Test du realme 7 Pro : une évolution mineure

Marc Mitrani
Expert Smarpthone
16 octobre 2020 à 12h01
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Six mois : c’est la durée de vie commerciale d’un modèle estampillé « Pro » chez realme. C’est ce que l’on est en droit de penser après le remplacement plutôt rapide du 6 Pro par le 7 Pro.

Positionné en milieu de gamme, il a pour ambition de séduire les utilisateurs souhaitant acquérir pour un prix raisonnable un smartphone pouvant les accompagner dans leurs activités quotidiennes.

Cette sortie pour le moins rapide est-elle synonyme d’évolution technologique majeure ou s’agit-il d’un simple rafraîchissement technique enrobé d’une jolie couche de marketing ? Peut-on raisonnablement envisager l’achat de ce smartphone a priori séduisant afin de remplacer un produit vieillissant ? Pour le savoir, nous avons passé au banc d’essai.

Fiche technique

  • Processeur : Snapdragon 720G
  • GPU : Adreno 618
  • RAM : 8 Go LPDDR4X
  • Stockage : 128 Go UFS 2.1 non-extensible
  • OS : Android 10 + realmeUI 1.0
  • Écran : Super AMOLED tactile 6,4’’ format 20:9 ; 1080 x 2400 pxls  (409 ppp); rafraîchissement 60 Hz
  • Protection : résistant aux éclaboussures ; écran Gorilla Glass 3+ de Corning
  • Déverrouillage : lecteur d’empreintes optique sous écran, reconnaissance faciale
  • Caméra frontale : 32 Mpxl 1/2, 75’’ (f/2,5, photosites 0,8 μm)
  • Caméra dorsale : module principal 64 Mpxl 1/1,73 ’’ (objectif 26 mm f/1,8 ; photosites 0,8 μm, autofocus à détection de phase) ; grand-angle 8 Mpxl (objectif 16 mm f/2,3 ; photosites 1,12 μm) ; macro 2 Mpxl 1/5 ’’ (23 mm, f/2,4, photosites 1,65 μm) ; portrait 2 Mpxl 1/5 ’’ (22 mm, f/2,4, photosites 1,75 μm)
  • Vidéo : 4K (30 im/s) ; Full HD (30/60 im/s) ; ralenti Full HD (120 im/s) ; ralenti 720p (240 im/s)
  • Batterie : 4500 mAh  ; charge rapide SuperDart 65 Watts par USB-C avec chargeur fourni
  • Audio : haut-parleurs stéréo, certification Dolby Atmos ; aptX
  • Sans-fil : téléphonie 4G ; Wifi ac ; Bluetooth 5.1
  • SIM : 2 x nano-SIM
  • Dimensions : 160,9 x 74,3 x 8,7 mm
  • Poids : 182 g  
  • Prix : 329 € (hors bonnement)

Design : joli, mais pas original

Si l’originalité en matière de design était un critère primordial, le 7 Pro ne serait pas très bien noté puisqu’il ressemble à n’importe quel autre smartphone produit par realme. Ce n’est en soi pas un problème, la finition étant de bonne facture, tout comme le soin apporté à la qualité de construction.

Realme a choisi de faire l’impasse sur le verre pour la face arrière. Il a été remplacé par un mélange de polycarbonate et de polyméthylméthacrylate (respectivement connus sous les noms de plastique et de Plexiglas) à la finition matte et au toucher soyeux. Le bloc embarquant la caméra dorsale est de type domino (rectangulaire, quatre objectifs, un flash LED) et ne dépasse que très légèrement de la coque. L’écran est quant à lui recouvert d’un verre Gorilla Glass 3+ de Corning tandis que le châssis est fait de polycarbonate teinté dans la masse.

En remplaçant le verre de la face arrière et l’aluminium par des composites organiques, realme économise sur le coût de fabrication du 7 Pro. Bénéfice collatéral, l’appareil devient un peu moins sensible aux chutes, la face arrière ne risquant pas d’éclater comme du verre. L’aspect général reste très convaincant malgré une propension à accumuler rapidement les traces de doigts. On n’hésitera donc pas à utiliser la coque en plastique souple transparent fournie en standard par le constructeur.

Le reste du design reprend les canons habituels du genre. On retrouve les touches mécaniques réparties sur les flancs droit (mise sous tension) et gauche (contrôle du volume). Ce dernier abrite aussi le tiroir comportant deux emplacements pour cartes nano SIM et une carte micro SD. La face inférieure héberge une série de perforations laissant passer le son, un connecteur USB-C ainsi qu’un jack audio (chose de plus en plus rare).

