Test des Samsung Galaxy S6 et S6 Edge : l'excellence de retour ?

06 juin 2018 à 16h49
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Le Galaxy S6 est enfin là, et il n'est pas seul : alors qu'on attendait un successeur au Galaxy S5, ce sont deux smartphones que Samsung a dévoilés au dernier Mobile World Congress. Le Galaxy S6 « classique », et le Galaxy S6 Edge, une curieuse version à écran doublement incurvé.

Attendus au tournant après les résultats décevants du S5, ils voient Samsung remettre sérieusement le design au centre de leurs préoccupations, et opérer des choix qui semblent viser une cible précise : le haut de gamme à forte marge, dominé par l'iPhone 6.



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Design et ergonomie : Samsung tue (enfin) le plastique

À force d'entendre tous les ans la même rumeur, on commençait à ne plus y croire : Samsung fait tomber le plastique pour ses S6. En soi, l'usage du matériau n'a rien de rédhibitoire : Nokia l'utilisait depuis des années avec succès sur ses Lumia. Mais il y a plastique et plastique, et Samsung a souvent fait preuve d'assez mauvais goût en la matière, optant sur le S5 pour une bordure en peinture chromée du pire effet et un dos texturé que certains ont comparé à l'époque à un sparadrap (on lui avait aussi trouvé un côté barquette de poulet en version blanche).

Après avoir amorcé le mouvement avec le Note 4 et sa bordure métallique, le Galaxy S6 adopte un design presque « plastic free » : bordure et structure en aluminium, dos et façade en verre Gorilla Glass 4. Le mélange n'est pas nouveau : depuis l'iPhone 4 qui avait été le premier à le populariser, il a notamment fait le bonheur de Sony pour ses Xperia Z.



Et c'est d'ailleurs plus à ce dernier que l'on pense lorsqu'on tient le Galaxy S6 en main. Si le placement des boutons et de certains éléments (prise jack, grille du haut-parleur...) rappellent l'iPhone 6, qui lui même avait modifié son ergonomie en accord avec ce qui se fait en face, sa conception générale évoque plutôt un Xperia Z2.

Quelle que soit l'inspiration majeure de Samsung, on ne peut qu'admettre que le premier contact avec le S6 est très positif. A défaut d'être original, le smartphone affiche de belles formes, offre une bonne prise en main (peut-être un tout petit peu glissante sur les coins arrondis), et on apprécie le travail sur les couleurs : le dos et la façade révèlent de très légères stries invisibles à l'œil nu qui créent un effet irisé et changent le coloris selon la lumière. Notre modèle de test, en « Black Sapphire » passe ainsi du noir au bleu. On est un peu plus réservé sur les versions dorées et bleu électrique qu'on a pu voir au MWC, un peu trop flashy.



Les dimensions sont plutôt bien maitrisées : le S6 est un peu plus haut que le S5, mais moins large, plus fin et plus léger. Du beau travail d'intégration qui frise l'excès de zèle : l'écran est tellement à l'étroit qu'il devient facile de l'activer par erreur.

La conséquence principale de ce nouveau design ne plaira pas à tout le monde, et on voit déjà dans les commentaires de nos actualités qu'elle divise : le dos du Galaxy S6 n'est pas amovible, et la batterie inaccessible. C'est un changement de direction notable, et si les batteries amovibles sont de plus en plus rares, Samsung continuait à mettre un point d'honneur à conserver cette possibilité, face à laquelle il fait désormais valoir une recharge plus rapide, et une une charge par induction.

Pour que la rupture soit totale, le constructeur a également décidé de se passer de slot microSD, un choix justifié par les capacités de stockage disponibles, jusqu'à 128 Go même si c'est plus compliqué en pratique (voir page suivante).

Parmi les petits accrocs du design, on pourrait évoquer l'appareil photo qui ressort de la coque, encore plus que sur l'iPhone 6, ou l'espace entre le verre légèrement courbé sur les extrémités et la bordure en métal. Ça gratte un petit peu, et des poussières peuvent potentiellement s'y loger. Mais au global, le verdict est sans appel : Samsung a réussi son pari. Le Galaxy S6 est de loin le smartphone le plus soigné qu'il n'ait jamais livré, et sans doute un des meilleurs actuels, au moins sous Android.

