogues se détachent correctement du reste du mixage, et la scène sonore conserve une certaine ampleur, un bon point notamment sur les programmes TV.

Il ne faut toutefois pas attendre de ce téléviseur qu’il remplace une vraie installation audio. La restitution garde les limites habituelles d’un châssis fin : les basses manquent d’assise, l’impact physique reste contenu et la verticalité promise par le Dolby Atmos demeure plus suggestive que réellement enveloppante. Sur les films d’action, les bandes-son très chargées ou les scènes qui demandent une vraie ampleur dynamique, une bonne barre de son ou un système dédié permettront clairement de mieux accompagner la qualité d’image du S99H.

Le S99H s’en sort donc honorablement, surtout si l’on tient compte de son design et de son intégration. Mais c’est aussi le type de téléviseur qui mérite mieux que son système embarqué, à l'image d'autres téléviseurs OLED qui misent sur le design, comme nous l'avions relevé avec le LG OLED G5.

Interface et fonctionnalités

Le S99H repose sur Tizen, désormais habillé par une interface qui s’inspire davantage de l’écosystème One UI de Samsung avec pas mal de changements à la clé par rapport à la génération précédente. L’ensemble reste dense, parfois un peu trop chargé, mais la navigation gagne en fluidité grâce à des panneaux mieux organisés et à un accès plus direct aux principaux univers : accueil, applications, jeux, contenus en direct, fonctions connectées ou encore Art Mode. On retrouve rapidement ses services de streaming, les sources connectées et les réglages essentiels, sans forcément devoir plonger dans les menus.

Vision AI regroupe les nouvelles fonctions intelligentes de Samsung, entre recherche de contenus, suggestions contextuelles et assistants intégrés. © Matthieu Legouge

Samsung conserve l’un des écosystèmes les plus complets du marché. Les grandes plateformes sont présentes, les fonctions de diffusion depuis un smartphone sont nombreuses, SmartThings permet de contrôler une partie de la maison connectée, et Samsung TV Plus continue d’occuper une place importante dans l’interface. Le téléviseur peut ainsi devenir un vrai centre de contrôle du salon, à condition d’être déjà un minimum investi dans l’écosystème Samsung ou de ne pas être allergique à cette logique de portail très complet.

La nouveauté la plus visible concerne les fonctions IA. Vision AI, Live Translate, Copilot, Perplexity, suggestions contextuelles, fonds génératifs ou réglages automatiques : Samsung multiplie les portes d’entrée. Certaines fonctions ont un intérêt concret, notamment lorsqu’elles facilitent la recherche de contenus, l’accessibilité ou l’ajustement du son, à l'image de certains traitements audio plus ciblés, dont un mode pensé pour le football. L’idée est de pouvoir rééquilibrer les commentaires et l’ambiance du stade, afin de privilégier les voix ou, au contraire, l’atmosphère du match. La fonction reste assez spécifique, mais elle illustre plutôt bien l’approche de Samsung cette année : l’IA n’est pas toujours indispensable, mais elle peut avoir du sens lorsqu’elle répond à un usage très concret.

Avec son cadre métallique et son écran mat, le S99H se prête particulièrement bien à l’affichage d’œuvres ou de photos lorsqu’il n’est pas utilisé. © Matthieu Legouge

Cette profusion donne parfois l’impression que Samsung veut faire du téléviseur bien plus qu’un écran. L’ambition est compréhensible, mais elle peut aussi brouiller l’expérience. Les fonctions vraiment utiles gagneraient à être mieux hiérarchisées, tandis que certains modules IA paraissent encore accessoires. À l’usage, le plus important reste heureusement bien en place : l’interface est fluide, les applications se lancent rapidement, les réglages restent accessibles et le téléviseur ne donne pas l’impression de freiner l’expérience.

Le mode Art participe aussi à l’identité particulière du S99H. Avec son cadre métallique et son écran mat, le téléviseur se prête mieux que beaucoup d’OLED à l’affichage d’œuvres ou de photos lorsqu’il n’est pas utilisé. Il ne remplace pas totalement l’expérience d’un The Frame, notamment parce que son intégration lifestyle n’est pas aussi poussée, mais il apporte une dimension décorative cohérente avec le design du produit. C’est un vrai plus pour celles et ceux qui veulent éviter le grand rectangle noir au milieu du salon.