Écran : AMOLED made in Samsung

Le 7 Pro dispose d’une dalle Super AMOLED d’origine Samsung affichant 1080 x 2400 pxls (soit une densité de 409 ppp) et couvre 91 % de la face avant. Un poinçon de 3,7 mm de diamètre logé dans le coin supérieur gauche abrite la caméra frontale mono-objectif. Celui-ci s’avère peu gênant en utilisation traditionnelle ou en visionnant de vidéos, mais pour poser problème lors de l’utilisation de certaines applications dont l’interface n’est pas prévue pour cette zone morte (notamment les jeux).

Milieu de gamme oblige, la fréquence de rafraîchissement plafonne à 60 Hz et la luminosité à 430 nits (600 en pointe, hors contrôle automatique de la luminosité). Realme annonce un taux de contraste de 60000:1, soit de quoi produire des images de bonne facture. Dans les faits, ces promesses sont bien tenues et l’image produite s’avère de très bonne qualité. Par défaut, les couleurs sont boostées afin de produire un résultat flatteur à l’œil. On pourra les rendre plus fidèles à la réalité en optant pour le réglage « doux » (profil colorimétrique sRVB) ou à la rigueur « vif » (profil colorimétrique DCI-P3 adapté au visionnaire de vidéos).

Signalons enfin la présence de la technologie OSIE — déjà aperçue sur d’autres smartphones de la marque — qui améliore le rendu des vidéos de faible résolution. Par défaut désactivée, elle apporte un confort de visualisation non négligeable sur les vidéos en définition standard.

Audio : un son correct et un jack audio

Le 7 Pro est l’un des rares smartphones à embarquer un jack audio : les amateurs de casques filaires apprécieront. Le son produit par les deux hauts-parleurs internes (l’un situé à la base, l’autre faisant aussi office d’écouteur) s’avère très correct sans toutefois être extraordinaire.

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Le 7 Pro bénéficie des certifications Hi-Res Audio et Dolby Atmos. Il manque toutefois quelques possibilités de réglages audio afin de parfaire la qualité d’écoute. On aurait par exemple aimé trouver un égaliseur, même basique. Manifestement, le 7 Pro n’est pas assez haut de gamme pour que realme songe implémenter une telle fonctionnalité.

Performances : rien de nouveau sous le capot

Le 7 Pro est construit autour d’un processeur Snapdragon 720G et de la puce graphique Adreno 618. Ils sont accompagnés par 8 Go de RAM LPDDR4X et 128 Go de stockage UFS 2.1 (extensible par carte micro SD). De façon étonnante, cette configuration est identique à celle du realme 6 Pro, annoncé en début d’année. Realme aurait-il souhaité conserver le même châssis afin de réaliser des économies (et donc de maximiser ses bénéfices) ? Bonne question à laquelle nous essayerons d’apporter une réponse un peu plus loin.

Dès lors, on ne sera pas surpris de constater que les performances brutes du 7 Pro sont identiques à celles du 6 Pro. Nous avons ainsi relevé un score de 288 056 points Antutu, 1787 points Geekbench (en multicœur, 572 points en monocœur) et 2531 points 3 D Benchmark. Pour le 6 Pro, les scores étaient de 286 338 points Antutu, 1750 points Geekbench (en multicœur, 568 points en monocœur) et 2673 points 3 D Benchmark.

Comme son grand frère, le 7 Pro affiche des performances moyennes lorsqu’on les compare aux haut de gamme actuels. Les scores sont tirés vers le bas par l’emploi de technologies vieillissantes (Flash UFS 2.1 et RAM LPDDR4, notamment) et par les performances très moyennes de l’Adreno 618.

Cela n’empêche pas le 7 Pro d’exécuter avec une fluidité satisfaisante Android 10 et la surcouche maison realmeUI 1.0. Les 8 Go de RAM autorisent une gestion sans à-coups du multitâche, faisant du 7 Pro un agréable compagnon de la vie quotidienne. On pourra aussi jouer aux jeux récents à condition de sacrifier un peu de qualité d’image afin de conserver une certaine fluidité.

realmeUI fonctionne sans à-coup

Si le 7 Pro n’est pas un foudre de guerre, il fait le boulot pour lequel il a été conçu : assister efficacement son propriétaire dans ses activités quotidiennes. Il ne faudra toutefois pas lui en demander beaucoup plus, ce qui est cohérent avec son positionnement milieu de gamme. Signalons enfin que l’appareil ne chauffe pratiquement pas, même lorsqu’il est fortement sollicité.