Galaxy S6 Edge : le smartphone incurvé des deux côtés

Le Galaxy S6 Edge attise les curiosités : ça n'est pas la première fois que Samsung nous dévoile un smartphone à écran incurvé, mais là où le Galaxy Note Edge a connu une sortie plutôt confidentielle, le S6 Edge est mis en avant par le constructeur, à tel point qu'on a pu croire qu'il était le seul et unique Galaxy S6. Il est d'ailleurs intéressant de noter que la sortie du S6 Edge intervient peu de temps après celle du LG G Flex 2, du compatriote et rival de Samsung. Et les deux approches sont on ne peut plus différentes : Samsung ne mise pas sur un écran « panoramique », mais sur une dalle plate aux bords gauche et droit (en mode portrait) courbés.



Une sorte de version très exagérée des bords de l'iPhone 6, qui impressionne au premier contact : on se demande à quoi ça peut bien servir, et on y reviendra, mais on se laisse séduire par le côté futuriste de la chose, qu'on croirait sortie d'un film de science-fiction.

Pourtant, en pratique, la partie flexible de l'écran AMOLED est très réduite, beaucoup plus que celle du Note Edge, qui se comportait comme un second affichage. Ici on dispose effectivement de 2 ou 3 mm visibles, et pas question d'y afficher une règle. On verra d'ailleurs que les usages de l'écran sont un peu forcés.



Hormis cette particularité, le design du S6 Edge est assez semblable à celui du S6 « classique » à quelques détails près. Le tiroir pour la Nano SIM est logiquement déplacé en haut, faute d'espace sur les bords latéraux et, bizarrement, il est en plastique et pas en métal comme sur le S6. La bordure métallique est aussi plus tranchante que sur la version « classique » et à l'usage, ça peut devenir un vrai problème. Évidemment, la batterie amovible et le slot microSD sont également absents de cette déclinaison.

Composants : le retour de l'Exynos

Ces dernières années, le cœur de Samsung balançait entre les processeurs Qualcomm et ses propres puces Exynos, souvent réservées au marché asiatique, alors que la version internationale intégrait un Snapdragon. Cette fois, le divorce semble consommé avec un Galaxy S6 qui lâche définitivement Qualcomm et son Snapdragon 810. La raison en serait les problèmes de surchauffe de ce dernier, et vu la finesse des S6 et S6 Edge, ça se comprend sans doute.

C'est donc un Exynos 7420 de nouvelle génération que l'on retrouve dans les deux smartphones, une puce 64 bits assez semblable dans sa conception au Snapdragon 810, puisqu'elle est composée de quatre cœurs Cortex A57 à 2,1 GHz et quatre cœurs Cortex A53 à 1,5 GHz. La différence se fait sur la finesse de gravure : 14 nm contre 20 nm pour le S810. L'autre avantage de l'Exynos 7420, c'est sa prise en charge de la mémoire vive LPDDR4 à 1552 MHz, qu'on a notamment pu vérifier par des temps de chargement nettement accélérés pour certaines applications. Samsung se montre généreux sur les deux modèles, équipés de 3 Go de RAM.

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Sur la partie graphique, le Mali-T760 MP8 qui s'oppose à l'Adreno 430 de Qualcomm, et nous a semblé offrir des performances sensiblement inférieures à résolution identique (sur des tests offscreen émulant du 1080p des deux côtés). En fait, la partie GPU, très à l'aise à froid, paraît se brider automatiquement assez vite dès que la chauffe se fait ressentir.

Samsung ne l'épargne pas en dotant ses deux smartphones d'un écran QHD, qui est d'ailleurs une belle performance technique sur une dalle de 5,1 pouces. Le bénéfice pour l'utilisateur n'est toutefois pas évident : la différence de finesse entre le S5 et le S6 est presque imperceptible à l'œil nu.

Bien perceptible, en revanche, la qualité de la colorimétrie épate pour du Super AMOLED. En quelques années, Samsung a réussi à gommer avec efficacité l'essentiel des défauts qu'on reprochait à la technologie. Les couleurs restent saturées, mais plus de manière aussi exagérée que par le passé. On regrette toujours leur tendance à virer au vert quand on ne regarde pas exactement en face, un défaut surtout visible sur la dalle du S6 Edge.

