Orange, Bouygues Telecom et Free sortent du silence ce jeudi, et confirment à nouveau leur projet de rachat de SFR. Les audits ont démarré, mais aucun accord n'est encore trouvé.

Ça discute toujours, au sujet du rachat de SFR © Alexandre Boero / Clubic
Ça discute toujours, au sujet du rachat de SFR © Alexandre Boero / Clubic

Le rachat de SFR continue de faire parler, et cette fois, il fait directement réagir ses repreneurs potentiels. Orange, Bouygues Telecom et Free ont publié, tôt ce jeudi 22 janvier, un communiqué conjoint qui officialise ce que tout le monde murmurait : ils sont bel et bien en négociation avec le groupe Altice et Patrick Drahi pour mettre la main sur l'essentiel des activités de l'opérateur au carré rouge. Mais dans le même temps, ils tiennent à tempérer en indiquant qu'aucun accord sur les conditions financières n'a encore été conclu.

Les audits comptables de SFR ont démarré début janvier

Le consortium formé par Orange, Bouygues Telecom et Free confirme la poursuite des discussions avec le groupe Altice. Leur objectif est toujours d'acquérir une grande partie des activités télécoms françaises de l'opérateur SFR. Une formulation volontairement large qui laisse planer le mystère sur le périmètre exact de la transaction envisagée.

Ce qui est certain, c'est que les choses sérieuses ont commencé début janvier. Des travaux de due diligence sont désormais engagés, qui permettent aux trois prétendants d'éplucher les comptes, contrats et aspects juridiques de l'opérateur. Une phase d'audit est cruciale pour évaluer la valeur réelle des actifs convoités et identifier d'éventuels points de blocage.

Le ton reste prudent, diplomatique. Le communiqué précise noir sur blanc que « les conditions juridiques et financières de la transaction ne font l'objet d'aucun accord à date ». Autrement dit, même si les discussions avancent, rien n'est acté. Mais on comprend que ça avance. Un montant autour de 20 milliards d'euros pour l'opération dans sa globalité, contre les 17 milliards d'euros supposément proposés en octobre dernier, serait discuté.

Un parcours encore semé d'embûches réglementaires

Le chemin vers un éventuel accord est encore long. Orange, Free et Bouygues préviennent qu'il n'existe « aucune certitude que ce processus aboutisse ». Car chaque transaction devra franchir plusieurs étapes obligatoires, comme la validation par les organes de gouvernance de chaque société concernée.

En outre, le trio souligne que tout accord restera « sous réserve des conditions usuelles », sans préciser davantage. Les trois opérateurs s'engagent à communiquer au marché « le moment venu », conformément aux exigences réglementaires applicables. Nul doute que l'Autorité de la concurrence ne doit déjà pas être bien loin des discussions.

Cette sortie publique est une étape assez symbolique, presque classique dans un dossier qui fascine le secteur depuis des mois et tient en haleine les abonnés. Entre les audits techniques, les négociations financières et la validation réglementaire, le feuilleton SFR est loin d'être terminé.