Sage a officialisé mercredi le rachat du Français Akao, son partenaire de longue date spécialisé dans la dématérialisation financière. Une opération importante, pour préparer les PME françaises à la facturation électronique, qui deviendra obligatoire en septembre 2026.

C'est une nouvelle étape pour Sage sur le marché français. L'éditeur de logiciels britannique a annoncé, mercredi 7 janvier, l'acquisition de l'entreprise hexagonale Akao, qui depuis vingt ans aide les entreprises à numériser leurs flux de facturation. Ce rachat tombe à point nommé, puisque la facturation électronique deviendra obligatoire en France dans quelques mois. Et trois PME sur quatre ne s'y sentent pas encore préparées.
Akao devient officiellement une brique essentielle de l'écosystème Sage
Derrière cette acquisition, on retrouve une forte collaboration entre deux acteurs qui se connaissent bien. Akao accompagne aujourd'hui plus de 2 700 PME et ETI, et traite chaque jour la bagatelle de 100 000 factures. Sa plateforme couvre l'intégralité du cycle de vie des documents financiers, de la réception des factures fournisseurs jusqu'à l'émission de celles destinées aux clients. Une expertise qui n'a pas échappé à Sage, pour qui Akao jouait déjà le rôle de partenaire ISV (fournisseur indépendant de logiciel).
Pour Arnaud Petit, directeur général de Sage France et Europe du Sud, l'arrivée d'Akao dans le giron de Sage permet d'accompagner « la transition vers la facturation électronique 2026 de manière simple, sécurisée et conforme ». Les solutions Sage Automatisation Comptable et Sage FRP 1000 Dématérialisation, développées par Akao, étaient déjà intégrées nativement aux produits Sage depuis 2020. Ce rachat, c'est un peu la transformation de ces briques technologiques en composants à part entière de Sage Network.
Abdel Halitim, le fondateur d'Akao, considère que cette acquisition représente la suite logique d'un travail de fond. « Notre solution a été conçue pour une intégration à Sage 100 et Sage FRP 1000 la plus complète du marché », explique-t-il dans le communiqué officiel, ajoutant qu'en rejoignant Sage, ses équipes pourront « accélérer l'innovation et proposer des solutions d'automatisation entièrement connectées à encore plus d'entreprises ».
Sage se positionne en leader face à l'échéance de la facturation électronique
Si Sage accélère ainsi, c'est aussi que le calendrier n'attend personne. Dans huit mois, toutes les entreprises françaises devront basculer vers la facturation électronique. Un virage technologique qui angoisse pas mal de monde, puisque selon une étude récente de Sage, à peine 25% des PME se sentent actuellement armées pour affronter cette révolution administrative. On voit que le fossé est immense entre l'obligation légale et la réalité du terrain.
C'est précisément là qu'Akao apporte sa valeur ajoutée. Sa solution SaaS, dopée à l'intelligence artificielle, ne se contente pas de numériser des factures. Elle automatise l'ensemble des processus comptables, assure la dématérialisation documentaire, gère l'archivage numérique et garantit la conformité réglementaire. Le tout orchestré par un moteur de workflow complet qui offre aux entreprises une visibilité totale sur leurs flux financiers. En somme, un écosystème numérique clé en main pour naviguer sereinement dans les eaux troubles de la réforme.
En intégrant pleinement les technologies et l'expertise d'Akao, Sage se donne les moyens de devenir le leader incontesté sur ce marché en pleine mutation. « Des millions d'entreprises en France s'adaptent pour se préparer à la réforme de la facturation électronique », rappelle Arnaud Petit, précisant que cette union permet à Sage « de se positionner de manière unique pour accompagner les entreprises dans cette transition cruciale, en les aidant à maintenir facilement leur conformité tout en atteignant de nouveaux niveaux d'efficacité, de traçabilité et de croissance ». Reste à savoir si tous les clients d'Akao accepteront le mariage avec une entité britannique, qui douche un brin l'enthousiasme des partisans de la souveraineté numérique.