Les deux smartphones partagent un problème de rémanence, que nous avons en tous cas constaté sur nos deux exemplaires de test, sensible cette fois en particulier sur le S6 « classique ». Nous avons contacté Samsung à ce sujet, et ils devraient revenir vers nous pour éclaircir ce point.

Stockage : un petit problème de segmentation

On l'a vu en faisant le tour du Galaxy S6 : le slot microSD a disparu. C'est un changement radical pour un constructeur qui a toujours défendu cette possibilité d'extension. Comme l'a suggéré le journaliste Charles Arthur, on peut justifier cette disparition par l'envie de ne pas créer un décalage entre les temps d'accès, souvent lents, des microSD, et ceux de son stockage interne qui utilise la nouvelle technologie UFS 2.0, au débit théorique maximal de 1,2 Go/s.

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L'autre explication, fournie par Samsung, prend du plomb dans l'aile en pratique. Lors de la présentation des S6 et S6 Edge au MWC 2015, le constructeur a annoncé que les deux modèles seraient disponibles en version 32, 64 et 128 Go. Une évolution pertinente qui tire un trait sur les 16 Go que Apple propose encore en standard, et qui pallie, dans presque tous les cas, l'absence de carte mémoire.

Malheureusement, la réalité, en tous cas en Europe, est toute autre. Le Galaxy S6 « classique » est uniquement en 32 Go, et le Galaxy S6 Edge en 32 ou 64 Go. Aucune des deux versions 128 Go ne sera commercialisée, à moins d'un revirement, en France. Sachant que le système et les applications tierces - non désinstallables pour la plupart - occupent environ 9 Go, vous aurez peut-être envie de passer directement à 64 Go... Et il vous en coûtera alors 960 euros - prix du S6 Edge dans cette capacité - soit 250 euros de plus que le S6 de base !

Recharge par induction et capteur biométrique qui marche !

L'autre « compromis », c'est la batterie inamovible. Ça fera évidemment grincer des dents, mais là on est beaucoup moins partagé : ça fait des années que de nombreux smartphones ont abondé dans le sens d'Apple, et à moins d'un défaut (ça arrive), il faut bien admettre que la majorité des utilisateurs changent fréquemment de smartphones bien avant que leur batterie ne décède. Entre la recharge rapide du S6, la généralisation des batteries externes en cas de coup dur, et le mode d'économie d'énergie extrême de Samsung, il y a vraiment peu de risques de tomber en rade.

Au passage, la recharge peut s'effectuer en USB, ou par induction. Samsung offre la station de chargement pendant la durée des précommandes. La bonne nouvelle, si vous êtes déjà équipé, c'est que le S6 gère les deux standards : Qi et PMA.

Côté capteurs, pas de nouveauté, mais une grosse amélioration : le bouton d'accueil cache toujours un capteur d'empreinte digitale. Cette fois ci, il fonctionne comme un capteur moderne, loin du mauvais souvenir technologique de la décennie précédente. En gros, suite à une phase d'apprentissage très semblable à celle de TouchID il agit exactement comme ce dernier et avec la même efficacité : on l'a essayé avec plusieurs doigts, et à peu près toutes les orientations possibles, avec succès !

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Le capteur de rythme cardiaque est toujours présent à côté de l'appareil photo. Pas de changement de ce côté là ; on continue à trouver cette utilité limitée sur un téléphone plutôt que sur une montre qu'on garde au poignet en permanence.

À l'usage : Touchwiz évolue... un peu

Certaines rumeurs avant la sortie du Galaxy S6 évoquaient une interface Touchwiz simplifiée, voire une expérience « proche d'un Nexus ». Peut-être parce qu'il est difficile de changer toutes ses mauvaises habitudes d'un coup, on ne peut pas franchement dire que ce soit la révolution « espérée » ( ndlr : personnellement, je n'y croyais pas trop).

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A défaut de repenser complètement Touchwiz, Samsung a tout de même profité du passage à Lollipop pour nettoyer le système de quelques fonctionnalités gadget, mais les doublons subsistent : Google Now cohabite toujours avec S-Voice, le Play Store avec le magasin Samsung Apps, et même l'app fitness S-Health doit désormais partager son espace avec Google Fit, sans parler des lecteurs audio et vidéo, et d'un certain nombre d'apps tierces préinstallées.

