Bouygues Telecom attaque Free et Orange

Thomas Pontiroli
05 septembre 2016 à 14h02
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Bouygues Telecom n'appréciait déjà pas l'accord d'itinérance conclu entre Free et Orange sur la 2G et la 3G. Alors quand les deux partenaires décident de le prolonger, ils se font attaquer.

Bouygues Telecom ne lâche décidément pas Free Mobile et son contrat d'itinérance 2G/3G avec Orange. La filiale du groupe de BTP a saisi l'Autorité de la concurrence à la fin du mois de juillet, rapporte l'Express, « afin de faire condamner Free Mobile et Orange pour entente ». Bouygues Telecom demande, ajoute le journal, « de mettre fin immédiatement à la prolongation de l'accord d'itinérance signé entre les deux parties le 15 juin ».

L'accord, devant initialement prendre fin en 2018, a vu sa durée de vie prolongée de deux ans par le régulateur des télécoms. Alors que l'extinction devait se faire progressivement et par plaques géographiques à compter de 2017, un autre scénario a été retenu en juillet 2016 : le bridage des débits en 3G pour les clients Free Mobile reliés au réseau Orange. Ainsi les abonnés Free pourront continuer à se connecter et surtout à téléphoner.

Bouygues s'estime lésé

Une annonce que Bouygues Telecom ne digère pas. D'autant que suite à l'échec de sa revente à Orange en avril dernier, il se retrouve désormais en position de concurrence frontale avec Free sur le marché des télécoms. En juin, l'opérateur estimait que « cette prolongation (était) en totale contradiction avec l'avis émis par l'Autorité de la concurrence en mars 2013, (et) ne permet pas de rétablir l'équité dans les conditions de la concurrence ».


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Malgré l'itinérance dont souffrirait Bouygues, l'opérateur parvient à améliorer ses résultats trimestre après trimestre - Crédit : AFP.


Ce n'est pas la première fois que Bouygues s'en prend à cet accord. En décembre 2015, l'opérateur mettait en cause le rôle d'encadrement de l'Arcep dans une lettre au Premier ministre : « En s'abstenant illégalement d'encadrer cette itinérance nationale (...), l'Arcep a permis le développement d'une situation concurrentielle gravement déséquilibrée au profit de Free Mobile et au détriment, principalement, de Bouygues Telecom. »


En conséquence de quoi la société de Martin Bouygues réclamait 2,28 milliards d'euros de dédommagement à l'État. En juillet 2014 déjà, Bouygues accusait l'Arcep d'avoir accordé « des avantages considérables » à Free, en autorisant l'itinérance avec Orange. Cette même Arcep qui, en juillet 2013, permettait à Bouygues Telecom de réutiliser la bande des 1 800 MHz pour la 4G, le propulsant alors, avant les autres, sur ce nouveau marché.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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