Après le vote de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, la ministre déléguée au Numérique Anne Le Hénanff a confirmé que les VPN figurent désormais en haut de sa liste de priorités. Une approche qui fait écho au Royaume-Uni, où la Chambre des lords vient d'adopter un amendement pour bloquer l'accès à ces outils aux mineurs.

Ca y est, le VPN est en ligne de mire du gouvernement français
Ca y est, le VPN est en ligne de mire du gouvernement français

Interrogée vendredi 30 janvier sur France Info dans l'émission "L'invité politique", Anne Le Hénanff a reconnu la difficulté à faire respecter l'interdiction adoptée par l'Assemblée nationale lundi dernier. La ministre a admis que les adolescents chercheront à contourner la loi. "Les VPN, c'est le prochain sujet sur ma liste", a-t-elle déclaré. De toute évidence, le gouvernement prépare une réglementation pour limiter l'accès à ces réseaux privés virtuels.

Cette annonce intervient alors que le Royaume-Uni vient d'adopter une position radicale sur le sujet. Le 21 janvier, la Chambre des lords britannique a voté un amendement au Children's Wellbeing and Schools Bill visant à interdire l'usage des VPN aux moins de 18 ans. Adopté par 207 voix contre 159, le texte prévoit que les fournisseurs de VPN "pertinents" ne puissent plus proposer leurs services aux enfants britanniques et qu'ils mettent en place... une vérification d'âge obligatoire.

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Un outil de contournement redoutablement efficace

Pour mémoire, le VPN crée un tunnel chiffré entre l'appareil de l'utilisateur et un serveur distant pouvant être situé n'importe où dans le monde. Cette technologie masque l'adresse IP réelle et permet de simuler une localisation depuis un autre pays. Le VPN reste parfaitement légal en France et dans toute l'Union européenne. Cette technologie répond à des usages légitimes que le gouvernement ne peut ignorer. Les entreprises utilisent massivement les VPN pour sécuriser les connexions à distance de leurs salariés en télétravail ou en déplacement. Les citoyens y ont recours pour protéger leurs données personnelles sur les réseaux Wi-Fi publics ou pour accéder à des services en ligne depuis l'étranger.

En France, l'usage des VPN est pour le moment autorisé. D'ailleurs, la Cour de justice de l'Union européenne a également confirmé le ce mois-ci janvier 2026 que les VPN conservent leur neutralité tant qu'ils n'encouragent pas activement des activités illégales.

Reste qu'en pratique, un adolescent français pourrait ainsi faire croire qu'il se connecte depuis l'étranger, là où la vérification d'âge française ne s'applique pas. Le chiffrement mis en place dans ce tunnel rend l'ensemble du trafic illisible : les plateformes ne peuvent donc pas détecter qu'un mineur contourne la loi.

Le cas britannique

Depuis l'entrée en vigueur du Online Safety Act cet été outre-Manche, qui oblige les plateformes à vérifier l'âge des utilisateurs, les téléchargements de VPN ont explosé au Royaume-Uni. Proton VPN a vu ses inscriptions quotidiennes grimper de 1 800%, tandis que NordVPN enregistrait une hausse de 1 000% de ses ventes. Un sondage réalisé par la Lucy Faithfull Foundation révèle que 29% des adultes britanniques utilisent désormais un VPN pour contourner les contrôles d'âge.

La secrétaire d'État à la Technologie Liz Kendall a annoncé le lancement d'une consultation de trois mois pour évaluer les effets réels d'une telle interdiction.

Certains parlementaires britanniques ont averti que soumettre les VPN à des obligations de vérification d'âge pourrait fragiliser un outil utilisé par de nombreux professionnels pour des raisons légitimes de sécurité. La question reste la même des deux côtés de la Manche : comment limiter l'accès aux réseaux sociaux sans remettre en cause les usages légitimes d'une technologie essentielle pour la sécurité et la confidentialité ?

Des approches divergentes selon les pays

Anne Le Hénanff n'a précisé ni l'ampleur ni la nature des mesures qu'elle envisageait. La France observera sans doute très attentivement le modèle britannique, même si celui-ci suscite des débats intenses outre-Manche. Les critiques dénoncent une forme de censure indirecte, pointant le risque de restrictions en cascade : après la régulation des contenus vient celle des outils permettant d'y accéder autrement.

Rappelons que la Chine et sa grande muraille numérique bloque 73% des tentatives de connexion VPN, tandis que l'Iran en bloque 69%. La Russie a interdit en 2017 les VPN non approuvés par l'État. Ces pays considèrent les VPN comme une menace pour leur capacité à censurer internet et à contrôler ce que leurs citoyens peuvent consulter en ligne.

Le gouvernement français saura-t-il trouver le bon équilibre entre la protection des mineurs et respect total des libertés numériques ? La consultation pourrait offrir des pistes de réflexion pour Paris.

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