Xavier Niel : “Un jour, nous couperons la pub pour de bon”

01 juin 2018 à 15h36
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Xavier Niel avait en janvier dernier bloqué la publicité via sa dernière box pour instaurer un rapport de force avec YouTube. Il estime ne pas avoir à payer pour le trafic généré par l'américain. Dans une interview accordée au Financial Times, il persiste et signe.

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Joie de nombreux internautes d'un côté, révolte des médias et autres sites Internet de l'autre, atteinte potentielle à la neutralité des réseaux... Tout le monde se souvient du tollé provoqué par la mise en place d'un bloqueur de publicités (de type Adblock) suite à une mise à jour de la Freebox v6 en janvier dernier.

Le conflit qui oppose Free et Google ne semble toujours pas résolu. Dans une interview accordée au Financial Times, le patron d'Iliad déclare ainsi que le blocage se poursuivrait d'une manière ou d'une autre : « Nous allons continuer. Nous allons couper les publicités de temps en temps. Et un jour, nous les couperons pour de bon ».

Pour Xavier Niel, il s'agissait à l'époque de mettre la pression sur YouTube pour que celui-ci se décide à prendre en charge les coûts d'interconnexion générés par l'énorme trafic qui transite sur son réseau. Depuis longtemps, les freenautes font savoir qu'ils pâtissent d'un accès très limité à YouTube et les deux sociétés semblent ne pas pouvoir trouver de compromis. Un règlement à l'amiable qu'a réussi à trouver Orange avec Google. L'opérateur historique avait à l'époque annoncé que Google pesait pour plus de 50% du trafic observé sur ses réseaux.

L'homme d'affaires, lui, se félicite de tenter son bras de fer avec le moteur de recherche. Dans une interview accordée au Figaro, il avait ainsi expliqué que « tous les acteurs pensent qu'il faut négocier avec Google et obtenir une juste rémunération. Nous sommes les seuls à avoir eu le courage d'établir un rapport de force ».

C'est alors que le débat sur la neutralité des réseaux a pris d'énormes proportions. Le droit d'un FAI à agir directement sur le contenu proposé aux internautes lors de leur navigation avait en effet suscité beaucoup d'interrogations. D'autant plus qu'il n'était pas possible pour eux d'épargner le blocage à certains sites, par le biais d'une liste blanche ou à l'inverse d'une liste noire. De nombreux sites Internet, qui vivent de la publicité, avaient dès lors dénoncé cette liberté que s'était arrogée Free.

L'affaire a pris de telles proportions que le terme d'« Adgate » s'est rapidement imposé. Le gouvernement, à travers la ministre de l'économie numérique, Fleur Pellerin, s'était même emparé du sujet. La ministre avait à l'époque demandé de retirer le blocage de la publicité par défaut tout en se disant favorable à un mécanisme d'optout (en l'occurrence une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de désactiver s'ils le désirent la publicité).

Après que Xavier Niel eut été reçu à Bercy, Free était en partie revenu sur ces actes en désactivant l'Adblock par défaut. Même si après ce recul, certaines régies demeuraient impactées, toutes appartenant à Google.

A la lecture de cette interview, il ressort clairement que Xavier Niel reste campé sur ses positions. Appelé par le gouvernement à davantage de mesure, il n'hésite pas à reformuler aujourd'hui ses menaces à Google et annoncer de prochains blocages. Une stratégie pleinement assumée, dont il semble convaincu qu'elle portera ses fruits.
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