© Matthieu Legouge

Samsung ajoute aussi un Daily Board, une sorte de tableau de bord qui peut s’afficher lorsqu’une présence est détectée à proximité du téléviseur. L’idée est de faire apparaître quelques informations utiles, météo, rappels, recommandations ou éléments liés à la maison connectée, sans avoir à lancer pleinement l’interface. La fonction reste secondaire, mais elle va dans le sens de ce que Samsung cherche à faire avec le S99H : transformer le téléviseur en objet de salon actif.

Gaming

Le S99H coche presque toutes les cases attendues d’un téléviseur gaming premium. Ses quatre entrées HDMI 2.1 prennent en charge la 4K jusqu’à 165 Hz, le VRR, l’ALLM, FreeSync Premium Pro et la compatibilité G-Sync, ce qui permet de connecter consoles, PC et barre de son sans trop de compromis. En jeu, l’OLED conserve ses avantages habituels : réactivité immédiate, noirs parfaitement découpés, absence de blooming et très bonne lisibilité dans les scènes sombres comme dans les effets HDR plus intenses.

L'input lag sur le Samsung S99H
Mode Jeu activéMode Jeu désactivé
Input lag mesuré (à 60 Hz)9,2 ms97,7 ms

Le téléviseur prend surtout tout son sens avec un PC capable d’exploiter les hautes fréquences, même si la 4K à 144 ou 165 Hz restera réservée aux configurations solides. La Game Bar reste pratique pour vérifier rapidement le VRR, le HDR ou la fréquence d’affichage sans quitter la partie. Comme toujours avec l’OLED, il faudra simplement garder en tête les précautions liées aux éléments statiques et surveiller l’éventuel VRR flicker dans certaines scènes sombres, sans que cela remette en cause les excellentes dispositions du S99H pour le jeu.

Consommation électrique

En SDR, avec une mire blanche de 10 % calibrée à 150 cd/m², nous avons relevé une consommation de 59,9 W. Rapportée à la surface de la dalle de 55 pouces, cela correspond à environ 72 W/m², une valeur contenue pour un téléviseur OLED de cette catégorie.

Design et connectiques

Le S99H marque une rupture assez nette avec l’idée que l’on se fait habituellement d’un téléviseur OLED haut de gamme. Là où beaucoup de modèles cherchent à disparaître derrière une dalle ultrafine et des bordures presque invisibles, Samsung choisit ici d’assumer davantage la présence de l’objet. Le cadre métallique qui entoure l’écran donne au téléviseur une personnalité immédiatement reconnaissable, plus proche d’un tableau contemporain que d’un simple écran posé dans le salon.

Le cadre métallique donne au S99H une personnalité plus affirmée qu’un OLED classique, mais ce choix esthétique pourra diviser. © Matthieu Legouge

Clairement, ce choix esthétique pourra diviser. Il apporte une vraie cohérence avec le mode Art et l’écran mat, mais il rend aussi le S99H moins neutre qu’un Samsung S95H ou qu’un OLED plus classique. Samsung ne cherche pas ici à effacer totalement le téléviseur ; il tente plutôt de l’intégrer comme un élément décoratif à part entière. Dans le cadre d'une installation murale, cette approche prend tout son sens. Le cadre, la finesse générale et le traitement antireflet contribuent à atténuer l’effet "rectangle noir", surtout lorsque le téléviseur affiche une œuvre.

Le design du S99H joue sur un effet de profondeur, avec une dalle qui semble se détacher légèrement de son cadre. © Matthieu Legouge

Pour le reste, la construction inspire confiance, avec un châssis fin, un dos proprement organisé et des passages de câbles pensés pour une installation soignée. Le S99H peut être posé sur ses deux pieds latéraux trèscsimples à installer mais leur écart impose un meuble assez large et l’absence de réglage en hauteur limite un peu la souplesse.

