Maladies pulmonaires : les enquêteurs américains n'écartent aucune cigarette électronique

13 septembre 2019 à 16h27
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Divers exemplaires d'e-cigarettes photographiés le 12 novembre 2013 à Londres
© AFP/Archives

Des responsables de la santé américains ont lancé une vaste opération pour, rapporte Reuters, « comprendre ce qui rend malade des centaines de vapoteurs à travers le pays ».

Pour les industriels de la cigarette électronique, les produits illégaux tels que le cannabis ont leur part de responsabilité.

Le THC responsable ?

Le bilan est lourd : d'après Reuters, 450 cas de maladies pulmonaires et au moins cinq décès seraient liés à l'utilisation de la cigarette électronique. Pour le docteur Dana Meaney-Delman, qui dirige le centre de prévention et de contrôle des maladies (CDC), il s'agit de comprendre l'origine de ce pic de malades, qui touche 33 États américains : « Nous tentons de prévenir tout cas ou décès supplémentaire », dit-elle. L'agence recommande déjà d'éviter toute consommation liée à ces appareils, tout en précisant n'écarter de son enquête aucun modèle disponible dans le commerce.

Il est désormais question de déterminer ce qui est en cause. Pour cela, le CDC a analysé jusqu'à présent 64 patients. Des représentants de l'industrie du vapotage ont déjà réagi, et selon eux, les cigarettes électroniques ne sont pas en cause : le responsable est plutôt la consommation illégale de THC (la substance psychotrope du cannabis).


La FDA (Food and Drug Administration) met en garde contre les cigarettes achetées « dans la rue » et contre l'ajout de THC ou d'autres substances aux produits vendus en magasin. Elle ajoute que les cigarettes électroniques proposées à la vente ne contiennent aucun produit illicite. La FDA a ensuite été rejointe par le président de l'American Vaping Association (AVA), Gregory Conley : « Nous sommes d'accord avec la FDA. Si vous ne voulez pas mourir ou finir à l'hôpital, arrêtez de vapoter du THC illégal immédiatement ».

Faire la part des choses

Pourtant, la CDC refuse d'écarter la cigarette électronique, que ce soit l'appareil ou ce qu'il contient, des responsables potentiels. Sur les données consultées jusqu'à présent, Dana Meaney-Delman a affirmé que le THC et la nicotine ont été conjointement utilisés dans 60 % des cas, tandis que la nicotine seule n'en concernait que 20 %. Elle dit : « Nous sommes inquiets au sujet du THC, mais il y a une part importante des cas dans lesquels l'utilisation conjointe de la nicotine et du THC a été rapportée. Il n'y a pas de produit, d'appareil ou de substance qui soit commun à tous ces patients ».

L'enquête se poursuit. La CDC reçoit le renfort de l'American Medical Association (AMA), qui a elle aussi recommandé l'arrêt complet de toute utilisation de cigarette électronique, le temps que l'enquête soit terminée. Les responsables de la santé s'attardent désormais à interroger les patients, notamment pour connaître leurs « antécédents de vapotage ».


De son côté, la FDA reçoit déjà des pressions de plus en plus importantes, la part d'élèves du secondaire utilisant des cigarettes électroniques ayant grimpé de 78 % l'année passée aux États-Unis, d'après Reuters.

Source : PharmaLive
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