Le Panasonic Z95B adopte un design sobre et minimaliste, avec une dalle OLED aux bordures fines et un pied central rotatif. © Matthieu Legouge
Le Panasonic Z95B adopte un design sobre et minimaliste, avec une dalle OLED aux bordures fines et un pied central rotatif. © Matthieu Legouge

Ces dernières semaines, j'ai eu l'occasion de passer du temps avec le Panasonic Z95B, le vaisseau amiral OLED d’une marque qui a bâti sa réputation sur une chose : respecter les films, pas les flatter. Dalle Tandem dernière génération, refroidissement maison, audio Technics, Fire TV… sur le papier, tout est là. Mais avec le virage stratégique que Panasonic amorce sur ses téléviseurs, le Z95B ressemble aussi à un modèle charnière : le dernier grand cru avant un changement d’époque ?

9  / 10
Panasonic Z95B

Meilleurs prix

Les plus
  • Image cohérente et stable
  • Excellente restitution HDR
  • Son Technics intégré très convaincant
  • Performant en gaming
  • Interface Fire TV fluide
  • Pied rotatif
Les moins
  • Pas le plus lumineux du marché
  • Deux HDMI 2.1 seulement
  • Légère instabilité sur certaines scènes contrastées
  • Fire TV impose un compte Amazon
  • Télécommande volumineuse

Cette fois-ci, je n’ai pas cherché à le disséquer à coups de sondes colorimétriques, mais j’ai simplement voulu vivre avec lui : regarder des films en Blu-ray 4K et des séries en streaming en soirée, enchaîner avec une petite session de jeu, laisser tourner la télévision en pleine journée avec la lumière qui traverse la pièce. Bref, l’utiliser quotidiennement comme n'importe qui le ferait.

Car un téléviseur comme le Z95B ne se résume pas à un pic lumineux ou à un Delta E. Ce qui m’intéressait ici, c’était autre chose : retrouver cette sensation très particulière que Panasonic a longtemps cultivée, cette impression d’image maitrisée, cohérente, qui ne cherche pas à impressionner à tout prix mais à respecter la matière d’un film. Et sur ce terrain-là, le Z95B donne très vite le ton.

Le Z95B reste au catalogue de Panasonic pour 2026. © Matthieu Legouge

Un modèle en plein cœur de la bascule industrielle

Comme vous le savez sans doute, Panasonic a officialisé un partenariat d'ampleur, fin février, avec le groupe Skyworth pour la production, la logistique et la commercialisation de ses téléviseurs en Europe et aux États-Unis. Un changement structurel majeur, pensé pour gagner en volume et en présence commerciale.

À cette occasion, la marque n'a cessé d'insister : "Les téléviseurs Panasonic resteront Panasonic", autrement dit, le traitement d’image, les réglages, la validation qualitative et le pilotage produit restent sous contrôle japonais. L’ADN ne serait pas dilué. Mais dans les faits, cela ouvre une nouvelle phase et… les doutes sont permis.

Par ailleurs, le constructeur a reconduit ses téléviseurs OLED de 2025 dans son catalogue 2026, à savoir les Z90B et Z95B, tout en introduisant un Z85C. Autrement dit, la série du cycle précédent devient un point de bascule, avant que la nouvelle organisation industrielle produise pleinement ses effets. C’est en cela que le Z95B m’intéresse particulièrement. Certes, il n’est pas le dernier téléviseur Panasonic, la marque l’a clairement expliqué. Mais il pourrait être l’un des derniers à avoir été conçu et finalisé entièrement par l'équipe japonaise, dans un contexte où la chaîne de décision restait plus concentrée et traditionnelle.

Mes impressions sur le rendu à l'image : fidèle mais pas démonstrative

Le Panasonic Z95B est le premier téléviseur que je teste en ce début d'année 2026. Et je dois bien dire que, même si j'ai vu des modèles très ambitieux au CES 2026 (à l'image du LG OLED W6 ou encore du Samsung S95H), le Z95B ne m'a toutefois pas semblé "en retrait" lorsque j'ai commencé à l'utiliser en rentrant de Vegas.

© Matthieu Legouge

En revenant au Panasonic, ce qui frappe, ce n’est pas un manque. C’est une forme de maturité. L’image ne donne jamais l’impression d’être à la traîne technologiquement. La dalle Tandem Primary RGB offre une réserve lumineuse confortable, avec des pics HDR francs et une tenue stable sur la durée. Sur des scènes très lumineuses, le téléviseur ne semble pas forcer, ni réduire l’amplitude après quelques secondes. Il respire.

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Sur les contenus exigeants, je parle par exemple des scènes nocturnes contrastées et de séquences à forte dynamique, le Z95B garde un équilibre très solide. Les noirs sont profonds sans engloutir l’information, les zones claires montent sans écraser les textures. La gestion des dégradés reste propre, sans rupture visible dans les ciels ou les fumées.

