Netflix en France : une campagne de communication à 1 Tb/s

23 juillet 2014 à 19h48
0
Netflix poursuivra au mois de septembre son expansion en Europe, et en particulier en France. En vantant l'air de rien ses moyens techniques colossaux, le messie de la SVOD amorce déjà une campagne de communication concernant d'éventuels problèmes de saturation, en rejetant par avance la faute sur les FAI.

0190000007372281-photo-logo-netflix-2014.jpg

Netflix a profité hier de la publication de ses derniers résultats financiers pour confirmer son expansion en France et en Europe au mois de septembre, sans surprise. Si le spécialiste de la vidéo à la demande sur abonnement défraie la chronique cette semaine, c'est en raison d'un tweet faussement anodin concernant les capacités techniques du service, qui témoignent de très grandes ambitions.

Dave Temkin, directeur de l'architecture réseau du service, a effectivement révélé sur Twitter que Netflix disposerait d'une capacité colossale d'un térabit par seconde pour la France.

07522895-photo-01.jpg

À titre de comparaison l'hégémonique Google et son populaire YouTube écoulent un trafic à peine supérieur en France, selon certains experts. C'est aussi l'équivalent de la consommation des 5,7 millions d'abonnés du fournisseur d'accès à Internet Free, comme l'évoque Nicolas Guillaume, qui revendique « 1 Tb/s ou plus » sur PeeringDB. D'autres FAI comme SFR ou Bouygues Telecom déclarent quant à eux des fourchettes de 500 à 1000 Gb/s et de 300 à 500 Gb/s.

Dans le domaine du streaming, le groupe M6 par exemple (maison mère de Clubic) dispose pour la télévision de rattrapage d'une capacité de 130 Gb/s, qu'il portera à 150 Gb/s d'ici la fin de l'année, et délivre en pratique jusqu'à 50 Gb/s en pointe.

Vers des interconnexions directes avec les principaux FAI français

Mais il ne faut pas confondre la capacité et le trafic effectivement écoulé. Pour schématiser, le 1 Tb/s évoqué par Netflix est la somme des interfaces réseau des serveurs qui constituent la plateforme de diffusion du service en France. Mais tous les ports ne sont pas utilisés d'entrée de jeu.

Netflix doit encore relier ces ports à différents réseaux afin d'être accessible aux utilisateurs finaux : on parle de peering.

À ce stade on sait, par le biais du fondateur du repère d'experts en télécommunications LaFibre.info notamment, que l'éditeur sera connecté à deux points d'échange voisins dans le data center Telehouse 2 à Voltaire à Paris : il a prévu 100 Gb/s vers France-IX et 200 Gb/s vers Equinix-IX, auxquels sont reliés plus ou moins directement de multiples fournisseurs d'accès à Internet, petits et grands.

Mais pour accéder aux dizaines de millions de clients des principaux fournisseurs d'accès à Internet français, Netflix va négocier des conventions d'interconnexions privées payantes (PNI) pour se connecter directement à leurs réseaux. Concrètement des fibres optiques relieront directement la plateforme de diffusion Open Connect du service de SVOD à une ou plusieurs porte(s) d'entrée(s) des réseaux des opérateurs. L'éditeur devrait ainsi répartir les 700 Gb/s restant entre Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free et Numericable, dans des proportions encore inconnues.

01E0000007522891-photo-netflix-the-verizon-network-is-crowded-right-now.jpg

Une campagne de communication anticipée

À raison de 1 à 6 Mb/s par spectateur, la capacité de 1 Tb/s prévue d'entrée de jeu par Netflix lui permettrait d'accueillir quelques millions d'abonnés du jour au lendemain.

Mais la publication de cette information technique en apparence anodine amorce en fait probablement une puissante campagne de communication. Aux États-Unis, Netflix s'oppose effectivement au FAI Verizon dans une bataille médiatique et politique concernant la saturation du réseau. Ainsi en France, où Free et Google (avec YouTube) sont dans une situation comparable et se renvoient la responsabilité des coûts du trafic, le nouvel entrant prend les devants.

Pour avoir un ordre de grandeur, l'interconnexion de 100 Gb/s avec France-IX coûtera à terme un peu plus de 10 000 euros/mois à Netflix. Un montant qui peut sembler élevé mais qu'il faut mettre en perspective avec les revenus de plus d'un milliard de dollars de la société au trimestre dernier.

En annonçant une capacité, à la fois si surdimensionnée et si négligeable dans ses finances, Netflix prévient donc qu'il a les moyens de ses ambitions et qu'il ne sera pas responsable des éventuelles saturations.

07522897-photo-02.jpg

Contenus relatifs
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
0 réponses
0 utilisateurs
Suivre la discussion

Les actualités récentes les plus commentées

De nouveaux modèles climatiques ont été créés... et la situation est pire que prévue
La dernière mise à jour de Windows 10 causerait des pannes de carte réseau
La Suisse veut forcer les compagnies aériennes à renseigner les émissions CO2 sur les billets d'avion
Un démantèlement des GAFA ?
Le trou noir au centre de notre galaxie semble avoir de plus en plus faim
Ça y est, le Fold est disponible en France... pour 1,6 SMIC (net).
Des chercheurs remettent sur la table la solution de l'ascenseur vers la Lune
Le saviez-vous ? Un Game Boy, meurtri, a survécu à la guerre du Golfe
Le GPS européen Galileo est désormais utilisé sur un milliard de smartphones
La Renault ZOE 2 se lance (enfin !) officiellement

Notre charte communautaire

1. Participez aux discussions

Nous encourageons chacun à exprimer ses idées sur les sujets qui l'intéressent, et à faire profiter l'ensemble de la communauté de son expertise sur un sujet particulier.

2. Partagez vos connaissances

Que vous soyez expert ou amateur passionné, partagez vos connaissances aux autres membres de la communauté pour enrichir le niveau d'expertise des articles.

3. Échangez vos idées

Donnez votre opinion en étayant votre propos et soyez ouverts aux idées des autres membres de la communauté, même si elles sont radicalement différentes des vôtres.

4. Faites preuve de tolérance

Qu'il s'agisse de rédacteurs professionnels ou amateurs, de lecteurs experts ou passionnés, vous devez faire preuve de tolérance et vous placer dans une démarche d'entraide.

5. Restez courtois

Particulièrement lorsque vous exprimez votre désaccord, critiquez les idées, pas les personnes. Évitez à tout prix les insultes, les attaques et autres jugements sur la forme des messages.

6. Publiez des messages utiles

Chaque participation a vocation à enrichir la discussion, aussi les partages d'humeurs personnelles ne doivent pas venir gêner le fil des échanges.

7. Soignez votre écriture

Utilisez la ponctuation, prohibez le langage SMS et les majuscules, relisez-vous afin de corriger un peu les fautes de frappe et de français : trop de fautes n’engagent ni à lire le message, ni à répondre à une question.

8. Respectez le cadre légal

Ne publiez pas de contenus irrespectueux, racistes, homophobes, obscènes ou faisant l'apologie de courants radicaux, qu'ils soient politiques ou religieux. N'utilisez pas plusieurs comptes utilisateurs.

9. Ne faites pas de promotion

Ne profitez pas d'une discussion pour faire la publicité d'un produit, d'un service ou même de votre site web personnel.

10. Ne plagiez pas

Exprimez uniquement vos opinions ou partagez des idées en citant vos sources.

scroll top