Xavier Niel a réagi de manière très ironique à la déclaration de la ministre Anne Le Hénanff, qui a fait du VPN le prochain sujet de sa liste, avec une possible régulation. Ce qui fait bondir le fondateur de l'opérateur Free.

Xavier Niel ne semble pas avoir apprécié la sortie de la ministre en chargée de l'IA et du Numérique sur les VPN.  © Iliad
Xavier Niel ne semble pas avoir apprécié la sortie de la ministre en chargée de l'IA et du Numérique sur les VPN. © Iliad

Le gouvernement régulera-t-il le marché du VPN ? Ira-t-il jusqu'à en interdire l'usage, que ce soit pour les moins de 18 ans, les moins de 15 ans ou pour tout le monde ? Nul ne sait à ce stade, même si la ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, a déclaré vendredi sur franceinfo que le VPN est « le prochain sujet » sur sa liste. Après la réaction piquante du hacker éthique Clément Domingo chez Clubic en soirée, Xavier Niel, qui propose avec Free un VPN gratuit à la plupart de ses abonnés mobiles, a aussi critiqué l'intention supposée de la ministre, en maniant l'ironie.

La parodie, la ministre et le débat sur l'interdiction des VPN

De façon presque prémonitoire, le compte parodique Pediavenir a posté le 29 janvier sur le réseau social X une fausse alerte info, accompagnée d'une phrase indiquant qu'« Emmanuel Macron veut interdire les VPN en France (Évian) ». Le lendemain, Xavier Niel s'en est moqué, dans un tweet déjà vu 1,3 million de fois.

« Mdrrrrrr vous êtes tous tombés dans le panneau alors que c’est un compte parodique, réfléchissez un peu, aucune démocratie n’oserait faire ça  », a-t-il lâché, en sachant très bien ce que venait de dire, quelques heures plus tôt, la ministre déléguée à l'Intelligence artificielle et au Numérique, Anne Le Hénanff, à la télévision. « Les VPN, c'est le prochain sujet sur ma liste », a-t-elle déclaré.

Cette sortie jugée « catastrophique » et « très dangereuse » par le spécialiste cyber Clément Domingo, aka SaxX, fait notamment suite au vote de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans par l'Assemblée nationale, une loi que les adolescents chercheront forcément à contourner pour certains. D'où la mise sur la table du dossier VPN, de sa possible régulation, voire de sa potentielle interdiction. Outre-Manche, on a déjà fait la moitié du chemin, puisque la Chambre des lords a voté, il y a une dizaine de jours, l'interdiction des VPN aux moins de 18 ans. Avec pour conséquence une explosion des téléchargements de VPN.

Pourquoi une interdiction des VPN en France reste quasi-impossible

Mais retour en France, et du côté des experts, la réaction est vive. Clément Domingo, très suivi par la communauté cyber, n'y va pas par quatre chemins. Cette idée d'une potentielle interdiction est « hyper dangereuse » selon lui, voire « stupide ». Bannir les VPN reviendrait à censurer la population et à contrôler toutes les connexions. Il attribue d'ailleurs la déclaration de la ministre à une méconnaissance technique flagrante du sujet.

Et ce serait oublier les usages parfaitement légitimes du VPN. Les entreprises y ont recours pour sécuriser le télétravail, et l'ANSSI, l'agence française de cybersécurité, a elle-même publié plusieurs guides sur leur mise en place. Clément Domingo conseille même leur utilisation sur les réseaux Wi-Fi publics, et la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a aussi confirmé, pas plus tard qu'en janvier 2026, que ces outils conservent leur neutralité tant qu'ils n'encouragent pas activement d'activités illégales.

Techniquement, bloquer les VPN n'est pas impossible, mais ce serait difficile à mettre en place. SaxX explique qu'il faudrait passer par les FAI, les fournisseurs d'accès à Internet, avec du Deep Packet Inspection (DPI), mais que les proxy SOCKS, Tor ou des navigateurs comme Brave rendraient tout cela très difficile à appliquer. Pour contexte, l'Iran, la Chine et la Russie bloquent déjà les VPN, un club que la France n'a pas intérêt à rejoindre.