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La plus grosse surprise à ce niveau réside dans la présence de trois apps Microsoft : Skype, OneDrive, et OneNote, un partenariat qu'on aurait vraiment eu du mal à imaginer du temps de Steve Ballmer. Mais ça n'est pas tout puisqu'on retrouve aussi Facebook, Facebook Messenger, Instagram, Whatsapp, et si on peut désactiver et masquer ces apps, tout comme celles de Google ou de Samsung (comme sur le Galaxy Note 4), il est toujours impossible de désinstaller quoi que ce soit. Et sur le Galaxy S6 « classique », qui n'est disponible qu'en version 32 Go, il ne reste que 23 Go pour l'utilisateur.

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Touchwiz reste donc Touchwiz, mais le mariage avec l'interface Material Design de Android Lollipop est plus heureux qu'on pourrait le penser. On peste toujours sur les petites manies de Samsung, comme l'inversion de l'ordre des touches virtuelles, le refus de les afficher à l'écran plutôt que sur la bordure du téléphone, ou sur la suppression de quelques automatismes acquis sur Lollipop « stock » : il n'est plus possible, par exemple, de déverrouiller directement une notification par un double tap sur l'écran de verrouillage.

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Dans l'ensemble, hormis le problème d'embonpoint de la ROM et de ses apps niveau stockage, la fluidité et la réactivité sont au rendez-vous, et à défaut d'être originale, l'interface est toujours efficace. Une petite pique au passage : il était vraiment inutile de copier la mauvaise idée du fond d'écran à effet parallaxe. C'était raté sur iPhone et ça l'est tout autant ici.

Galaxy S6 Edge : de l'intérêt de bords incurvés... Ou pas

Si le Galaxy S6 se montre relativement discret en matière de features gadget, Samsung se rattrape un peu sur la version Edge et se sent forcé - fallait pas ! - de justifier ses bords incurvés au-delà du côté esthétique. On retrouve donc quelques fonctions pas franchement indispensables, dont la principale est un bandeau d'accès à 5 contacts favoris, associés à une couleur, accessibles par un balayage depuis le bord.

Si le S6 Edge est posé côté écran sur le bureau, un halo de la couleur du contact illumine la bordure, permettant d'identifier l'appelant sans retourner l'écran. Enfin, à condition de se souvenir de sa couleur. On peut aussi rejeter l'appel d'une simple pression sur le capteur de rythme cardiaque, et un SMS sera alors envoyé à l'appelant. Pas exactement la fonctionnalité du siècle.

On pourra afficher une horloge nocturne ou, lorsque l'écran est verrouillé, accéder rapidement à ses notifications en frottant le bord, ce qui est un peu moins pratique que le Moto Screen de Motorola dans le même genre.

Hormis ces gadgets logiciels, l'écran est certes assez agréable à utiliser en mode portrait, mais déconcertant pour les jeux, les vidéos ou la photo en mode paysage, le haut et le bas de l'image apparaissant forcément déformés.

Son et appels

Le S6 et le S6 Edge rompent avec la tradition du haut-parleur sur la coque arrière, au profit d'un placement, comme l'iPhone 6, sur la bordure basse du téléphone. La sortie, en mono, est assez propre, mais comme souvent, ne fait pas beaucoup plus que dépanner. On ne peut pas tout avoir : à choisir entre l'encombrement important du HTC One M9 et la finesse du S6, on veut bien sacrifier une sortie qu'on utilisera finalement assez rarement - on ne cracherait pas sur deux haut parleurs en façade cependant.

Les deux téléphones sont livrés avec une paire d'écouteurs dont la ressemblance avec les Earpods d'Apple est amusante. On sent également l'inspiration des BOSE IE2, notamment pour les embouts en silicone. Là encore, on a été assez convaincu du rendu équilibré, mais surtout, et plus généralement, par la puissance de la sortie casque qui devrait satisfaire les plus exigeants.