Bonne autonomie et charge ultrarapide

Le 7 Pro embarque une batterie de 4500 mAh, ou plus exactement deux batteries de 2250 mAh. Ce dédoublement est rendu nécessaire par la technologie de charge ultrarapide SuperDart. Son principe de fonctionnement est aussi simple que fût. Au lieu de charger l’une après l’autre les cellules d’une grosse batterie, SuperDart charge en parallèle deux batteries de moindre capacité. Cela permet de réduire de façon conséquente le temps de charge global du smartphone.

Diagrame de charge du 7 Pro

Cette technologie, déjà maîtrisée depuis un petit bout de temps par realme (ainsi que par Oppo, constructeur appartenant au même groupe industriel), a déjà fait ses preuves. Déclinée ici dans sa version la plus rapide (SuperDart 65 Watts), elle affiche sur le papier des performances impressionnantes. Realme affirme ainsi qu’il faut 12 minutes de charge pour passer l’autonomie de 0 à 50 %, la pleine capacité étant atteinte en 34 minutes. Il faut pour cela utiliser le chargeur et le câble USB fournis, tous deux étant propriétaires. En l’absence d’un des deux éléments, la charge s’effectuera à seulement 10 Watts.

Nous avons tenté de reproduire les chiffres avancés par le constructeur après avoir consciencieusement vidé la batterie du 7 Pro. Il nous a fallu 15 minutes pour atteindre 50 % de charge, ce qui est à peu près conforme à ce qu’annonce le constructeur — et très impressionnant. Arriver à 100 % a pris 40 minutes, soit 6 minutes de plus que la durée prévue. Au bout de 34 minutes, le 7 Pro était toutefois chargé à 95 %.

Même si les affirmations du constructeur sont un peu optimistes, on ne peut qu’apprécier une telle rapidité de chargement. Comme d’habitude, nous regrettons l’absence de charge à induction, pourtant de plus en plus utile lors de voyages.

Une fois pleine, la batterie nous a permis de tenir sans problème une journée et demie en mode geek et deux jours en utilisation moins intensive. Compte tenu du positionnement de l’appareil et de son équipement, l’autonomie constatée est plus que satisfaisante.

Photo : dans la moyenne

La caméra dorsale du 7 Pro se compose de quatre couples capteur + objectif :

  • module principal : 64 Mpxl 1/1,73 ’’ objectif 26 mm f/1,8 ; autofocus à détection de phase
  • grand-angle : 8 Mpxl (objectif 16 mm f/2,3 ; photosites 1,12 μm)
  • macro : 2 Mpxl 1/5 ’’ objectif 23 mm, f/2,4
  • portrait : 2 Mpxl 1/5 ’’ objectif 22 mm, f/2,4

Les 64 Mpxl du capteur principal servent essentiellement à produire des images de 16 Mpxl en utilisant la technique du pixel binning. On note l’absence de téléobjectif, donc de zoom optique : il faudra donc faire avec sa version numérique.

La faible définition des capteurs dédiés aux modes portrait et macro nous ont au début interpellées. Avec 2 Mpxl, on pouvait s’attendre à des résultats décevants. Dans les faits, le mode ultra-macro se tire plutôt bien de l’épreuve à condition de respecter scrupuleusement la distance optimale conseillée de 4 cm. Certes, les images manque de piqué et parfois de détails, mais franchement on s’attendait à pire.

Le mode ultra macro est désavantagé par un capteur de seulement 2 Mpxl

Le capteur 2 Mpxl de l’objectif portrait sert essentiellement à récupérer des informations de profondeur de champ, l’image résultante étant shootée avec le module principal. La génération du Bokeh artificiel est correct sur les scènes simples, mais manque de finesse dès que le sujet à détourer devient complexe. Rien d’étonnant à cela, la faible définition du capteur calculant la position des objets de la scène limitant grandement la qualité de la détection.

Ultra grand-angle
Capteur principal
Zoom numérique 2x : sur la photo d'origine, les détails les plus fins commencent à souffrir
Zoom 5x : sur la photo d'origine, la perte de détails est flagrante

La prise de vue traditionnelle produit des résultats très corrects en plein jour avec le capteur principal, tant en termes de piqué que de respect colorimétrique. Manifestement, l’algorithme de pixel binning implémenté ici a été optimisé par rapport à celui présent sur le 6 Pro. Le grand angle produit des images correctes au centre, mais manquant de détail sur les bords (les pros parlent de « mollesse sur les bords »). Ce résultat était prévisible au regard de la taille du capteur et des caractéristiques de l’objectif associé. Les couleurs sont quant à elles légèrement délavées, mais rien de dramatique.

