Disney+, Warner, Netflix… les services de SVoD font-ils trembler les chaînes françaises

Alexandre Boero
Par Alexandre Boero, Journaliste-reporter, responsable de l'actu.
Publié le 21 novembre 2018 à 10h41
OCS canal+.jpg

Plusieurs diffuseurs français, parmi lesquels OCS et Canal+, craignent d'être laissés de côté par les studios américains, qui mettent un pied et demi dans le marché du streaming.

Avec l'arrivée de Netflix puis celle d'Amazon Prime, la télévision française a accusé le coup et voit désormais poindre la menace de deux nouveaux arrivants sur le secteur du service de vidéo à la demande par abonnement. D'abord Disney, plus fort que jamais après avoir avalé la 21st Century Fox, puis WarnerMedia (qui pourrait lui donner le nom de l'une de ses chaînes, la célèbre HBO), tout aussi renforcé après son rachat par l'opérateur de télécommunications américain AT&T.

OCS et Canal+, chaînes étouffées par la force de frappe américaine

L'ensemble de ces acteurs, dont le pouvoir d'attraction et la force de frappe sont impressionnants, menace clairement l'accès des chaînes de télévision françaises aux différents films et séries américains. Sans oublier que Comcast, qui détient Universal et vient de s'offrir Sky, pourrait aussi pointer le bout de son nez, comme l'indique le journal Les Echos.

Les premières victimes de ces acteurs américains sont les chaînes payantes françaises, à commencer par OCS et Canal+. Orange Cinéma Séries a drainé un nombre important d'abonnés grâce au succès de la série Game of Thrones (dont l'ultime saison sera diffusée en avril prochain), tandis que Canal+ parvient à attirer les amateurs de films américains et d'autres studios récemment sortis au cinéma.

Les diffuseurs n'ont plus de marge de manœuvre

Ce qui inquiète les diffuseurs français, c'est le moment où les contenus issus de l'industrie hollywoodienne seront accessibles sur les plateformes comme Netflix. Il ne restera alors plus grand-chose comme argument en faveur des chaînes payantes... Un exemple simple : la société de Mickey, Disney, a déjà annoncé qu'elle réservera la prochaine trilogie Star Wars pour le catalogue de son service de streaming, Disney+. À terme, les chaînes de télé payantes seront dépourvues de ces contenus porteurs, qui plus est face aux tarifs agressifs pratiqués par le secteur de la vidéo par abonnement.

La seule embellie pour les diffuseurs français reste la chronologie des médias française, qui imposent aux studios de respecter les règles entre la sortie dans les salles et la diffusion sur leur service de SVoD. Mais cela ne concerne que le cinéma. À ce stade-là, les chaînes payantes s'en contentent encore. Mais pour combien de temps ?
Alexandre Boero
Par Alexandre Boero
Journaliste-reporter, responsable de l'actu

Journaliste, responsable de l'actualité de Clubic. En soutien direct du rédacteur en chef, je suis aussi le reporter et le vidéaste de la bande. Journaliste de formation, j'ai fait mes gammes à l'EJCAM, école reconnue par la profession, où j'ai bouclé mon Master avec une mention « Bien » et un mémoire sur les médias en poche.

Vous êtes un utilisateur de Google Actualités ou de WhatsApp ?
Suivez-nous pour ne rien rater de l'actu tech !
Commentaires (0)
Rejoignez la communauté Clubic
Rejoignez la communauté des passionnés de nouvelles technologies. Venez partager votre passion et débattre de l’actualité avec nos membres qui s’entraident et partagent leur expertise quotidiennement.
Commentaires (6)
Feunoir

le seul moyen de survie des petits c’est d’obliger tous les sites de vod a passer sur un site unique français avec un abonnement unique, c’est bon pour le consommateur et je vois pas trop le problème pour eux
quand je regarde du contenu du site disney, c’est le site disney qui prend le % d’abonnement avec un calcul genre part sz l’abonnement basé sur temps passé sur video disney et temps de visionnement total du mois, une video netflix ou canal : pareil
ils peuvent continuer leur guéguerre de contenu mais ce serait invisible pour nous client.

car là, je risque pas de m’abonner à tout ce souk, il n’y a pas trop de solution légale a part me faire un abonnement genre 1 mois par plate forme le temps de regarder férocement les nouveautés puis passer à la suivante

RaoulTropCool

C’est incompatible avec notre économie libérale et sa libre concurrence.

L’unique solution serait de proposer une plateforme française de qualité égale à un coût similaire.

barjy

Avoir une seule plateforme “c’est bon pour le consommateur”?

Dois-je te rappeler combien coûtait la minute de communication nationale lorsque France Telecom avait le monopole de la téléphonie?

zaa

Il suffit de constater la médiocrité des applications comme OCS pour se dire que, même avec un contenu égal et un prix équivalent, ils n’ont malheureusement aucune chance…
Peut-être un jour, comprendront-ils que pour faire un bon produit, il faut des équipées dédiées.

yeerum

La seul (vrai) moyen est de produire du contenu français de qualité dont les plateforme françaises serait en parti financeurs des projets. C’est bien beau de ne s’appuyer que sur des productions hollywoodiennes pour faire du chiffre, mais le fait est que lorsque les studios décident d’avoir leur propre canaux de diffusion, ils renvoient nos chères plateformes au vulgaire statut de “revendeur agréé” de contenu avec les désavantages qui vont avec. Alors oui avoir des fictions françaises de qualité en abondance, c’est (très) difficile, mais il faudrait y mettre les moyens et surtout les bonnes personnes aux commandes pour faire bouger les lignes. Bref de plus gros investissements, comme cela se fait outre-atlantique…

carinae

oui enfin ça c’était une autre époque … et il faut bien reconnaître que nous devons le réseau français a FT justement. Les investissements en R&D comme en matériel et hommes ont bel et bien été fait pas FT. donc bon … on ne peut pas toujours leur reprocher leurs tarifs …
Ceci étant je suis tout a fait d’accord sur le principe … la concurrence ne peut qu’être bénéfique (en général) au consommateur final…
La chose la plus inquiétante dans l’histoire c’est que se sont que des opérateurs étranger …