Ce qui m’a surtout marqué, c’est la cohérence d’un plan à l’autre. Le traitement HCX Pro AI MK II ne cherche pas à réinventer l’image. Il nettoie, structure, stabilise. L’upscaling des flux streaming compressés est convaincant : on gagne en lisibilité sans tomber dans la suraccentuation artificielle. Le grain d’un film reste du grain, pas une texture lissée.

© Matthieu Legouge

Un léger bémol toutefois : sur certaines scènes HDR très contrastées en mouvement (j'ai par exemple eu le cas sur un travelling passant devant une clôture blanche sur fond sombre), j’ai observé un discret scintillement sur les éléments les plus lumineux. Rien de dramatique, et le phénomène reste rare, mais il est perceptible si l’on y prête attention. Il s’agit d’un comportement que l’on retrouve ponctuellement sur d’autres OLED haut de gamme, notamment dans les transitions fines entre zones très sombres et éléments fortement lumineux. La réactivité quasi instantanée des pixels, qui fait la force de l’OLED en termes de netteté, ne laisse aucune inertie pour "lisser" ces micro-variations. Dans la pratique, cela reste marginal et ne remet pas en cause l’excellente tenue générale de l’image.

© Matthieu Legouge

Bref, en tant que cinéphile, je trouve que ce Z95B a quelque chose que les autres n'ont pas forcément, une forme de maturité dans la maitrise du signal, malgré quelques petites faiblesses qui demeurent. Malgré tout, non, ce n'est pas le téléviseur le plus lumineux du marché, ni celui qui offre le volume colorimétrique le plus expansif.

Mais à l’usage, ces écarts théoriques pèsent moins qu’on pourrait l’imaginer. Le Z95B n’a jamais donné l’impression d’être dépassé. Il tient son rang et il en a sous le capot. Et dans cette course aux chiffres impressionnants, il rappelle qu’un OLED premium ne se juge pas uniquement à ses pics lumineux, mais à sa capacité à rester stable, cohérent et crédible, quel que soit le contenu. Sur ce point, le Z95B reste pleinement dans la course.

Le son Technics : l’autre pilier de l’ADN Panasonic

Si l’image reste la première chose que l’on juge sur un téléviseur, le Z95B est loin de faire l'impasse sur l'audio, et c’est d'ailleurs sans doute l'un des téléviseurs les mieux équipés sur ce point.

L’arrière du Z95B intègre le système audio orienté vers le haut et vers les côtés, ainsi qu’un bloc connectique bien organisé. © Matthieu Legouge

Le système 360° Soundscape Pro, calibré par Technics, ne se contente pas d’être "correct pour une TV". Il occupe réellement l’espace avec une scène frontale qui parvient à bien se projeter, le tout avec une belle clarté, chose que l'on perçoit bien dans les dialogues, même sur des scènes où la bande-son devient plus dense. Surtout, les basses ont du corps sans envahir le reste du spectre. Le caisson intégré apporte une assise convaincante pour un téléviseur, avec un grave propre, relativement tendu, qui ne se contente pas de vibrer. On n’est évidemment pas au niveau d’un système home cinéma dédié, mais on dépasse largement la moyenne du marché.

Le système audio 360° Soundscape Pro comprend des haut-parleurs orientés vers le plafond pour la restitution Dolby Atmos. © Matthieu Legouge

La spatialisation Dolby Atmos est crédible. Les effets verticaux ne donnent pas l’illusion d’enceintes au plafond, certes, mais ils ajoutent une dimension supplémentaire, une sensation d’ouverture qui participe à l’immersion. Sur certaines scènes d’action ou d’ambiance, on perçoit clairement un élargissement et une meilleure séparation des plans sonores.

Tout n’est pas parfait pour autant. À volume élevé, la scène peut légèrement se comprimer et perdre un peu en précision. Et dans une grande pièce ouverte, le système montrera naturellement ses limites. Mais dans un salon standard, le Z95B fait partie des rares téléviseurs qui peuvent réellement se passer d’une barre de son sans donner l’impression de sacrifier l’expérience.

Interface et fonctionnalités

Panasonic a abandonné l’ancien My Home Screen pour Fire TV depuis maintenant deux ans. Sur le plan fonctionnel, difficile de s’en plaindre : l’interface est fluide, le catalogue d’applications est complet, et la navigation reste claire. Netflix, Prime Video, Disney+, Canal+, tout est là.

À l’usage, l’expérience est confortable. Les menus de réglages Panasonic restent bien organisés, et l’on retrouve cette logique assez rigoureuse dans la structure des paramètres image. Mais Fire TV apporte aussi son lot de concessions. L’obligation de se connecter à un compte Amazon pour exploiter pleinement l’écosystème peut agacer. Et l’interface met en avant des recommandations qui ne sont plus totalement neutres. Ce n’est pas rédhibitoire… la plupart des OS actuels fonctionnent ainsi, mais cela tranche avec la sobriété que proposait Panasonic auparavant.