Le son lors des appels nous a paru tout à fait satisfaisant, des deux côtés de la conversation. L'oreillette est claire, et le micro supprime efficacement les bruits ambiants. Du bon boulot !

Photo et vidéo

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Samsung était passé de 13 à 16 mégapixels entre le S4 et le S5 et il avait inauguré un dispositif d'imagerie propriétaire baptisé Isocell. Pour ce Galaxy S6, la résolution n'évolue pas. En revanche, Samsung abandonne son capteur maison pour adopter comme sur le Note 4 une puce Sony IMX240. Le composant est toujours de type 1/2,6 pouce, plus grand que celui de l'iPhone 6 (1/3 pouce). Mais comme le nombre de pixels est deux fois plus élevé sur le smartphone coréen, la taille des photosites demeure inférieure : 1,12 µ contre 1,5 µ.

L'autre grand changement, c'est le bloc optique. La nouvelle lentille ouvre à f:1,9 (contre 2,2 précédemment), elle emploie une focale plus courte (équivalent 28 mm versus 31 mm sur le S5) et se dote d'une stabilisation optique (comme sur le Note 4). L'autofocus est supposé avoir bénéficié d'améliorations, toutefois l'IMX240 reste bien dépourvu de détection de phase. Le Galaxy S6 filme en 4K (3840 x 2160 pixels) à 30 im/s, mais aussi en QHD (2560 x 1440 pixels) ou encore en 1080p à 60 im/s. Comme le S5.

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Le capteur en façade passe quant à lui de 2 à 5 mégapixels. Il filme toujours en Full HD et, nouveauté, il hérite de la fonction « auto HDR » du capteur principal. Celle-ci présente deux avantages : elle effectue les traitements en une seule vue donc évite le dédoublement des contours, et elle permet d'afficher le rendu à l'écran en temps réel, contrairement aux modes HDR classiques qui reposent sur un post-traitement de plusieurs vues.

Résultats en photo

Le premier contact avec l'appareil photo passe par l'interface. Elle a changé, et en bien : plus moderne et épurée. Samsung a entrepris un tri bienvenu, notamment dans les paramètres de l'appareil photo, pour simplifier les opérations. Mais que les utilisateurs exigeants se rassurent : le mode pro avec ses réglages manuels de prise de vue est toujours là : colorimétrie, balance des blancs, sensibilité, correction et mesure d'exposition, ou encore mise au point manuelle. Le sélecteur de modes a été écrémé à l'essentiel : en plus de l'automatique et du pro, Samsung propose la panoramique, la mise au point sélective, le ralenti, l'accéléré et la photo virtuelle (sorte de présentation d'objet en façon 3D). On peut en télécharger plus au besoin.

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Par conditions lumineuses faibles, le Galaxy S6 se débrouille bien. Ses images à 800 ISO sont assez lissées, forcément, mais le traitement reste très propre, donc les images, utilisables.


Quand on passe la sensibilité en automatique, le téléphone se met en mode nuit : on ne sait pas à quelle sensibilité il photographie puisque cette donnée Exif est écrasée, mais le résultat, est plutôt réussi. Dans l'exemple ci-dessous, dans des conditions proches de l'obscurité où l'iPhone 6 monte à 2000 ISO, le Galaxy S6 réalise une capture particulièrement détaillée.

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à gauche l'iPhone 6, à droite le Galaxy S6

Quoi d'autre ? La prise de vue panoramique et le mode mise au point sélective existaient déjà sur le Galaxy S5, ils n'ont pas changé.

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Au maximum le Galaxy S6 capture 19 168 x 2 944 pixels

Quant à la photo virtuelle, elle présente surtout un intérêt quand on consulte le résultat sur le Galaxy S6 : on tourne alors autour de l'objet en faisant glisser son doigt à l'écran. Sinon pour l'exporter en vidéo, il faut passer par les options de partage. Terminons par deux petits bémols d'ordre ergonomique : sur le Edge, l'écran courbé contribue à tasser davantage le ratio de capture 16/9, déjà pas très naturel en photo. Et sur les deux Galaxy S6, les touches tactiles de part et d'autre du bouton central sont très proches du bord, donc souvent actionnées accidentellement.