Le zoom numérique concocté pour le 7 Pro est cohérent avec le positionnement du smartphone : OK pour partager des images par messagerie ou sur les réseaux sociaux. Mais c'est tout. Les images 2x restent exploitables et l'on pourra même envisager de les imprimer en format A4. Mais au-delà, l’algorithme numérique de ce brave zoom s’échine à inventer les infos manquantes. Malheureusement pour lui, il n’est pas très fort à ce petit jeu et les détails de la scène sont rapidement aux abonnés absents.

Le 7 Pro dispose de différents modes gérés par l’IA. On retiendra essentiellement que le mode portrait s’apparente à un grossier maquillage fait à la va-vite, un examen attentif de l’image pouvant rapidement faire saigner les yeux les plus sensibles. Autre particularité, le mode 64 Mpxl, qui utilise le capteur principal à sa définition nominale, produit des images plus volumineuses et au piqué un poil meilleur en bonne luminosité. Le gain n’est alors certes pas flagrant et a tendance à disparaître rapidement dès que la luminosité baisse. En définitive, on ne l’activera plus par curiosité que pour l’obtention de meilleurs résultats.

Ultra grand-angle
Capteur principal
Zoom numérique 2x : jusqu'ici, tout va bien
Zoom numérique 5x nocturne : les barreaux du balcon ont du mal à exister

Le mode nuit, enfin, est presque une bonne surprise. Les ingénieurs du constructeur ont manifestement repris une bonne partie des algorithmes du realme X3 SuperZoom. À défaut d’être parfait, le résultat tient la route en grand-angle ainsi qu’avec le capteur principal, à condition de bien caler le smartphone pendant la prise de vue. À partir de 2x, le zoom numérique reprend son funeste travail de destruction des détails. L'image a un rendu médiocre si on l'imprime en taille moyenne (formats A5 et A4). Elle devient franchement mauvaise si l'on dépasse le format 10x15 au-dessus de 5x (à moins bien sûr d’être un adepte du pointillisme).

En mode vidéo, un commutateur (aux 2/3 bas depuis la gauche) permet de choisir le niveau de stabilisation

Un mot rapide sur la vidéo, qui n’est manifestement pas le point fort du 7 Pro. La captation en 4K 30 im/s reste de qualité correcte tant que l’on ne s’intéresse pas à l’audio. Sa qualité s’avère très moyenne, y compris en environnement calme. La stabilisation électronique se décline en deux versions : Ultra-stabilité et Ultra-stabilité Max. Toutes deux sont satisfaisantes en Full HD (non disponibles en 4K), même si le rendu en version Max peut parfois sembler artificiel.

L’avis de Clubic

Realme positionne le 7 pro comme étant une version améliorée du 6 Pro sorti en début d’année. En pratique, il ne faudra pas compter sur lui pour procurer de meilleures performances, son architecture interne étant strictement identique à celle de son prédécesseur. Parmi les aspects positifs, citons le remplacement de la dalle LCD IPS par un modèle Super AMOLED produisant une image nettement plus agréable, la présence d’un lecteur d’empreintes sous l’écran ainsi qu’une amélioration non négligeable de la vitesse de charge.

Malheureusement, le 7 Pro dispose de modules photos moins qualitatifs (pas de zoom optique, capteurs moins définis, caméra frontale mono-objectif), d’une protection Gorilla 3+ (au lieu du Gorilla 5 de son grand frère), d’un dos en plastique et surtout d’un prix en hausse. Même s’il ne déçoit globalement pas, le 7 Pro ne marque pas une franche évolution par rapport au 6 Pro.

Realme 7 Pro

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Six mois après le 6 Pro, le 7 Pro prend la relève. Au menu, quelques améliorations (notamment pour l'écran), une charge ultra-rapide et une autonomie très satisfaisante.

Malheureusement, l'électronique interne n'évolue pas, le 7 Pro affichant exactement les mêmes performances que son prédécesseur.

Les plus

  • Qualité de l’écran AMOLED
  • Bonne autonomie
  • Charge ultrarapide
  • Jack audio présent

Les moins

  • Pas d’évolution au niveau des performances
  • Pas de zoom optique
  • Mode portrait améliorable
  • Pas d’étanchéité avérée, mais une « résistance aux éclaboussures »

Ecran 9

Performances 7

Autonomie 8

Design 8

Photo 7

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