Google finalement autorisé par l'Union européenne à racheter Fitbit pour 2,1 milliards de dollars

17 décembre 2020 à 20h00
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La Commission européenne a donné son aval à la firme de Mountain View. Elle estime que les engagements pris par le géant américain sont rassurants.

L'enquête de la Commission européenne sur le rachat de Fitbit par Google touche à sa fin. Margrethe Vestager, Vice-présidente de l'institution, en charge de la politique de concurrence, l'a confirmé dans un communiqué ce jeudi 17 décembre, après avoir entendu, ces derniers mois, les parties prenantes à l'opération et les concurrents des autres acteurs du marché. À la fin du mois de novembre, dernier événement en date dans ce dossier, Amnesty International avait réclamé le gel de l'opération tant que Google n'apportait pas de garanties solides, notamment en ce qui concerne les données de santé. L'UE est désormais pleinement satisfaite de l'accord.

La Commission rassurée sur la préservation de la concurrence et la liberté de choix conservée des utilisateurs

Google va donc pouvoir passer à l'étape suivante et enfin entériner le rachat de Fitbit pour un montant de 2,1 milliards de dollars. « Nous sommes en mesure d'autoriser l'acquisition envisagée de Fitbit par Google car les engagements garantiront que le marché des appareils de technologie portable et l'espace naissant des services de santé numériques resteront ouverts et concurrentiels », a déclaré la commissaire européenne à la Concurrence.

« Ces engagements détermineront la manière dont Google peut utiliser les données récoltées à des fins publicitaires, dont l'interopérabilité entre les appareils de technologie portable concurrents et Android sera préservée et dont les utilisateurs pourront continuer à partager leurs données relatives à la santé et à la forme physique s'ils en font le choix », a poursuivi madame Vestager.

Ce qui inquiétait la Commission européenne et le marché, c'était le chevauchement plus que discutable des activités de Google et de Fitbit, le géant américain pouvant être tenté d'assoir sa domination sur le marché de la publicité en ligne, grâce aux données récoltées par les appareils de la marque spécialiste des trackers d'activité. L'institution redoutait aussi la possibilité pour Google de restreindre l'accès des concurrents à l'API Fitbit Web, ce qui pourrait constituer un obstacle à l'entrée sur le marché pour de nouvelles start-up. Et par ailleurs, comme le souligne Margrethe Vestager, Google aurait pu brider l'interopérabilité des appareils à porter au poignet avec les smartphones Android .

Des engagements sur 10 ans, renouvelables

Les futurs concurrents de Google sur le marché estiment que l'entreprise américaine pourrait conjuguer ses propres bases de données avec celles de Fitbit, pour prendre le pas justement sur la concurrence. Sur ce point-là, la Commission européenne rappelle que le secteur des services de santé numériques n'en est qu'à ses balbutiements, et que les acteurs sont nombreux. Bruxelles souligne également que la communauté de Fitbit reste très limitée aujourd'hui sur le segment des montres intelligentes .

Sur le respect de la vie privée, la Commission européenne note que Google devra respecter les dispositions du RPGD, qui interdit tout traitement des données à caractère personnel concernant la santé, sauf en cas de consentement.

Google a pris tout un tas d'engagements pour prouver sa bonne foi à l'Union européenne. L'entreprise :

  • n'utilisera pas les données de santé issues des appareils Fitbit et autres capteurs pour le compte de sa régie publicitaire Google Ads ;
  • isolera les données des utilisateurs de Fitbit des autres données Google ;
  • préservera le choix offert aux utilisateurs d'autoriser ou refuser que leurs données de santé soient stockées dans leur profil Google ou Fitbit pour être utilisées via d'autres services, comme Google Maps ou Google Search, etc.) ;
  • s'abstiendra de toute dégradation de l'expérience utilisateur d'appareils à porter au poignet d'autres fabricants que Fitbit.

Ces engagements sont pris pour les 10 prochaines années. La Commission pourra librement décider de prolonger ceux-ci pour dix nouvelles années, si elle estime une prolongation justifiée. Un mandataire veillera à la bonne mise en œuvre des engagements.

Modifié le 22/12/2020 à 14h20
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