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La mise au point sélective et la photo virtuelle

Résultats en vidéo

Pas de grande surprise en matière de vidéo : le Galaxy S6 conserve les qualités du S5. Il filme en 1080p à 30 im/s (codec H.264 à 17 Mbps et AAC 256 Kbps) ou 60 im/s (le débit vidéo passe alors à 28 Mbps). Mais attention, seuls le Full HD à 30 im/s et le 720p permettent d'appliquer des effets, d'activer la HDR ou de bénéficier du stabilisateur numérique. Pour les formats QHD et UHD (respectivement 2 560 x 1440 pixels et 3 840 x 2 160 pixels), l'application photo prévient que ces éléments sont désactivés.


La qualité des rushs est irréprochable. Tous les ingrédients sont là : encodage propre, imagerie soignée, mais aussi autofocus performant (autant que le Pixel Focus d'Apple) et stabilisation efficace. Les scènes en Quad HD et Ultra HD sont superbes, mais attention à la taille des fichiers : à 48 Mbps en 3 840 x 2 160 pixels, le stockage est vite pris d'assaut.


Téléchargez une séquence filmée en Ultra HD en cliquant sur l'image ci-dessus

Refermons ce volet en évoquant les deux nouveaux modes, le ralenti et l'accéléré. Ils font penser aux fonctionnalités éponymes d'iOS 8, en mieux. Ici, il est possible en visionnage d'ajuster la séquence ralentie ou accélérée, mais également d'en ajouter une deuxième et de déterminer le facteur de ralenti ou d'accélération. Le tout est exportable facilement, avec ou sans son, en 1 280 x 720 pixels à 30 im/s et 8 Mbps (en H.264). Vraiment sympa !

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Performances

Avec l'Exynos 7420, Samsung fait à nouveau le pari d'un processeur maison dans son smartphone vedette (même si les versions asiatiques des S4 et S5 n'y avaient jamais renoncé), au détriment d'un Snapdragon 810 que l'on retrouve dans le HTC One M9 notamment.

Alors, qu'est ce que ça donne en pratique ? Disons que les résultats sont contrastés. En comparant les performances des deux smartphones, ils sont au coude à coude, mais chacun avec son avantage propre.

Le Samsung Galaxy S6 s'en tire à merveille sur les tests CPU, affichant des scores jamais vus sur Geekbench 3. Évidemment, les benchmarks sont à prendre avec des pincettes, mais en tous cas, la puce semble moins sujette aux baisses de performances dues à une chauffe excessive, que le Snapdragon 810 du One M9.

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En revanche, la balance se renverse quand on passe sur les tests GPU. Ici, l'Exynos fait moins bien sur des tests offscreen de 3D Mark ou GFX Bench, qui ne tiennent pas compte de la définition d'écran. Moins bien, mais pas mauvais pour autant : on reste au dessus des 30 voire 40 FPS, même dans un Epic Citadel (moteur Unreal Engine) en QHD et niveau de détail le plus élevé.

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Et ça se vérifie en pratique dans la plupart des jeux : les plus anciens, comme Real Racing 3 ou Dead Trigger 2 tournent avec une fluidité parfaite, idem pour un Batman Arkham Origins BlackGate. On constate une petite baisse de régime sur des jeux moins optimisés comme Asphalt 8 ou Modern Combat 5 de Gameloft, mais leur fluidité est parfois chancelante sur tous les smartphones Android. Un effet pervers du QHD : certains titres font apparaître un aliasing visible, dû à la mise à l'échelle de jeux bloqués en 720p ou 1080p.

Autonomie

Avec une batterie de capacité inférieure à celle du Galaxy S5, on aurait pu craindre une autonomie inférieure. Il n'est pas impossible qu'elle le soit dans certains cas de figure. On a noté, par exemple, une baisse relativement rapide sur des tâches intensives comme une utilisation soutenue de l'appareil photo. Néanmoins, d'après notre usage (jeux, réseaux sociaux, mail, surf, streaming audio...), on peut dire qu'on tient une bonne journée de travail un peu chargée, ou une journée et demi plus calme (un weekend où le mail push est peu sollicité)

Nous avons également eu recours au test d'autonomie de PC Mark, qui simule un usage standard, mais intensif du téléphone, car écran allumé en permanence, à 200 Cd. Le test alterne une simulation de surf web sur des réseaux sociaux, une lecture vidéo full HD, de la retouche photo, et de la bureautique (manipulation de texte), jusqu'à ce que la batterie atteigne les 20% restants. À partir de ce test, PCMark effectue une extrapolation à 95% d'utilisation.

