Samsung dévoile sa stratégie de défense dans son procès contre Apple

01 juin 2018 à 15h36
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La semaine consacrée à la défense de Samsung dans le procès américain qui l'oppose à Apple n'est pas sans rebondissement : si Apple semble avoir marqué des points la semaine dernière, notamment grâce à des documents internes de Samsung, la firme sud-coréenne n'est pas en reste, même si tout reste à faire avait la fin du procès.

Lundi, la juge Lucy Koh a commencé par faire le ménage dans les attaques d'Apple, en rejetant du dossier trois smartphones de Samsung accusés de violer des brevets de l'entreprise coréenne : les Galaxy Ace, Galaxy S i9000 et Galaxy S II i9000 ne sont plus cités dans l'affaire américaine, tout simplement parce qu'ils n'ont pas été commercialisés sur le territoire.

Une décision qui concorde avec celle réalisée dimanche dernier par le tribunal concernant le smartphone F700, que Samsung n'avait pas pu utiliser dans sa défense car il n'était pas cité par Apple comme enfreignant ses brevets. Une situation qui a fait perdre un témoin-clé à Samsung, mais pour le Coréen, voir trois de ses terminaux effacés du dossier est tout de même une petite victoire, symbolique tout du moins... car du côté d'Apple, cela ne change pas grand-chose : comme les documents déposés à la cour le laissaient entendre depuis le début du procès, la firme de Cupertino ne considérait pas avoir perdu d'argent aux USA avec ces trois smartphones.

Ce qu'aurait copié Samsung, Apple l'aurait copié en premier

La stratégie de défense de Samsung s'est concrètement révélée lorsque la firme a fait témoigner Adam Bogue, un ingénieur de Mitsubishi ayant expliqué avoir, en 2003, présenté à des ingénieur d'Apple une table tactile nommée Diamond Touch, et intégrant des fonctionnalités telles que l'agrandissement d'une image en la pinçant, ou encore la possibilité de la déplacer sur l'écran en la tirant depuis un coin : or, il s'agit de fonctions que l'on retrouve dans l'un des brevets logiciels d'Apple, que l'entreprise accuse Samsung d'avoir violé dans ses terminaux. Même chose pour un autre élément d'interface, nommé « tablecloth » sur Diamond Touch : il s'agit de l'effet d'étirement qui se produit lorsque l'utilisateur arrive à la fin d'un menu.



Autre témoin de Samsung, Ben Bederson, un professeur de l'université du Maryland, est allé dans une direction similaire en présentant à la cour une application qu'il a créé en 2004 : nommée LauchTile, elle a pour but de permettre de zoomer d'une seule main sur un terminal mobile. Une technologie qui était destinée à des appareils de type Pocket PC à l'époque.

Avec ces deux témoignages, Samsung désirait mettre l'accent sur le fait qu'Apple n'a en rien inventé les technologies dont il revendique la paternité, et qu'il les a copié d'appareils ou d'applications déjà existantes. Samsung souhaite donc faire invalider les brevets liés à ces technologies déposés par son concurrent. De son côté, Apple a fait valoir, dans un contre-interrogatoire d'Adam Bogue, que le système utilisé pour la table Diamond Touch n'avait rien à voir avec celui d'un iPhone ou d'un iPad, dans la mesure où le dispositif de Mitsubishi exploite un projecteur extérieur à la table. La question de la validité des brevets est encore en suspens, alors que la table a été présentée à la cour mercredi.

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LauchTile

Mardi, la stratégie de défense de Samsung a continué en ce sens, à travers plusieurs témoignages d'experts visant à démontrer qu'Apple n'étaient pas à l'origine de technologies qu'il a breveté. Roger Fidler, le concepteur de plusieurs prototypes de tablettes datant d'avant l'iPad (dans les années 90), a ainsi présenté des terminaux disposant de similitudes avec la tablette d'Apple, notamment des coins arrondis, du contour noir ou de l'absence de boutons physiques.

