Le rachat de SFR par ses trois concurrents s'accélère, avec une nouvelle étape franchie à une vitesse inédite. Et tous les acteurs sont d'accord pour continuer à garder un rythme d'enfer !

Le rachat de SFR par Bouygues, Free et Orange avait buté au mois d'octobre dernier sur le refus de Patrick Drahi d'accepter l'offre de 17 milliards alors formulée. Mais le mois dernier, les trois géants des télécoms ont confirmé leur volonté toujours présente d'effectuer ce rachat. Une volonté confirmée par la rapidité de certaines étapes.
Orange, Bouygues et Free vont pouvoir faire une offre d'ici la fin du mois d'avril
C'est presque historique. Le média La Lettre vient en effet de nous informer que la phase de « due diligence » entamée en janvier, et qui a permis à près de 200 experts d'évaluer de manière approfondie les comptes de SFR, vient de s'achever. Elle n'aura ainsi duré que cinq semaines, ce qui est extrêmement rapide par rapport aux pratiques traditionnelles.
Résultat, les potentiels acquéreurs vont pouvoir prochainement émettre une nouvelle offre. Toujours d'après la même source, Orange, Bouygues et Free pourraient ainsi déposer une nouvelle offre avant la fin du mois d'avril. BFM Business évoquait le mois dernier une proposition qui serait relevée à environ 20 milliards d'euros, pour 80% des actifs de l'opérateur.

Objectif : finaliser le rachat avant la présidentielle 2027
Si l'on semble être ici dans une exercice de vitesse, c'est qu'il y a une raison bien précise, à savoir l'agenda politique français. Les différents acteurs assis à la table des négociations veulent en effet pouvoir finaliser cette acquisition avant la tenue des prochaines élections présidentielles, qui auront lieu au printemps 2027. Emmanuel Macron soutiendrait lui aussi ce rythme accéléré, afin d'éviter que l'affaire ne soit prise dans le tumulte de la bataille électorale.
Toujours dans cette idée de rapidité, les acteurs du dossier ont déjà multiplié les contacts informels avec l'Autorité de la concurrence. « Pour éviter tout dérapage dans le long examen du dossier Altice par l'Autorité de la concurrence (ADLC), tout s'est déjà largement joué en coulisses depuis des mois. De nombreux allers-retours informels ont eu lieu entre les différents opérateurs et le gendarme de l'antitrust afin de procéder à des ajustements » précise ainsi La Lettre, l'idée étant de pouvoir « traiter le dossier Altice en moins d'un an. »
Source : La Lettre