Amnesty International a demandé au régulateur européen de bloquer le rachat de Fitbit par Google

Alexandre Boero
Chargé de l'actualité de Clubic
30 novembre 2020 à 15h24
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Dans une lettre adressée à la Commission européenne, l'ONG fait part de ses vives inquiétudes au sujet de l'opération. Elle s'inquiète des risques de violation des droits de l'homme qu'il en découlerait.

Si la Commission européenne a dernièrement obtenu des réponses satisfaisantes de Google sur le rachat de Fitbit, notamment au sujet de l'exploitation des données personnelles collectées par les objets connectés, celle-ci n'a pas encore définitivement donné son aval pour finaliser l'acquisition. Amnesty International en profite pour l'interpeller et réclamer la suspension du rachat, tant que Google n'aura pas prouvé préserver les droits de l'homme.

Amnesty dénonce « l'ingérence sans précédent dans notre vie privée » de Google

Amnesty International a écrit à la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, en charge de la concurrence, Margrethe Vestager, le 27 novembre, pour inviter l'UE à ne pas entériner le rachat de Fitbit par Google, du moins le temps que la firme de Mountain View puisse attester des garanties supplémentaires qui vont au-delà de la simple préservation de la concurrence.

L'organisation non gouvernementale internationale craint que l'opération, estimée à 2,1 milliards de dollars, contribue à étendre encore un peu plus la domination de Google « et de son modèle commercial basé sur la surveillance, dont la nature et l'ampleur représentent déjà une menace systémique pour les droits de l'homme ».

Pour Amnesty International, tout le problème vient du fait que Fitbit génère et détient des données de santé, particulièrement sensibles, données qui vont être acquises par Google. L'ONG veut sensibiliser la Commission européenne en lui rappelant que le modèle de Google est basé sur la récolte, l'analyse et la profitabilité des données des utilisateurs, à grande échelle. Un modèle qui, selon elle, « porte atteinte au droit à la vie privée et menace d'autres droits de l'homme », comme la liberté d'expression, la liberté d'opinion, la liberté de pensée ainsi que le droit à l'égalité et à la non-discrimination, le mouvement allant même jusqu'à parler « d'ingérence sans précédent dans notre vie privée ».

L'ONG demande à l'UE de réclamer des garanties supplémentaires à Google

Si Google avait prévenu la Commission européenne, en juillet dernier, de son intention de ne pas utiliser les données des appareils connectés Fitbit à des fins publicitaires, Amnesty International dégaine un autre argument, reprochant à Google de permettre la communication des données des utilisateurs à travers ses multiples services. Pour l'association, l'acquisition de Fitbit permettrait à la firme de Mountain View « de combiner des données intimes sur notre santé et nos habitudes avec ses ensembles de données existants, afin de renforcer l'ingérence sur les personnes, avec des conséquences dans les domaines de l'assurance, des soins de santé et de l'emploi ».

Les pratiques passées de Google, selon Amnesty International, doivent pousser l'UE à exiger des garanties encore plus strictes que celles avancées par le géant américain, surtout à l'heure où les autorités européennes s'apprêtent à mettre en place une nouvelle réglementation en matière de concurrence.

Amnesty International appelle ainsi la Commission européenne à évaluer les impacts potentiels de la fusion sur les droits de l'homme, et à n'autoriser le rachat que si Google et Fitbit démontrent avoir respecté les droits de l'homme par le prisme de garanties efficaces qui atténueront ces risques sur les droits de l'homme à court, mais aussi à long terme.

Alexandre Boero

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Journaliste, chargé de l'actualité de CLUBIC. Reporter, vidéaste, animateur et même imitateur-chanteur, j'ai écrit mon premier article en 6ème. J'ai fait de cette vocation mon métier (diplômé de l'EJC...

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Journaliste, chargé de l'actualité de CLUBIC. Reporter, vidéaste, animateur et même imitateur-chanteur, j'ai écrit mon premier article en 6ème. J'ai fait de cette vocation mon métier (diplômé de l'EJCAM), pour écrire, interroger, filmer, monter et produire au quotidien. Des atomes crochus avec la Tech, certes, mais aussi avec l'univers des médias, du sport et du voyage. Outre le journalisme, la prod' vidéo et l'animation, je possède une chaîne YouTube (à mon nom) qui devrait piquer votre curiosité si vous aimez les belles balades à travers le monde, les nouvelles technologies et Koh-Lanta :)

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Commentaires (1)

BBlake
Alors je suis totalement d’accord avec Amnesty International, étant dans l’informatique j’essaye au possible de boycott Google pour les raisons évidentes énuméré plus haut.<br /> «&nbsp;Un modèle qui, selon elle, « porte atteinte au droit à la vie privée et menace d’autres droits de l’homme », comme la liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté de pensée ainsi que le droit à l’égalité et à la non-discrimination, le mouvement allant même jusqu’à parler « d’ingérence sans précédent dans notre vie privée ».&nbsp;»<br /> Par contre cette partie là me dérange, beaucoup de terme comme «&nbsp;liberté d’expression&nbsp;» ou «&nbsp;liberté de pensée&nbsp;» sont des termes trop utilisé de nos jours afin de mettre des entités comme l’UE dos au mur car le peuple sont très réceptif à cela.<br /> En bref l’objectif est bon mais la démarche est discutable ^^
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