Même constat pour Itay Sherman, ancien consultant chez Texas Instruments et désormais PDG de DoubleTouch, une société spécialisée dans le multitouch. En comparant le design de l'iPad avec ceux d'appareils antérieur comme le Compaq TC1000 ou la tablette de Compaq présentée en 2002, le témoin a mis en avant des éléments de design et des proportions similaires à celles de l'iPad. Quant à l'iPhone, Sherman l'a comparé au LG Prada, dont le design fut breveté avant celui du terminal d'Apple. Il a par ailleurs souligné que les brevets d'Apple incluent tous un « écran rectangulaire », ce qui est normal puisque c'est la forme la plus logique pour regarder des films et des pages Web.

Un témoignage qui a mené Apple à souligner dans son contre-interrogatoire que Itay Sherman est ingénieur en électronique et non designer. L'avocat de l'entreprise a ensuite pris le soin de relever, dans chaque terminal cité par le témoin, tous les détails les différenciant de l'iPhone et de l'iPad.

Des designers de Samsung à la barre

Puis, c'est Jeeyuen Wang, une conceptrice travaillant chez Samsung, qui a été appelée à témoigner. All Things D fait remarquer qu'il s'agit de la première employée de la firme à apporter un éclairage, les précédents témoins étant des experts indépendants.

Comme on peut l'imaginer, Jeeyuen Wang, qui a notamment travaillé sur les icônes des appareils de la gamme Galaxy, s'est défendue d'avoir voulu copier l'iPhone ou l'iPad. Selon elle, les concepteurs de Samsung auraient étudié de multiples variantes d'icônes, pour finalement s'en tenir avec des représentations traditionnelles, « avec un bon écho auprès des utilisateurs. » La jeune femme a également expliqué que les conditions de travail pour développer le Galaxy S avaient été très intenses et qu'elle ne dormait que « deux ou trois heures par nuit » à cette époque, pour maintenir une bonne cadence créative. Des paroles qu'elle a réitéré durant le contre-interrogatoire d'Apple, alors que l'avocat de la firme américaine présentait des documents internes de Samsung où les icônes de l'iPhone étaient comparées à celles du Galaxy S.

Mercredi, un autre employé de Samsung a témoigné : Jin Soo Kim, designer industriel, a expliqué que le travail sur le Galaxy Tab 10.1 avait débuté en octobre 2009, avant l'annonce de l'iPad par Apple. Un email daté du 6 janvier 2010 a également été présenté pour démontrer que les réflexions sur le design de la tablette étaient déjà en cours à cette époque. « Nous avions décidé de produire la tablette la plus légère et la plus fine du monde » a -t-il commenté.

Lors du contre-interrogatoire, l'avocat d'Apple Harold McIlhenny a dévoilé un nouveau document interne de Samsung, faisant état d'une réunion avec Google le 22 février 2010. Très difficile à lire du fait de sa traduction du coréen et des acronymes et noms de code, le fichier explique néanmoins que la firme de Mountain View était inquiète quant aux similitudes entre le Galaxy Tab et l'iPad. « Il est trop similaire au produit d'Apple, il faut le rendre sensiblement différent » explique le mail, qui propose une focalisation sur le mode paysage plutôt que sur le mode portrait du terminal. Jin Soo Kim a expliqué ne pas être au courant de cette information, qui avait néanmoins transité auprès de ses supérieurs.

Réquisitoire mardi, nouvelle rencontre privée programmée

Alors que les réquisitoires et les plaidoiries de Samsung et d'Apple sont attendus mardi 21 août - elles s'accompagneront de la lecture de pas moins de 100 pages de directives face au jury - la juge Lucy Koh a demandé mercredi à ce que les deux entreprises se rencontrent une dernière fois avant le début des délibérations. Cette dernière ne concernera cette fois-ci pas seulement les avocats des deux firmes, mais leurs PDG également. « Je ne veux pas perdre de temps » a commenté la magistrate, qui n'a pas caché son espoir quant à la possibilité pour les deux entreprises de réduire le nombre de leurs requêtes, pour faciliter un peu la décision du jury. Concrètement, la juge semble craindre que ce dernier mette énormément de temps à délibérer compte tenu de la complexité de l'affaire. Apple et Samsung ont accepté cette nouvelle rencontre, qui aura lieu en fin de semaine.
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