L’installation murale reste toutefois le scénario le plus cohérent avec ce design, d’autant que le téléviseur peut être associé à un boîtier One Connect sans fil, proposé en option selon les configurations. Il permet de déporter les sources et les câbles loin de l’écran, un vrai plus pour une intégration très épurée, mais son absence de base pèse forcément dans l’équation tarifaire. Sans lui, la connectique intégrée reste complète : quatre HDMI 2.1 dont un eARC, deux ports USB, sortie optique, Ethernet, entrées antenne et satellite, Wi-Fi 6E, Bluetooth 5.3, AirPlay et Google Cast. Le S99H n’est donc pas seulement bien équipé ; il ajoute surtout à l’ADN OLED premium de Samsung une dimension plus décorative et assumée, qui séduira davantage ceux qui veulent un écran capable d’exister dans le salon même en dehors d'une session cinéma ou d'un match de foot !

Test Samsung S99H : l'avis de Clubic

Conclusion
Note générale
9 / 10
Prix d'excellence

Avec son S99H, Samsung livre l’un de ses OLED les plus aboutis du moment. La dalle QD-OLED franchit un vrai cap en luminosité, tout en conservant ce qui fait la force de cette technologie : un contraste pixel par pixel, une excellente richesse colorimétrique et une image HDR à la fois dense, lumineuse et très précise. Le téléviseur impressionne surtout par sa capacité à produire des hautes lumières très intenses sans perdre trop de la matière de l’image.

Le S99H n’est pas seulement un excellent téléviseur cinéma. C’est aussi un modèle très polyvalent, à l’aise en pièce lumineuse grâce à son traitement antireflet, très solide en gaming avec ses quatre HDMI 2.1 et sa compatibilité 4K 165 Hz, et plus assumé que jamais côté design. Son cadre métallique et son accès au mode Art lui donnent une vraie personnalité, même si cette approche plus décorative ne plaira pas à tout le monde.

Quelques limites demeurent : l’absence de Dolby Vision, même si ce n'est évidemment pas une surprise, reste difficile à accepter sur un modèle aussi premium, l’audio intégré mérite d’être épaulé par une barre de son, et le boîtier One Connect sans fil aurait gagné à être fourni de série. Mais dans l’ensemble, le Samsung 55S99H s’impose comme l’un des OLED les plus impressionnants du moment, aussi spectaculaire par son image que cohérent dans son usage quotidien.

Les plus
  • Pic lumineux HDR exceptionnel pour un OLED
  • Excellente couverture colorimétrique
  • Très belle richesse des couleurs en hautes lumières
  • Traitement antireflet très efficace
  • Très bonnes performances gaming : 4K 165 Hz, VRR, faible input lag
  • Quatre entrées HDMI 2.1
  • Interface Tizen fluide et complète avec son Mode Art
  • Design affirmé, surtout en installation murale
Les moins
  • Pas de Dolby Vision, ni de DTS
  • Noirs moins profonds en forte lumière ambiante
  • Audio correct, mais pas au niveau de l’image
  • Boîtier One Connect sans fil optionnel
  • Un design affirmé, mais clivant
  • Pieds non réglables en hauteur
Sous-notes
Design et connectiques
8
Qualité d'image
9
Qualité audio
7
Gaming
10
Expérience connectée
9
Consommation électrique
10

Toutes les mesures réalisées dans le cadre de ce test ont été enregistrées avec le logiciel CalMAN Ultimate, une sonde Calibrite Display Plus HL et un boîtier de mesure d'Input Lag Leo Bodnar.

Fiche technique Samsung S99H

Résumé
Résolution d'écran3840 x 2160 pixels - 4K UHD
Technologie d'écranQD-OLED
Compatibilité HDRHGiG, HDR10, HDR10+
Fréquence de rafraîchissement165Hz
Système d'exploitationTizen
Affichage
Résolution d'écran3840 x 2160 pixels - 4K UHD
Technologie d'écranQD-OLED
Type de dalleOLED
Processeur vidéoNQ4 AI Gen 2
Compatibilité HDRHGiG, HDR10, HDR10+
Fréquence de rafraîchissement165Hz
AutresMode Filmmaker
Audio
Dolby AtmosOui
DTS:XNon
Connectique
Standard HDMIHDMI 2.1
ARC / eARCARC, eARC
ALLMOui
Synchronisation dynamiqueVRR, FreeSync Premium Pro
Autres fonctionsQMS, CEC
Connectivité
Système d'exploitationTizen
BluetoothOui
Wi-FiOui
Assistant vocalBixby
Airplay 2Oui
Caracteristiques physiques
Pied amovibleOui
Compatibilité VESAOui