La télécommande contraste clairement avec ce que propose les concurrents. © Matthieu Legouge

Enfin, côté design, le Z95B assume son épaisseur. Le châssis est plus massif que celui de certains concurrents ultra-fins, mais cette générosité sert le système audio intégré. Le pied rotatif est toujours aussi pratique, et l’ensemble inspire confiance. On est clairement sur un objet premium, pensé pour durer.

La télécommande, en revanche, paraît un peu datée : grande, dense, sans rétroéclairage. En revanche, malgré son manque de "modernité", elle est vraiment fonctionnelle, loin des télécommandes minimalistes de certains concurrents.

Gaming : solide mais pas irréprochable

Sur le papier, le Z95B coche quasiment toutes les cases. Dalle 144 Hz, VRR, ALLM, compatibilité FreeSync Premium Pro et G-Sync Compatible : difficile de le prendre en défaut.

À l’usage, la réactivité est excellente. Les mouvements sont nets, précis, sans traînée perceptible grâce aux temps de réponse quasi instantanés de l'OLED. Le mode Jeu est bien pensé. Panasonic laisse le choix entre un profil plus démonstratif et un rendu plus neutre, proche du Filmmaker. C’est intelligent, et fidèle à l’esprit de la marque.

Tout n'est cependant pas parfait puisque le Z95B ne propose que deux ports HDMI 2.1. En 2026, c’est un peu court sur un téléviseur de ce niveau de gamme. Entre console, PC et éventuelle barre de son eARC, on peut vite atteindre la limite. Ce n’est pas bloquant, mais c’est un compromis qui mérite d’être mentionné. Autre point à signaler : comme sur beaucoup d’OLED, de légères variations de luminosité peuvent apparaître en VRR dans certaines zones sombres. Rien d’anormal ni de spécifique à Panasonic, mais les joueurs attentifs le remarqueront sans doute.

Dans l’ensemble, le Z95B reste un excellent téléviseur pour jouer. Il ne cherche pas à devenir un écran eSport déguisé en TV, mais il offre un terrain solide et cohérent pour qui veut alterner cinéma et gaming sans compromis majeur.

Test du Panasonic Z95B : l'avis de Clubic

Conclusion
Note générale
9 / 10

Le Panasonic Z95B n’est pas un téléviseur spectaculaire au sens marketing du terme. Il ne cherche pas à battre des records pour le simple plaisir d’afficher un chiffre plus élevé que son voisin. En revanche, il donne le sentiment d’être un produit abouti et pensé dans sa globalité.

L’image respire la maîtrise, tandis que le son Technics apporte une cohérence rare dans l’univers des téléviseurs premium. Le gaming est solide, même s’il n’est pas irréprochable. Et malgré quelques concessions logicielles liées à Fire TV ou certaines limites matérielles comme les deux HDMI 2.1, l’ensemble tient remarquablement bien la route.

Dans le contexte actuel, c’est surtout ce qu’il représente qui intrigue. Maintenu au catalogue de Panasonic pour 2026, le Z95B est le témoin du virage engagé par la marque avec son partenaire industriel Skyworth. Alors que la promesse que "les téléviseurs Panasonic resteront Panasonic", on se demande tout de même si ce Z95B n'est pas le dernier modèle d'une époque, entièrement façonné dans une logique plus concentrée, plus traditionnelle, avant que la nouvelle organisation ne produise pleinement ses effets ? Peut-être. Peut-être pas.

Ce qui est certain, en revanche, c’est que le Z95B incarne une certaine idée du téléviseur haut de gamme : une approche où la fidélité prime et où l’équilibre semble être le maitre mot des ingénieurs de la marque. Bref, ce qui est sûr, c'est que la suite sera déterminante. Si Panasonic parvient à préserver cette exigence tout en gagnant en présence et en volume grâce à son nouveau partenariat, alors cette bascule industrielle pourrait marquer un nouveau départ plutôt qu’une fin de cycle. Le Z95B, lui, restera comme un repère. Un modèle charnière, solide, mature… et peut-être le dernier grand cru d’une époque.

Les plus
  • Image cohérente et stable
  • Excellente restitution HDR
  • Son Technics intégré très convaincant
  • Performant en gaming
  • Interface Fire TV fluide
  • Pied rotatif
Les moins
  • Pas le plus lumineux du marché
  • Deux HDMI 2.1 seulement
  • Légère instabilité sur certaines scènes contrastées
  • Fire TV impose un compte Amazon
  • Télécommande volumineuse

Fiche technique Panasonic Z95B

Résumé
Résolution d'écran3840 x 2160 pixels - 4K UHD
Compatibilité HDRDolby Vision IQ
Fréquence de rafraichissement maximal144 Hz
Système d'exploitationFire OS
Affichage
Résolution d'écran3840 x 2160 pixels - 4K UHD
Processeur vidéoHCX Pro AI Processor MK II
Compatibilité HDRDolby Vision IQ
Fréquence de rafraichissement maximal144 Hz
Audio
Dolby AtmosOui
Connectique
Synchronisation dynamiqueFreeSync, G-Sync
Connectivité
Système d'exploitationFire OS
Wi-FiOui
Assistant vocalAlexa
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