Les scores des S6 et S6 Edge sont très proches : 6h37 pour l'un, et 6h27 pour l'autre. Ces scores peuvent paraître légers, mais on rappelle qu'il s'agit d'un usage continu du smartphone, écran allumé en permanence, et pas loin de leur niveau maximum. Dans des conditions similaires, le HTC One M9 ne dépasse pas les 5h30, et ça confirme nos observations : sans atteindre une endurance record, les S6 et S6 Edge ne risquent pas, à moins d'un usage extrêmement musclé, de laisser en rade de batterie au milieu de la journée.

Notre avis

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Pendant des années, Samsung a réussi à s'imposer comme le constructeur de smartphone qui écrase les autres, s'accaparant, avec Apple, la quasi totalité des profits du secteur, en positionnant sa gamme Galaxy S comme l'iPhone de ceux qui ne veulent pas d'iPhone. Une stratégie payante qui a fait son succès... jusqu'en 2014 où les ventes ont commencé à montrer de gros signes de faiblesse.

C'est que le Galaxy S5, malgré ses qualités toujours bien présentes, peinait à se distinguer, et on ne reconnaissait plus trop le Samsung conquérant du S II, un smartphone qui avait pris tout le monde de vitesse par ses performances, son écran (pour 2011) et sa finesse.

Le Galaxy S6 remet les choses à plat : c'est tout simplement le meilleur terminal que Samsung n'ait jamais sorti, sur tous les plans. À quelques détails près, essentiellement logiciels, le constructeur a corrigé l'ensemble des griefs qu'on lui avait adressés jusqu'ici. Le design, sans être d'une originalité flagrante, est une réussite, les performances sont là, les composants de très bonne qualité, l'autonomie est largement satisfaisante (sans être époustouflante, certes), et la partie photo, cruciale pour un smartphone en 2015, surclasse à peu près toute la concurrence, iPhone 6 compris.

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On pourra évidemment lui reprocher un changement de cap qui ne fera pas que des heureux parmi les fans de la première heure : l'absence de batterie amovible et de slot microSD divise. Pour la première, c'est visiblement une question de bon sens pour le constructeur qui ne fait que s'adapter à une tendance.

Le second retrait est un peu plus problématique dans la mesure où Samsung segmente artificiellement sa gamme, du moins en France. Le S6 n'est disponible qu'en version 32 Go, et pour une capacité interne supérieure, il faut passer au S6 Edge.

Et ce choix est assez déplaisant, car si l'écran incurvé fait son petit effet, il ne suffit pas à justifier à lui seul le prix très élevé du Edge qui ne profite même pas de composants plus puissants ou d'une batterie de plus grande capacité. À choisir entre les deux modèles, on conseillerait sans hésiter la version « classique »... Et c'est peut-être là le problème.

Clairement, les deux smartphones sont une belle démonstration de force de Samsung, qui prouve qu'à défaut de réinventer la catégorie, le constructeur a retrouvé l'intégralité de son savoir-faire. À moins d'être vraiment à l'étroit avec les 23 Go disponibles pour l'utilisateur, notre préférence va tout de même vers le Galaxy S6.

Samsung Galaxy S6

9

Les plus

  • Design et finition enfin au top
  • Excellent appareil photo
  • Très bonnes performances
  • Sortie audio puissante

Les moins

  • 32 Go uniquement / pas de slot Micro SD
  • Trop de doublons et apps préinstallées
  • Ecran un peu à l'étroit (touches tactiles...)

Finition9

Ergonomie8

Autonomie8

Puissance9

Interface8


Samsung Galaxy S6 Edge

8

Les plus

  • Design original et élégant
  • Excellent appareil photo
  • Très bonnes performances
  • Sortie audio puissante

Les moins

  • Intérêt limité de l'écran incurvé
  • Prix trop élevé
  • Bords un peu tranchants

Finition9

Ergonomie7

Autonomie8

Puissance9

Interface7



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